Sous le couvert de la diplomatie

Des exécutions extrajudiciaires qui ont fait des milliers de morts, une police qui ressemble à un gang criminel, des populations pauvres qui sont clairement visées, des pratiques de torture à large échelle, des discours toxiques du président Rodrigo Duterte, tel est le sombre tableau auquel sont confrontés les Philippins sous le joug de Duterte.

De son côté, notre premier ministre Justin Trudeau, sous le couvert de la sacro-sainte diplomatie, se complaît à serrer la main à celui qui tient le sort des Philippins sous sa férule, sans aborder le « vrai problème », à savoir les actes démoniaques du monarque absolu de Manille. « Il y a toute une série de problèmes que je pourrais soulever avec lui si nous en avons l’occasion, a déclaré M. Trudeau. Il y a toujours des préoccupations en matière de droits de la personne à aborder avec un large éventail de dirigeants. »

Un argumentaire pour le moins évasif qui dénote un manque de leadership patent de la part du premier ministre d’un pays qui se targue d’être un défenseur inconditionnel des droits et libertés de la personne. Un laxisme éhonté à la face même du monde.

M. Trudeau, quand l’« occasion » ne se présente pas, sachez que vous avez le devoir de la susciter, à défaut de quoi, vous vous exposez à de vives contestations non seulement de la part de la presse internationale, mais aussi de ceux qui vous ont porté au pouvoir.

2 commentaires
  • Pierre Deschênes - Abonné 17 novembre 2017 07 h 19

    L'occasion fait le moine

    Lorsqu'il y va de son intérêt, le premier ministre crée l'occasion, point; par contre, déclarer qu'il agirait "s'il en avait l'occasion" révèle soit une démission ou un manque de courage politique, soit le désir de ne surtout pas nuire aux ententes marchandes prioritaites que l'on veut établir avec un autre pays.

  • Michel Lebel - Abonné 17 novembre 2017 17 h 06

    Une petite correction!


    Il me semble que Justin Trudeau a affronté le président Duterte sur la question des droits de personne. Ce dernier n'aurait pas apprécié, prenant le tout comme une ''insulte personnelle''. Il faut rendre à César ce qui est à César... même si je ne mets pas sur le même pied Justin et Jules!

    M.L.