Mairesse? Plutôt maire!

Quelle joie de voir plusieurs femmes accéder à la plus haute fonction élective dans leur ville ! De Montréal à Saguenay, de Longueuil à Lac-Mégantic, elles sont nombreuses à avoir remporté l’élection municipale. Mais comme il est affligeant d’entendre encore la désignation « mairesse », qui rappelle ce temps jadis où l’on avait des « doctoresses » en médecine, lesquelles sont heureusement devenues des « docteures », tout comme les auteures et les professeures.

Pourquoi ne pas moderniser l’usage en employant un terme épicène, maire ? On éviterait ainsi le désagréable suffixe qui évoque l’usurpation d’une fonction réservée aux hommes et on s’adresserait simplement à « Madame la Maire ». Cela nous éloignerait des relents de dentelle et de petit point, hérités d’une époque révolue.

5 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 9 novembre 2017 08 h 39

    En total désaccord avec Mme Saint-Jean et en accord avec l'OQLF

    Le grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française privilégie en effet «mairesse»: «L'emploi de la forme régulière mairesse est préférable à celui de maire, au féminin, même si les deux formes sont disponibles.»

    C'est une maladie au Québec. On remplace de très vieux mots comme «poétesse», «doctoresse», «chasseresse», «Suissesse» ou encore «maîtresse» (enseignante à l'école primaire) par «poète», «docteure», «chasseuse» et «institutrice». Dans le «Multidictionnaire de la langue française», on peut lire la note sémantique suivante sous «poétesse» (un mot créé au XVIe siècle): «Ce nom peut avoir une connotation péjorative, un sens restrictif. On emploie plutôt le nom poète». Mais dans «Le Petit Larousse illustré 2018», rien de tel, sinon la définition attendue: «Écrivaine qui pratique la poésie.» Si un mot féminin renferme une connotation péjorative, c'est contre la connotation qu'il faut lutter, pas contre le mot, pardi!

    Pendant que des mots féminins existant depuis longtemps disparaissent du vocabulaire courant, d'autres mots sont féminisés, de manière parfois très contestable. C'est à y perdre son latin.

    Mme Valérie Plante, de grâce, continuez à vous faire appeler «mairesse». Ne faites pas comme Anne Hidalgo, qui tient au titre de «maire de Paris» (venant d'une femme, chargée un temps de l'égalité hommes-femmes sous Delanoë, c'est on ne peut plus surprenant).

  • Jacques Tremblay - Inscrit 9 novembre 2017 13 h 31

    L’usage au Québec fera loi.... chez nous!

    C’est très bien Mme la mairesse.

    L’ OQLF laisse la porte ouverte et l’usage fera loi.

    Et son conjoint ne deva pas s’appeler M. le maire comme il était d’usage de nommer à l’inverse la conjointe d’un maire élu une mairesse ce qui était d’une très grande condescendance sinon quelque peu péjoratif.

    Aujourd’hui la façon moderne et plus respectueuse de dire les choses ne doit plus définir la conjointe d’un élu comme la femme de l’autre.

    Et l’inverse est aussi vrai.

    Ainsi sur une même tribune on présentera Mme la mairesse et son conjoint (ou sa conjointe advenant le cas!) sans aucun autre titre non acquis électoralement. (Son conjoint pourrait être hypothétiquement élu comme conseiller municipal durant ou avant la même élection).

    Ainsi on présentera la nouvelle mairesse, Mme la mairesse et son conjoint M. (ou Mme!) le conseiller (ou la conseillère) (par exemple) #4.

    Salutations à toutes les mairesses et conseillères élues du Québec

    Nous sommes bien fières de vous.

    Jacques Tremblay
    Père de 2 filles et d’un garçon.
    Sainte-Luce, Qc

  • Maryse Pellerin - Abonnée 9 novembre 2017 16 h 28

    Gênant!

    Madame Saint-Jean,

    Il est étonnant, pour ne pas dire gênant, de lire sous la plume d'une femme qui s'est toujours proclamée féministe et portée à la défense des femmes un propos aussi aberrant. Vous errez, madame. On croirait entendre un avis de l'Académie française, dont la réputation n'est certes pas d'aller dans le sens d'une féminisation des règles du Grevisse.

    Le Québec est à l'avant-garde dans ce domaoine et vous, vous choisissez l'arrière-garde? Est-ce parce que le féminin est dévalorisé et que le masculin "maire" confère plus de prestiqe que vous tombez dans ce piège indigne de votre parcours passé?

    Gênant, vraiment.

    Maryse Pellerin,
    Montréal

    • Marc Therrien - Abonné 9 novembre 2017 19 h 38

      Et en plus, il y a le risque de la faute d'orthographe pour ceux qui, écrivant "au son", pourraient parler de la mère de Montréal.

      Marc Therrien