La fameuse participation citoyenne

C’est connu et ça ne devrait plus surprendre : un dimanche gris, pluvieux, du crachin aux cordes, froid et venteux décourage les citoyens d’exercer leur droit de vote. Pourtant, le Directeur général des élections (DGEQ) a choisi une stratégie marketing et des slogans comme si inciter à l’exercice d’un droit relevait d’un changement de comportement de consommateurs !

« Pourquoi braver les intempéries ? Pour faire remonter les pourcentages de participation ? », répondent ces citoyens que l’on continue à blâmer tous les lendemains d’élection.

Leur résistance accuse le système lui-même, un système de délégation de pouvoirs à des représentants qui ne sont pas contraints de remplir leurs promesses (coucou à « Pour que chaque vote compte » et à Justin Trudeau).

Leur silence illumine le voeu d’une transition vers un véritable pouvoir citoyen, plus direct, avant qu’il ne soit trop tard. Ces non-votants ne sont pas aveugles. Ils prennent acte depuis longtemps des trajectoires sur lesquelles leurs communautés sont entraînées malgré elles et en dépit de la réalité environnementale, sociale et économique.

Ils se sentent non interpellés comme citoyens, pas comme consommateurs d’affaires politiques ni comme résidants avec goûts et préférences, mais comme êtres politiques ayant prise sur le réel.

Quand le système sera fait pour que l’ensemble des citoyens exercent réellement leur pouvoir, on ne parlera plus de participation citoyenne, mais de pouvoir citoyen.

4 commentaires
  • Claude Bernard - Abonné 7 novembre 2017 08 h 55

    Ceux qui ne votent pas ne comptent pas

    Seuls ceux qui votent sont des électeurs; en ce sens tautologique, à chaque élection 100% des électeurs votent.
    Même s'ils ne représentent que 45% de ceux qui ont droit de voter.
    On sait à quelles abérations la démocratie directe donne lieu.
    On n'a qu'à voir ce qui est arrivé des communes et autres tentative de se gouverner dans l'égalité de tous sans représentants: paralysie et foire d'empoigne, le pouvoir au plus fort.

  • Nadia Alexan - Abonnée 7 novembre 2017 09 h 18

    Le budget participatif s'impose!

    Bravo, madame Bonneau. Je suis tout à fait d'accord avec vous. La participation citoyenne, surtout dans le budget a fait ses preuves avec succès partout dans le monde, notamment à Porto Alegre et à l'état du Vermont. Il faut que les citoyens/citoyennes se sentent impliqués dans les décisions de la cité pour qu'ils puissent voter avec enthousiasme.

  • Linda Dauphinais - Inscrit 7 novembre 2017 11 h 27

    Mais au lieu de ne rien faire

    et se complaire dans le fait que ces élus ne nous représentent aucunement une fois l'élection terminée, pourquoi ne pas assister aux conseils municipaux et dire ce qu'on pense haut et fort, pourquoi ne pas changer les choses en rentrant dans le système, devenant conseiller municipal... Nous pouvons changer les manières d'agir cavalières de bien des élus en étant présents et en dénoncant ... nous pouvons exiger qu'un maire n'ait pas la possibilité de faire plus de 2 mandats de suite.. pareille pour nos gouvernements Qc et Can.... etc... etc.. Pourquoi pas...

  • Jacques de Guise - Abonné 7 novembre 2017 12 h 55

    À bas la figuration citoyenne!!

    Vous avez tout à fait raison Mme Line Bonneau, le non exercice du droit de vote est carrément, pour plusieurs, un acte de résistance citoyenne contre la fumisterie de la figuration citoyenne.

    Au lieu de blâmer ad nauseam et à répétition, à chaque lendemain d'élection, ces citoyens, il y aurait lieu, de façon urgente, pour ces tenants de la sorte de démocratie participative engluée existante, d'examiner leurs bonnes pratiques démocratiques et de cerner ce qui pourrait répondre aux besoins des citoyens qui veulent avoir une prise réelle sur leur avenir social.