La triste transformation du parc Jean-Drapeau

Il est maintenant clair que Denis Coderre était personnellement responsable de la décision de bétonner un vaste espace vert public sur l’île Sainte-Hélène afin d’agrandir l’amphithéâtre, privatisant effectivement cet espace de parc presque entièrement au profit d’une seule compagnie, Evenko. Plus tôt cette année, le public s’est finalement rendu compte de ce qui se passait au parc Jean-Drapeau après le « massacre à la tronçonneuse » de mille arbres matures.

En plus de céder cet important espace public ouvert, il s’agit de plus de 60 millions de l’argent des contribuables, 28 millions pour l’amphithéâtre lui-même et 32,5 millions de dollars pour déplacer l’allée du Calder pour agrandir l’amphithéâtre.

Pour ce faire, ils ont pris des fonds destinés à l’origine à améliorer et à étendre la promenade riveraine le long du côté nord de l’île, et à restaurer la place des Nations historique qui continue de languir dans un triste état de délabrement. Un vaste espace public significatif est sacrifié pour un projet « flashy » à court terme avec peu de bénéfices communautaires.

7 commentaires
  • Jean-Luc Malo - Abonné 1 novembre 2017 06 h 56

    etc...et de la fausse démocratie

    Au printemps dernier, je suis intervenu pour protester contre la fermeture des piscines extérieures au Parc Jean-Drapeau. Dans ce dossier, je n'ai reçu aucun appui de la Fédération de natation du Québec, un organisme qui a pour mandat de défendre les intérêts les clubs de natation mais pas la natation et les nageurs...
    Certains ont alors aussi exprimé des velléités de créer un groupe des amis du Parc Jean-Drapeau,un peu comme pour le parc du Mont-Royal. Qu'en est-il?
    Il y a aussi le fait que récemment la Société du Parc Jean Drapeau dont les membres du Conseil d'administration sont issus du milieu des affaires a invité les citoyens et organsismes de présenter leurs demandes dans le cadre de ce que j'appellerais la finalisation du massacre à la tronçonneuse. Une fois que les grandes orientations de lieu de spectacle sont finalisées et que l'on a décidé de créer une grande avenue de type Champs Élysées en béton, il n'y a que des détails sans importance à régler. Démocratie de façade.
    L'administration municipale et la Société du Parc prétendront bien sûr que, à l'origine, le Parc Jean-Drapeau était le lieu d'Expo 67, grand spectacle planétaire. Et notre Casino y est situé. Avec les Floralies de 1980, on a tenté de le verdir mais cela n'a pas duré.
    Cependant, ne porte-t-il pas le nom de Parc, ce lieu? Alors, il faudrait peut-être revenir à cette orientation.
    Jean-Luc Malo
    abonné

  • Gilles Delisle - Abonné 1 novembre 2017 08 h 07

    Un massacre qu'il faudra réparer , un jour!

    Le mégalo-maire Coderre a fait ce qu'il voulait depuis 4 ans, et le massacre de l'Ile Ste-Hélène en est un bel exemple. Cette île, à vocation champêtre depuis toujours, deviendra une plate-forme bétonnée pour méga-spectacle, pour quelques semaines par année. C'est inacceptable! Et pour les besoins de qui, exactement? Un promoteur de spectacle, bien sûr! Le prochain maire ou maîresse devra corriger cette erreur monumentale et redonner une île verte aux citoyens, comme l'Ile Ste-Hélène l'a toujours été.

  • Jean-Charles Morin - Abonné 1 novembre 2017 08 h 43

    Une vieille tradition se poursuit...

    Quand l'administration municipale a donné le nom de "Jean-Drapeau" au Parc des Îles, peu de voix se sont élevées pour demander pourquoi on donnait à cet espace le nom d'un personnage qui a laissé le souvenir d'un petit roitelet autoritaire et qui a laissé sous son règne des édifices historiques se faire démolir à qui mieux mieux. Au diable la mémoire, on veut du moderne! Et la liste est longue, très longue...

    Il n'est que logique que, dans le parc qui porte maintenant son nom, le saccage continue sous le règne suffisant et vociférateur du dernier de ses successeurs en date.

  • Bernard Terreault - Abonné 1 novembre 2017 08 h 56

    Vrai

    que c'est une honte d'avoir livré ce qui était un parc à des entrepreneurs en tapage nocturne.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 1 novembre 2017 13 h 18

    Pourquoi pas ?

    Les festivals d’Evenko font entrer de l’argent dans l’economie québécoise. Lorsqu’ils cesseront d’être populaires, on enlèvera le béton, plantera des arbres et vingt ans plus tard, plus rien ne paraîtra.

    Des arbres, ça pousse tout seul. Pas l’argent.

    • Jean Gadbois - Inscrit 1 novembre 2017 23 h 53

      Pensée manichéenne que la vôtre, monsieur.
      Il est très possible de faire les deux: les festivals ET garder les arbres.
      S'agit d'un peu de travail de réflexion; nos urbanistes et nos ingénieurs reçoivent des formations pour justement faire ce genre de boulot.
      Une vision nuancée des décideurs publics manque cruellement dans notre belle métropole: tout simplement trop simpliste comme gouvernance.