La mauvaise conseillère

À la lumière des déclarations de l’écrivaine Léa Clermont-Dion relativement à sa rencontre avec Lise Payette dans le cadre de l’agression sexuelle impliquant Michel Venne, force est de constater que l’ex-ministre de la Condition féminine et fervente féministe depuis des décennies s’est avérée une fort mauvaise conseillère.

En conseillant à Léa Clermont-Dion de ne pas porter plainte contre le fondateur de l’Institut du Nouveau Monde, Mme Payette, envers qui la victime avait une pleine confiance, l’a ni plus ni moins manipulée en invoquant que Mme Clermont-Dion allait briser la carrière de l’agresseur et qu’« après tout, elle n’avait pas été violée ».

Aujourd’hui, soit trois ans après sa rencontre avec Lise Payette, cette dernière invoque le fait qu’« on n’était pas du tout dans le monde qu’on est présentement », alors que, dans les faits, l’écrivaine affirme que c’est le mouvement « Agressions non dénoncées » qui l’a incitée à parler pour une première fois de son agression en 2014.

En bref, conclut Léa Clermont-Dion, « la triste vérité, c’est qu’elle [Lise Payette] a fait taire une victime en usant de menaces à peine voilées », une démarche inappropriée, voire condamnable.

6 commentaires
    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 30 octobre 2017 12 h 45

      Désolante... dans votre flou optique ...M.Leblanc. (votre http:// etc.)

      Mme Payette ne faisait que rappeler la belle amitié qu'elle avait
      avec Claude Jutra depuis l'adolescence...on appelle ça l'empathie de connivence.

      Alors quand on n'est pas capable de comprendre... que parfois les émotions sont tellement fortes lors du décès d'un ami, qu'on fait abstraction, sans y penser, de tout ce qui peut cogiter autour.

      C'est peut-être ça... l'empathie sincère pour un vrai ami...mais vous, ça ne vous touche pas. Vous n'êtes pas capable, comme bien d'autres, de séparer les émotion.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 30 octobre 2017 21 h 37

      Mme Sévigny,

      Si elle avait eu un garçon abusé par Jutra, elle n'aurait pas écrit ce témoignage, croyez-moi.

      Elle n'aurait pas écrit, notamment: «Pas question pour moi d’une exécution sommaire à l’aube pour quelqu’un d’aussi intelligent que Claude Jutra...»

  • Pierre Fortin - Abonné 28 octobre 2017 12 h 57

    La responsabilité de nos choix nous appartient


    Quoi qu'ait pu dire Mme Payette dans ses conseils à Mme Clermont-Dion (ce que nous ne connaissons pas avec exactitude), celle-ci avait 23 ans au moment de leur entretien et il lui appartenait de prendre la décision d'accuser ou non M. Venne.

    Il est plutôt incongru d'imputer à Mme Payette une quelconque responsabilité dans la décision qui relevait de Mme Clermont-Dion. Tout au plus peut-elle prétendre avoir été mal conseillée, il y a trois ans, alors que sa réflexion sur la question a visiblement mûri pour l'amener à poser le geste qu'elle pose aujourd'hui.

    Il est par ailleurs impossible de savoir ce qu'aurait donné une accusation publique dans le contexte de l'époque sans le soutien populaire actuel envers le mouvement de dénonciation. Mais dans tous les cas, il faut savoir assumer ses propres choix.

    Mme Clermont-Dion a toujours l'opportunité de faire valoir pleinement ses droits. Souhaitons-lui plutôt d'être bien secondée dans la démarche qu'elle a entreprise et qui la libérera — espérons-le — de son lourd fardeau.

  • Marc Therrien - Abonné 28 octobre 2017 14 h 28

    Accepter de décevoir sa mère pour devenir autonome


    L’analyse de cet évènement par divers chroniqueurs pourrait bien parfois remettre en question le mythe de la solidarité féminine, comme l’a fait Denise Bombardier aujourd’hui. Il faut un peu de courage aujourd’hui pour continuer d’explorer la part d’ombre ou le côté sombre de la femme qui demeurait « un continent noir » pour Freud.

    Le lecteur intéressé par les nuances qui se retrouvent souvent dans l’envers du décor des apparences pourra consulter l’œuvre d’Annik Houel, professeure de psychologie sociale à l’Univerté Lyon auteure, entre autres, du livre « Rivalités féminines au travail: L’influence de la relation mère-fille ». Dans une entrevue à la revue « Psychologies » elle parle de misogynie féminine qu’elle présente comme un syndrome de Stockholm, une soumission aux hommes, mais aussi une attaque des femmes contre elles-mêmes. Elle prend différentes formes: les vacheries, le dénigrement, la jalousie, le mépris, l'absence de solidarité avec les congénères, la recherche de camarades masculins plutôt que féminins.

    On sait depuis un bout de temps que la (sur) protection maternelle ne favorise pas toujours le développement de l'autonomie personnelle et qu'il faut être capable de la surpasser un jour quitte à voir sa mère en souffrir.

    Marc Therrien

  • Clermont Domingue - Abonné 29 octobre 2017 13 h 19

    Et sa mère?

    Pourquoi madame Léa Clermont-Dion n'a-t-elle pas demandé conseil à sa mère plus tôt et plutôt qu'à mme Payette?