Bon pétrole, «bad oil»

L’abandon du pipeline Énergie Est servirait-il l’hypocrisie, l’opportunisme politique et le déficit stratégique du secteur ? Alors que notre consommation d’hydrocarbures croît, nous importons à raison de 9 milliards par année, un montant équivalant à la péréquation fédérale générée en partie par le pétrole et le gaz de l’Ouest canadien. Et pour comble d’insulte, nous préférons bannir le brut albertain, bien que le pétrole de schiste américain, encore plus sale et volatil, franchisse toujours par rails le Québec et les zones populeuses de Montréal, sans compter les pétroliers étrangers qui remontent le Saint-Laurent, un écosystème fragile. De même, nous fermons les yeux sur l’inversion du pipeline de Portland dans le Maine, qui achemine le pétrole albertain via Montréal et les Cantons-de-l’Est, et qui est moins coûteux que celui importé. Et ce n’est pas la seule aberration énergétique, nous exportons au rabais notre électricité vers la Nouvelle-Angleterre alors que nous pourrions la vendre à l’Ontario, qui lui coûte de deux à trois fois plus cher. Ce qui réduirait sa dépendance au nucléaire et assurerait une plus grande compétitivité de nos industries intégrées de l’aéronautique et de l’automobile. Y aurait-il une duplicité chez ces élus qui insistent pour bloquer le passage du brut albertain vers l’est et l’électricité du Labrador vers l’ouest ? Sans compter le potentiel de l’ALENA qui serait désormais compromis et notre avenir commercial et économique devenant tributaire d’un renforcement des marchés communs étrangers et pancanadiens.

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6 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 12 octobre 2017 04 h 45

    Deux, c'est trop!

    Deux textes d'opinion en deux jours associant la péréquation au pétrole albertain, alors que ce lien est simplement faux. Je m'inquiète...

    • Bernard Terreault - Abonné 12 octobre 2017 08 h 19

      M. Jodoin, j'ai beau ne pas partager l'opinion de M. Blanchard, ce n'est pas une raison pour l'empêcher de s'exprimer. Il ne faudrait pas que Le Devoir devienne un petit cercle fermé de pure-laines indépendantistes sociodémocrates et vaguement catholiques -- ou des intellos tiers-mondistes gauchistes -- ou de la classe moyenne satisfaite d'elle-même, ou de tout autre clique.

    • Mario Jodoin - Abonné 12 octobre 2017 17 h 58

      Il ne s'agit pas d'opinion, mais de faits. Il est faux de dire que «nous importons à raison de 9 milliards par année, un montant équivalant à la péréquation fédérale générée en partie par le pétrole et le gaz de l’Ouest canadien.»

      Quand le prix est bas, le pétrole contribue peu au PIB (qui est à la base de l'évolution des sommes que le fédéral consacre à la péréquation) et quand il est élevé, il fait diminuer le PIB et la péréquation car il nuit aux industries exportatrices des autres provinces et même de l'Alberta.

  • Charles-Étienne Gill - Abonné 12 octobre 2017 10 h 43

    C'est pire...

    N'oublions pas le texte du Sénateur Pratte, désormais publié au Devoir et celui du chroniqueur d'hier. Le problème n'est PAS la diversité de point de vue, mais que la «réalité» décrite par ce point de vue ne soit vraie que lorsque l'on est tellement idéologiquement cantoné qu'on ne prend pas la peine de questionner les slogans que l'on rabâche en croyant émettre une pensée originale. Il faut vraiment être suffisant pour proférer des bêtises sur les sables bitumineux sans faire ses devoirs. Je ne m'insurge donc pas à propos de la défense des sables bitumineux, mais contre le fait que soient publiés des textes qui montrent indubitablement l'existence d'un double-standard : on peut dire des énormités sur la question sans avoir lu l'ouvrage cardianl Tar Sand, de Andrew Nikiforuk.

    Enfin, même si certains gouvernements prétendent que le pays est une vaste union, c'est une confédération et les relations entre états supposent des désaccords. Bien que l'on soit embrigadé au Canada rien n'empêche que l'on observe d'abbord nos intérêts régionaux, ce qui suppose par exemple de garder un dollar faible pour nos exportations et donc désirer restreindre la vente de pétrole bitumineux à l'étranger.

    Dans cette perspective nationale liée à un en semble régional (Maine, Vermont, et Ontarion, pour ne nommer que ceux-là), l'intérêt du Québec est de ne PAS faire Énergie Est...

  • J-Paul Thivierge - Abonné 12 octobre 2017 12 h 49

    Ce texte démontre ignorance de la réalité des faits !

    Est-ce désinformation intentionnelle ou aveuglement volontaire ?
    80 % du pétrole consommé au Ωuébec, est du pétrole conventionnel ou de schiste parvenant de l'ouest circulant dans le Enbridge 9 B inversé se terminant à Montréal. la partie Portland est abandonnée ,
    le reste arrive par pétroliers à la Irving de St John NB et aussi parfois occasionnellement à Ultramar Valero à Québec. Il n'y a pas de transport de bitumineux dillbit pour alimenter les besoins québécois.
    Hydro Québec exporte déjà 1200 MW via l'Outaouais pour alimenter Ottawa et un autre kien akimente Corwall et un nouveau cobtrat va fournir 8 TWh à l'Ontario , possiblement la région métrolpolitaine de Toronto,
    La consommation pétrolière est en diminution constante. l'oléoduc Energie est comme les pétroliers de Kildair étaient uniquement pour exportation vers l'Asie.
    Enfin , les risques liés aux transports de produits dangereux comme le pétrole de schistes ou le dillbit ( diluted bitumen ) contenant des fractions pétrolières volatiles et explosives comme le naphta ou du butane et autres alors que l'esu potable est essentielle à la vie , le pétrole est utile et l'exportation pétrolière est nuisible en causant lahausse des émissions de GES causes d'estrêmes climatiquea meurtriers .
    Tolérer cette mondialisation de la pollution bitumineuse, c'est se faire complice de crime contre la vie sur Terre !

  • J-Paul Thivierge - Abonné 12 octobre 2017 13 h 11

    Subventions à l'exploitation du sale bitumeux.

    On doit savoir que depuis que le bitumineux Albertain se vend moins de 50 $ le baril le Canada subventionne 1 G$ par mois pour la création artificielle des emplois de ce secteur au nord dans le bassin bitumineux de l'Athbaska ... 1/4 de ces 1000 M$ provient des impôts québécois en plus de presque 1 G$ par mois d'achet pour nos véhicules de pétrole conventionnel de l'ouest. Et historiquement depuis plus de 50 ans d'exploitation des sables bitumineux, le Canada a injecté plus de 100 G$ dans cette industrie des pauvres pétrolières multinationales. Hydro n'a jamais voulu rien demandé au fédéral pour développer son énergie propre et renouvelable pour en garder l’autonomie décisionnelle .
    Alors, les considérations sur la péréquation et la vie en Alberta sont inutile, de plus Québec verse plus de 50 G$ par an à Ottawa qui distribue une partie de ces G$ dans des investissements qui ne sont pas toujours pertinentes pour le Québec.
    De plus, le Québec "bashing" ne doit pas être plus blâmé que plusieurs autres provinces qui ont aussi jugé inutile d'autoriser le passage d’oléoducs pour exportation ...