Taxer les propriétaires de piscine

J’ai lu l’article de Jeanne Corriveau intitulé « Montréal n’est pas prête à installer des compteurs d’eau pour les résidences ». En attendant qu’elle soit prête, peut-elle taxer les Montréalais qui font une consommation excessive d’eau ?

Le 15 septembre dernier, j’ai arpenté les rues de Montréal pendant quelque deux heures et j’ai été témoin de trois vidages de piscine. Des centaines de litres d’eau filtrée à grands frais par la Ville qui s’écoulent tout bonnement dans les égouts. Quel coûteux et éhonté gaspillage !

Je fais la proposition suivante : que chaque propriétaire de piscine paie une taxe spéciale. Plus la piscine en impose, plus la taxe serait élevée. Croyez-moi, plusieurs propriétaires y penseraient à deux fois avant de se faire creuser une piscine olympique et encourageraient plutôt leurs enfants à aller nager à la piscine municipale du coin.

Le réflexe de trop de Québécois est de considérer cette ressource primordiale qu’est l’eau comme inépuisable. Or, elle pourrait un jour manquer. J’ai reçu des amis luxembourgeois qui trouvent déplorable que nous ne la taxions pas (en Europe, cela va de soi). Au moins, taxons ceux qui en font une consommation excessive, pardi !

J’irais plus loin : la Ville devrait remettre une contravention aux dinosaures qui nettoient leur « char » et leur entrée de « char » avec un tuyau d’arrosage.

7 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 29 septembre 2017 09 h 27

    Vrai

    Piscines et arrosage obsessif des pelouses sont les grands gaspilleurs d'eau, mais ces propriétaires ne payent pas plus pour ces 15 000 litres d'eau que le citoyen qui se contente de moins de 100 litres pour sa douche et sa lessive.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 29 septembre 2017 11 h 29

      Le traitement de l'eau coûte quelques chose comme 0.25$ le 1,000 litres.

      L'utilisation annuelle de quelques 15 mètres cubes pour une piscine entraine donc un coût de 3.75$.
      Là il faudrait dépenser une véritable fortune en installation de compteurs, et des coûts en gestion de compte et de facturation a perpétuité (!) ???

      Il y a sûrement un autre moyen d'apaiser la frustration que peut ressentir certain a l'idée qu'un voisin peut profiter un peu plus d'un service public qui est à tarification unique.

      D'autant que l'article du Devoir qui a motivé la lettre ici est d'une remarquable imprécision. Il est notoire qu'il se perd beaucoup beaucoup d'eau dans le réseaux de la ville (certains évaluent la perte a 40% ! ), mais on n'en dits mots. Tout comme il n'y a aucune indication sur la part consommée par l'industrie, ni sur celle du commerciale, deux secteurs on l'on compte pourtant le volume d'eau livré.

      Une démarche informative normale face une info qui donne une consommation d'eau complètement hors normes devrait débutée par s'assurer que les données publiées ne contiennent pas d'erreurs, qu'elles soient vraiment probantes. Et s'il ne semble pas avoir d'erreurs, chercher les différents scénarios qui peuvent expliqué la chose.

      Mais on a droit a rien de cela. Sitôt l'apparence d'un problème tombe un verdict de culpabilité sur le citoyen.

    • Sylvain Auclair - Abonné 29 septembre 2017 11 h 40

      Au contraire, monsieur Arès, on parle TOUT LE TEMPS des fameuses fuites. Perso, il me semble que si la moitié de l'eau fuyait, tous les sous-sols de Montréal seraient inondés...

      En fait, il semblerait que la principale perte proviendrait de ceux qui utilisent illégalement l'eau de la ville pour refroidir les climatiseurs des édifices. On parle facilament de milliers de litres d'eau par jour.

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 29 septembre 2017 15 h 24

    Tous ces "qu'en-dira-t-on..."

    ne font pas avancer la recherche de solutions. Par contre, j'abonde dans le sens de m. Arès. Je remets en question l'information « journalistique ou venant d'un quidam» , information qui est, en bien des cas, déficiente, insuffisante quand vient le temps d'informer le public sur ce "sujet" d'intérêt général .

    En effet, il serait même recommandable de demande le concours d'un expert ...afin de remettre les pendules à l'heure. Un peu plus de travail de la part de tous mais...au final, moins de critiques à leur égard...plus de considération pour le bien public.

  • Julien Thériault - Abonné 29 septembre 2017 20 h 41

    Est-ce que taxer l'eau en réduirait la consommation ?

    On peut penser que non.

    D'une part, les gens qui en consomment peu pourraient difficilement diminuer leur consommation. Quand on ne fait que cuisiner, laver la vaisselle et les vêtements, se laver et actionner la chasse d'eau, il est difficile de réduire vraiment sa consommation d'eau. Une taxe qui serait élevée au point de rationner ces besoins de base serait sûrement abusive. Quand on vit dans un appartement normal, il faut avoir de l'imagination pour gaspiller de grandes quantités d'eau.

    Par ailleurs, les gens qui ont des piscines ou qui lavent leur voiture à grande eau continueraient probablement à le faire car la taxe ne pourrait pas être élevée au point de les en dissuader. Ils la paieraient et voilà tout.

    Savez-vous qu'il existe actuellement ne taxe sur les climatiseurs de voitures ? Croyez-vous que ça dissuade les gens d'acheter des voitures climatisées ? Le vendeur vous dit que ça va vous coûter 50 $ de plus par année, 1 $ par semaine ou quelque chose du genre. Le gouvernement empoche la taxe est en est bien heureux, même si ça compromet l'atteinte de l'objectif invoqué, soit de diminuer la consommation d'essence. (Le véritable objectif est se renflouer ses coffres, bien entendu...)

    Vous avez tout à fait raison de vouloir qu'on diminue le gaspillage de l'eau. Mais je ne suis pas convaincu qu'une taxe suffirait. En même temps, j'avoie que je n'ai pas de solution de rechange à proposer.

  • Yvon Bureau - Abonné 29 septembre 2017 21 h 35

    Quel plaisir de posséder

    une piscine !

    Et quelle immense plaisir de ne pas en avoir une !!!

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 30 septembre 2017 13 h 42

    Pour certains commentateurs, prière de relire la 2e phrase de mon 1er paragraphe:

    « En attendant qu’elle soit prête, peut-elle taxer les Montréalais qui font une consommation excessive d’eau ? » La piscine, c'est l'exemple qui saute aux yeux, mais il n'y a pas que cela.

    M. Auclair écrit quant à lui «que la principale perte proviendrait de ceux qui utilisent illégalement l'eau de la Ville pour refroidir les climatiseurs des édifices. On parle facilement de milliers de litres d'eau par jour.» Si c'est vrai, serait-ce si compliqué de taxer les propriétaires desdits climatiseurs en fonction de leur puissance?