Changement de cap à l’OQLF

Les réactions qu’a suscitées la nouvelle politique de l’Office québécois de la langue française semblent confirmer que nous ne voyons pas l’autre danger qui menace la langue française au Québec. Obsédés par les anglicismes que nous insérons dans nos phrases, nous oublions en effet que la structure anglaise que nous empruntons pour les construire altère autant, sinon plus, le génie de notre langue. Ainsi, nous reprocherons à un Français de dire « On lui a demandé d’agir comme chairman », mais nous ne nous formaliserons pas d’entendre un Québécois dire : « Il a été demandé pour présider l’assemblée. » Si l’emploi d’anglicismes révèle un problème épidermique, l’emploi de structures grammaticales anglaises révèle un problème organique sans doute plus profond. Il est étonnant qu’on n’en reconnaisse pas l’existence et qu’on ne s’y attaque pas comme on le fait pour les anglicismes.

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3 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 28 septembre 2017 07 h 02

    Le ver dans la pomme

    Vous avez totalement raison. L'effet pervers de l'anglicisation est de moins en moins visible accrochés que nous sommes au dépistage des anglicismes qui meublent nos phrases. Mais le pire est dans la construction même de cette phrase. Il y a un phénomène d'anglicisation pervers difficilement délogeable. Je suis d'avis voire même convaincu que le français devrait être l'unique langue apprise au niveau primaire, et ce façon davantage concentrée.

  • Armand Morissette - Inscrit 28 septembre 2017 12 h 37

    ...In a more concentrated way

    Pas facile en effet...

  • Pierre Deschênes - Abonné 28 septembre 2017 17 h 18

    Partageons

    Parenthèses: comme l'usage alambiqué du verbe "partager" qui prend des formes étranges que plusieurs adoptent, comme par exemple à la radio, "merci de m'avoir invité, je voudrais vous partager...", plutôt que "je voudrais partager avec vous", etc.