Ensemble, donnons le Québec aux minières, gazières et pétrolières…

C’est avec une colère pleine d’énergie renouvelable que j’ai pris connaissance dans un article du Devoir du fait que le gouvernement Couillard a publié quatre règlements qui ouvrent toutes grandes les portes à l’exploitation du pétrole et du gaz partout au Québec. Le bar ainsi ouvert inclut les plans d’eau, les parcs et territoires protégés, les villes, les municipalités, les terres agricoles et les maisons isolées.

Soyons clairs. Un puits de pétrole ou de gaz ou une mine, situé à 60 mètres, 100 mètres, 175 mètres aura des impacts chez vous à toutes les étapes de l’exploration et de l’exploitation : bruit intense, poussière, vapeurs de diesel, huiles industrielles et produits chimiques répandus sur et dans le sol, émanations de gaz divers, scories, etc. Les risques de déversements d’hydrocarbures dans et sur le sol, la nappe phréatique, les eaux sources d’eau potable font partie de ce genre d’exploitation. Deux aspects des règlements montrent à quel point ce gouvernement méprise profondément la population du Québec. Refusant de nommer les villes et villages, le règlement parle « des concentrations d’activités résidentielles, commerciales… ou de services ». Le texte de ces règlements évacue complètement l’occupation humaine du territoire. Nous n’y existons pas, nous n’y existons plus.

De plus, le règlement limite à des montants de 10 et 25 millions de dollars la responsabilité des entreprises d’énergies fossiles au lieu d’imposer la responsabilité illimitée. La portée des règlements est limpide. Nous qui vivons ici, prenons soin de nos maisons, de nos villes et villages, qui avons un besoin vital de nos lacs et nos rivières pour l’eau potable, les poissons, la beauté des paysages et le contact le plus fréquent possible avec une nature en santé, supporterons les inconvénients de cette production industrielle et les coûts financiers en cas de désastre environnemental.

M. Couillard, je réclame pour nos eaux et pour nos terres, pour nous, citoyens du Québec, le même soin que vous accordez à l’île d’Anticosti, soin dont je me suis réjoui. Vous qui êtes féru d’histoire universelle, rappelez-vous que du droit à l’irresponsabilité illimitée résultent des dommages illimités.

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16 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 26 septembre 2017 03 h 36

    le monde n'a-t-il pas toujours appartenu a celui qui le possède

    Pouvons-nous éviter cette catastrophe, nous étions asservis mais il semble que ce n'était pas suffisant, se pourrait-il que dans quelques temps nous serons a peine un territoire, que nous aurons a nouveau que l'Angleterre pour nous défendre, dans salutte pour l'Aléna, Justin vient de comprendre cela, mais n'y a-t-il pas comme toujours un prix, celui des redevances, le monde n'appartient-il pas a celui qui le possède

  • Anne-Marie Cornellier - Abonnée 26 septembre 2017 07 h 04

    Non

    Je ne comprends rien au parti libéral, car pour moi c'est clair : L'eau c'est la vie ,le pétrole c'est la mort. Il faut revoir notre façon de vivre, cesser d'encourager les voyages qui sont une cause énorme de pollution. Favoriser davantage la proximité du travail. Au lieu de cela on regardera des familles avec 4 voitures dans l'entrée et qui font un voyage par année à Cancun pleurer à la télé parce que il n'ont plus d'eau potable . Décourageant !

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 26 septembre 2017 07 h 27

    Un État semeur de paix sociale?

    Je ne suis pas devin, mais les tribunaux pourraient annuler plusieurs aspects réglementaires projetés, notamment la limitation de responsabilité civile et un énorme élargissement de la notion de troubles de voisinage acceptables. Malheureusement, ils interviendront seulement dans les cas les plus graves et surtout a posteriori. Le pire dans cette affaire est le dévoiement de la mission de protection de la vie et de la sécurité des personnes à la base des communautés huimaines et de l'existence de l'État.

  • Michel Lebel - Abonné 26 septembre 2017 09 h 12

    Usure du pouvoir


    Quand un gouvernement connaît l'usure du pouvoir comme l'actuel gouvernement, les contradictions, les incohérences dans les politiques se multiplient. C'est un petite loi de l'histoire.

    M.L.

    • Jacques Boucher - Abonné 28 septembre 2017 22 h 47

      Usur...pation du pouvoir légitime de la population de choisir son avenir collectif.

  • Colette Pagé - Inscrite 26 septembre 2017 09 h 23

    Mettre les citoyens au coeur des préoccupations du Gouvernement !

    La présentation par le Gouvernement de ces trois règlements démontre à l'évidence que cet objectif était absent des préoccupations des auteurs du règlement.

    Prende soin des populations, protéger leur eau potable, assurer leur quiétude, leur qualité de vie ainsi que la jouissance paisible et la valeur de leur propriété n'est-ce pas là des composantes de la mission des élus.

    • Danielle Houle - Inscrite 26 septembre 2017 10 h 54

      Prendre soin... ils ont beau être des doqueteurs, prendre soin ça leur passe 6 pieds par dessus la tête. Ils se cr... du monde.