Quatrième essai…

En 2016, seulement 53 % des candidats à l’enseignement ont réussi l’examen de français obligatoire pour accéder à la profession lors du premier essai. Toutefois, étant donné qu’ils peuvent reprendre cette épreuve aussi souvent qu’ils le veulent tant qu’ils ne l’ont pas réussie, 96 % des candidats y parviennent… après quatre essais !

Or, comme mesure de « redressement », l’Association des doyens, doyennes et directeurs, directrices pour l’étude et la recherche en éducation au Québec (ADEREQ) propose de limiter le processus de sélection à quatre tentatives, de telle sorte que le candidat ne puisse tenter sa chance indéfiniment… Une mesure draconienne, vous ne trouvez pas ?

Gageons que si on permettait aux élèves de cinquième secondaire de reprendre leur examen du ministère en français quatre fois, le taux de diplomation grimperait en flèche, ce qui serait tout à fait normal, mais probablement qualifié par les enseignants de mesure laxiste.

En bref, tant et aussi longtemps que les efforts de redressement liés à la connaissance de notre langue ne seront pas concentrés en amont, à savoir dès la première secondaire, nous assisterons à ces aberrations antipédagogiques qui placent devant les élèves de nouveaux professeurs inaptes à communiquer des connaissances qu’ils ne maîtrisent tout simplement pas.

4 commentaires
  • Yvon Lavoie - Abonné 23 septembre 2017 13 h 10

    L'enseignement du français

    Il n'y a pas si longtemps, à la fin du secondaire, les étudiants parlaient un excellent français et l'écrivaient sans faute. J'éviterai de mentionner que certains d’entre-eux parlaient et écrivaient (à peu près sans faute) le latin et le grec!
    Concernant l'excellence du français, ce n'était pas réservé à ceux qui avaient la chance de fréquenter un collège classique: ma mère était "maîtresse d'école", elle enseignait les "7 divisions" comme on disait dans le temps, dans une petite école de rang. Elle n'avait pas de cours classique mais un "cours commercial", je crois, pas même l'équivalent d'un cours collégial d'aujourd'hui. Cependant, elle s'exprimait très bien et écrivait sans faute!
    Il n'y avait pas encore de Ministère de l'Éducation avec tous ces bureaucrates, ces théoriciens du "de comment c'est que le cerveau peu ben faire pour apprendre que'chose"!
    Le problème est évident, la solution est évidente: la qualité des enseignants, la qualité de l'enseignement. Aujourd'hui, les deux sont franchement déficients!
    Nul besoin d'envoyer des émissaires aux quatre coins du monde pour comprendre le problème!
    L'enseignement du français, par des professeurs compétents, se faisait très bien au Québec il n'y a pas si longtemps et les résultats étaient là!
    Aux autruches, le sable ne manquera jamais!
    Yvon Lavoie, abonné

    • André Joyal - Abonné 24 septembre 2017 19 h 08

      «Il n'y a pas si longtemps, à la fin du secondaire, les étudiants parlaient un excellent français et l'écrivaient sans faute. J'éviterai de mentionner que certains d’entre-eux parlaient et écrivaient (à peu près sans faute) le latin et le grec!»

      J'ai l'impression de lire mon père né en ...1909.

    • Sylvain Auclair - Abonné 25 septembre 2017 07 h 20

      Je crois me souvenir avoir lu que seuls le quart de ceux qui commençaient le cours classique arrivaient à la fin...

  • André Potvin - Abonné 24 septembre 2017 12 h 53

    Pourquoi jeter tout le blâme sur les enseignants?

    Le fait de pouvoir réussir l'examen de français après plusieurs tentatives n'est pas particulier aux candidats à l'enseignement. En effet, les finissants universitaires qui se présentent aux examens du Barreau et de l'Ordre des comptables professionnels agréés (OCPA), pour ne nommer que ces deux ordres professionnels, ont droit à plusieurs tentatives, jusqu'à six dans le cas de l'OCPA. De mémoire, le taux de réussite des étudiants qui se présentent pour la première fois à l'examen de l'OCPA varie d'une année à l'autre entre 50% et 60%. Que vous réussisiez l'examen de français après plusieurs tentatives n'est pas l'effet du hasard mais est le résultat d'une meilleure préparation (cours supplémentaires de français, révision individuelle de la matière, meilleur état d'esprit).
    On peut questionner la qualité de l'enseignement du français au primaire et au secondaire, mais il est plutôt rassurant de constater que l'examen de français obligatoire répond à des exigences élevées quant à la maîtrise du français écrit.
    Jeter tout le blâme sur les enseignants quant à la piètre qualité de l'enseignement du français dans nos écoles m'apparaît injuste. Dans notre monde actuel, il y a plusieurs facteurs qui doivent être pris en considération pour en dégager des solutions efficaces et soutenir les efforts des enseignants. Par exemple, valoriser la qualité du français parlé et écrit dans l'espace public, mobiliser les parents dans leur rôle d'accompagnement de leurs enfants, encourager la lecture d'oeuvres littéraires au secondaire et au cégep, etc. C'est une responsabilité qui incombe à tous et chacun, peu importe notre statut social.