Caricature de démocratie

S’il y avait un parti dans les limbes pour les pratiques démocratiques, c’était bien Québec solidaire lors de son congrès de mai 2017. Car jamais en 40 ans de militantisme n’avais-je participé à une assemblée délibérante où il n’y avait pas un micro à l’intention des POUR et un autre à l’intention des CONTRE en plénière. Au congrès de QS, on avait plutôt droit à un micro pour les HOMMES, un autre pour les FEMMES et un troisième pour les PAS DE GENRE. Comme si les opinions sur des propositions pouvaient être déterminées par le sexe des intervenants ! De sorte que nous avons eu droit à des débats complètement déséquilibrés, sans contrôle du nombre d’interventions pour ou contre les propositions soumises au débat. Je le sais, j’y étais en tant que délégué.

Je le répète, je participe depuis des lustres à des assemblées générales délibérantes dans des organisations démocratiques tant en économie sociale que dans le milieu communautaire. Or, nulle part ailleurs n’ai-je vu une telle caricature de démocratie semblable au congrès printanier de QS. Alors qu’au congrès du PQ auquel je viens d’assister en tant qu’invité provenant du milieu coopératif, j’ai vu des discussions en plénière où l’équilibre du nombre d’interventions POUR et CONTRE était scrupuleusement respecté, évidemment quand il y avait débat, le tout se déroulant de manière policée au micro désigné pour chacun des deux types d’intervention comme ça se fait partout ailleurs… Sauf à QS.

37 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 12 septembre 2017 06 h 49

    Le PQ.. Mal placé pour donner des leçons de démocratie

    Je vois mal comment les péquistes sont en position de donner des leçons de démocratie à qui que ce soit. Quand on sait que le Parti québécois a évacué le scrutin proportionnel de son programme en 2011. Ce qui constitue un déni de démocratie à l'échelle nationale au Québec.

    D'ailleurs, c'est toute la base des membres et toutes les associations locales de Québec Solidaire via plus de 700 délégué.es dûment et démocratiquement "mandatés" qui ont été consultés et qui ont voté clairement et majoritairement contre toute alliance avec un Parti québécois désormais aussi fortement associé au néolibéralisme et au nationalisme ethnique conservateur.

    Christian Montmarquette

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 septembre 2017 12 h 05

      M. Montmarquette, c'est vous qui ne comprenez rien à la démocratie. Rien de rien.

      La démocratie n'est pas seuelement une question de représentation. Ce n'est pas non plus seulement un vote.

      Il en va de responsabilités personnelles des représentants, ce qui plante une fois de plus un clou dans le cercueil de vos "porte-paroles". Ceux-ci devraient pouvoir parler sans passer par le comité de corrdination.

      La démocratie est avant tout un champ de discussion ouverte, ce que votre ton définitif renie phrase après phrase. Vos viions éthérées de lendemains qui chantent après la prise de pouvoir de QS : vous croyez RÉELLEMENT qu'alors vous sensibiliserez les masses et donc qu'elles voteront dans votre sens pour "votre" assemblée constituante. Ayoye!
      Le comité, lui, sait qu'il ment carrément. Et vous ?

      La vraie démocratie tient en un ensemble de pouvoirs et contre-pouvoirs plus ou moins indépendants les uns des autres, dont le jeu de lutte et d'alliance permet un certain équilbre sociétal. Les illusions qui vous bercent sont bien tristes pour vous mais catastrophique pour votre société. Je l'ai déjà dit, vous êtes dangereux.

      Regardez comment il n'existe pas la moindre trace d'opposition ou de critique à l'intérieur de votre parti dès qu'un vote est pris. QS ressemble à s'y méprendre au PLQ, où le silence fait loi. Chez vous c'est plutôt de l'ordre de l'unanimité mystique mais le résultat est le même.
      Votre "cohérence" est chez vous une tare grave.

      Vous-même pourrez parler quand vos porte-parole quitteront leur langue de bois répétitive, que le comité de coordination disparaîtra, et que QS se salira dans les décisions réelles.
      Par exemple, la position de QS sur l'immigration, plus éthérée que les sept vertus cardinales et bourrée d'accusations ridicules.

      Quand la moitié des critiques internes de QS apparaîtront sur la place publique para rapport à celles au PQ qui, lui, vit sa démocratie de façon ouverte.

      Arrêtez de joué au curé.

    • David Cormier - Abonné 12 septembre 2017 13 h 27

      L'art de changer de sujet et de raconter n'importe quoi. Après le néolibéralisme, le nationalisme ethnique conservateur...

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 septembre 2017 15 h 23

      Le PQ de... Philippe Couillard...

      Je vous retourne la démocratie du PQ telle colportée depuis 15 ans par les péquistes et qui leur retombe aujourd'hui directement sur le nez:

      En divisant le vote de la CAQ, le PQ contribuera à la réélection des libéraux en 2018.

      Le Parti québécois, ce petit parti du 22%, devrait se saborder afin de ne pas nuire au Québec, et éviter le pire, soit, le maintien des libéraux au pouvoir pour les 30 prochaines années.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 septembre 2017 15 h 47

      À Jean-François Trottier,

      "Il en va de responsabilités personnelles des représentants, ce qui plante une fois de plus un clou dans le cercueil de vos "porte-paroles". - Jean-François Trottier

      La situation a tellement planté un clou de cercueil à Québec Solidaire, que depuis le Congrès, le parti a recruté 5 500 nouveaux membres, dont plus de 1000 nouveaux membre APRÈS le Congrès, pour porter le total à 16,500 membres. Ses intentions de vote sont passées de 10 % à 15 % et l’âge moyen a baissé de 3 ans, Sans compter que Québec Solidaire a connu l’un des meilleurs semestres de financement de son histoire.

      Mettons que... Comme clous de cercueil.

      On en prendrait d'autres comme ceux-là.

      Faut croire que vos histoires à dormir debout de politburo dignes de Maurice Duplessis n'ont pas impressionné grand monde et ont plutôt planté des clous dans le cercueil d'un PQ qui a déjà un pied dans la tombe avec ses 61 ans de moyenne d'âge.

      Christian Montmarquette

      Source : L’actualité, 8 septembre 2017.

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  • Sylvain Auclair - Abonné 12 septembre 2017 07 h 27

    Délégué?

    Pourquoi êtes-vous membre de QS, alors?

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 12 septembre 2017 14 h 38

      Parce que fortement impliqué dans le milieu coopératif et communautaire depuis, en fait, 1972, je partage la volonté de faire du Québec un État souverain progressiste sur le plan social et environnemental, parce que je milite pour une gouvernance démocratique de l'économie respectueuse des capacités de notre planète et de l'équité entre les nations. Or comme d'autres activistes sur cette Terre, j'adhère aux partis partageant en partie ou en totalité de tels engagements.

      Voir aussi ma réponse à M. Landry plus bas.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 septembre 2017 13 h 15

      À Pierre-Alain Cotnoir,

      À mon avis, vous faites surtout parti d'un sous-marin péquiste qui va fouinier dans les affaires internes de Québec Solidaire pour tenter de le discréditer de l'extérieur par la suite.

      Pas très joli comme comportement.

      Un bon conseil, occupez-vous donc de votre PQ en déroute à 22% qui en aurait bien besoin, au lieu de fouiner dans les processus internes des autres. Car il semble bien qu'il n'y a que vous que ça dérange à QS cette histoire de partage équitable des micros entre les hommes et les femmes.

      Christian Montmarquette

    • Jean Jacques Roy - Abonné 14 septembre 2017 16 h 26

      @P-A Cotnoir.
      Monsieur Cotnoir, comment comprendre votre article? Est-ce un pladoyer qui vise à démoniser QS? Dans ce cas, votre critique vaut ce qu'elle vaut... aussi légère que vos liens à QS. C'est tout dire si l'allégeance à un parti repose sur l'ordre des micros!

      C'est ce qui se dit, ce qui se discute, ce qui se propose et ce qui est retenu majoritairement qui déterminent la nature d'un congrès.

      Les micros sont là pour permettre de se faire entendre; leurs nombres et leurs emplacements dans la salle sont là pour faciliter les accès. Quant au fait que les micros permettent l'alternance selon les genres, pour votre gouverne, cette façon de faire s'est introduite dans les organisations sociales et syndicales au cours des années 80 à la demande des femmes militantes. Quant au fait qu'il y ait un séparation entre les micros Pour et les micros Contre, c'est là aussi une procédure calquée sur le vieux code Morin qui, face à une proposition en assemblée, demande aux intervenants de se prononcer pour ou contre. À ce compte, si la démocratie tenait aux micros, les délégué.es qui ne sont ni pour ni totalment contre n'auraient aucun micro où s'exprimer.

      Puisque vous avez abordé la question de la démocratie par le biais des micros Pour et Contre. J'aurais une question à vous poser. Nous, de l'extérieur, nous n'avons présencié que ce que les medias ont diffusé.
      1- Le long discours de Jean-François Lisée qui a exposé SES orientations, celles qu'IL défendrait devant les délégués.
      2- Enfin, nous avons appris que plus de 92% des délégué.es ont donné un vote de confiance au chef et, du même coup, de la bouche même de Jean-François Lisée nous apprenions que le Congrès du PQ avait adopté presqu'intégralement les propositions annoncées par ce dernier!

      Ma question est: À quoi auront servi les micro Pour ou Contre? Si on en juge par le résultat, l'exercise du congrès ne se jouait pas aux micros... L'enjeu était d'aller chercher un mandat fort sur les propositions du c

  • André Querry - Abonné 12 septembre 2017 07 h 34

    Une mesure encore nécessaire en 2017

    Nous ne devons pas fréquenter les mêmes endroits, les mêmes réunions, ça fais plus de 40 ans que je milite et assiste à des assemblées générales et des congrès et la pratique d'établir et micro hommes et un micro femmes à la majorité du temps été présent. Que ce soit à mon association étudiante, au collège de Maisonneuve, en 1977-1980, au congrès de l'Association nationale des étudiants et étudiantes dans les années 70-80, au Regroupement autonome des jeunes dans les années 1983-1985, etc.

    Cette pratique est encore présente dans de nombreuses organisations populaires, elle vise à contrecarrer le fait que généralement les hommes prennent «le crachoir» dans une proportion démesurée lors des assemblées délibérantes et donc à rétablir la situation.

    À voir le nombre encore élevé d'organismes qui fonctionnent et qui sont dirigés – décidé entre hommes – cette mesure est toujours nécessaire en 2017.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 12 septembre 2017 08 h 37

    QS, modèle pour le PQ

    Tout comme QS avait trois micros — un pour les Hommes, un pour les Femmes et le troisième pour le Troisième sexe et tous les autres — le PQ devrait avoir trois micros; un destiné aux Pour, un autre pour les Contre et le troisième pour les Pas d'opinion.

  • David Cormier - Abonné 12 septembre 2017 08 h 57

    QS = parti anti-démocratie

    Un micro pour les hommes, un pour les femmes et un autre pour les pas de genre, et des minorités "racisées" sur le "stage" pour cracher sur le Québec.