Une stratégie s’impose

Oui, une stratégie d’alphabétisation (!) est cruciale et fait franchement défaut au Québec !

Mais, à mon avis, ce n’est pas en imposant à des enfants de quatre ans, qui sont à l’étape de la socialisation et de la prise de conscience du moi par le jeu, qu’on réussira. Laisser ce champ — le jeu (et libre en priorité) — faire son travail naturel sur le développement des sens, le développement moteur et les amitiés qui s’enracinent de bontés. « L’école » ou l’enrégimentement avant six ans ? La plupart des enfants risquent d’y trouver une forme d’agression. Car, à cet âge, ce n’est pas le temps d’instaurer un concours d’intelligence entre eux, avec son effet déstabilisateur et pernicieux sur les relations sociales et l’estime de soi.

Quatre ans, c’est plutôt l’âge de la naïveté, de l’ouverture, de la curiosité enjouée, donc d’un regard émerveillé et qui prend de l’assurance. C’est un moment parfait pour l’apprentissage d’un « vivre-ensemble » des tempéraments les plus divers. Les parents et les éducateurs ont surtout la tâche de laisser s’exprimer leurs talents innés, tout en encadrant le développement harmonieux du caractère de l’enfant et de son expression sociale !

Bref, je pense que les objectifs d’alphabétisation à tous crins à quatre ans seraient surtout la marque d’une société déconnectée de l’enfant. L’esprit de cette alphabétisation est tendancieusement néolibéral — tenant les enfants pour de simples et futurs pions de l’économie du savoir. L’effet pourrait être contraire : donner la nausée aux enfants, les rendre réfractaires à l’instruction, et défavoriser leur sain développement. (Comme si la période des six ans d’école primaire ne suffisait pas pour que les enfants apprennent à écrire et à compter !)

Mon humble opinion de papa, d’éducateur et d’ex-prof…

Piaget, Platon disaient, en substance, la même chose. Même que Pierre-Auguste Renoir plaidait pour qu’on laisse les enfants libres jusqu’à l’âge de huit ans…