Les mononcles et matantes ameutés!

Le problème de ces mononcles et matantes effarouchés de voir que leur monde n’est pas clos, c’est l’ignorance. Celle de l’histoire de leur peuple d’abord, où dès les débuts se sont mêlés surtout culturellement immigrants français et nations autochtones. Puis par l’apport des Anglais, des Écossais, des Allemands et des Irlandais arrivés par vagues successives. Ensuite, des Européens de l’Est, Slaves et Juifs, des Italiens sont venus s’y greffer dès le début du siècle, suivis par des Syriens (de la Grande Syrie de l’Empire ottoman effondré). Ces mélanges de populations se sont poursuivis tout au long du XXe siècle : Grecs, Haïtiens, Vietnamiens, Latino-Américains, Maghrébins et j’en oublie trop d’autres. Nous sommes un peuple métissé dont les racines ont emprunté d’abord aux peuples amérindiens de l’est de l’Amérique une manière de vivre bien décrite dans le film L’empreinte, et auxquelles se sont ajoutés, par strates successives, autant d’apports enrichissants. Alors les mononcles déguisés en louveteaux de foire comme ceux de La Meute sont en décalage avec leur propre ascendance et en perte de repères.

Mais c’est aussi l’ignorance des autres qui tarabuste leur incompréhension. Ils auraient intérêt à fréquenter ceux et celles qu’ils ont peur d’accueillir dans notre maison commune. Un sondage commandé par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a bien montré que c’est l’absence de contacts avec « l’autre » qui alimente des sentiments discriminatoires. C’est vrai pour tous les groupes discriminés, que ce soit pour des raisons ethniques, religieuses et même économiques, cette enquête montrant que ce sont encore les « BS » qui demeurent les principales têtes de Turc.

Alors pour ceux qui se prennent pour des ti-loups sortis d’une meute quelconque, allez à la rencontre des autres, vous vous rendrez vite compte qu’ils peuvent venir embellir notre maison, comme l’ont fait nos ancêtres venus de tous les horizons.

2 commentaires
  • Marc Therrien - Abonné 31 août 2017 07 h 21

    Submersion d'information et contagion de la peur


    Dans cette êre numérique où l’accès à l’information et aux connaissances n’a jamais été aussi facile, il pourrait apparaître paradoxal que l’ignorance soit la cause de cette peur de l’autre qui nuit à l’accueil et à l’empathie. Mais en y pensant bien, il est facile d’observer et de ressentir que l’accélération de l’échange d’information qui crée une submersion permet une très large diffusion de tous les stéréotypes et préjugés qui alimentent la peur, « la plus contagieuse des passions » disait Montaigne. On peut donc dire qu'être informé, ce n’est pas connaître. Comme disait Carl Gustav Jung : « Penser est difficile, c’est pour ça que la majorité des gens préfèrent juger ». Apprendre et connaître demandent « patience et longueur de temps » en se rappelant Jean De La Fontaine.

    On a l’impression que la société passée que vous décrivez s'est perdue dans l’individu au fur et à mesure que les médias de masse ont évolué. On peut trouver un élément de compréhension de ce qui se passe aujourd’hui chez le français Bernard Stiegler et son livre « Dans la disruption, comment ne pas devenir fou? ». Il parle de la disruption comme d’une barbarie « soft » incompatible avec la socialisation qui est le résultat de l’innovation technologique accélérée et de la fuite en avant dans le numérique. Il se préoccupe de «l’innovation disruptive » qui a pour effet de faire éclater ou de briser en morceaux les organisations sociales et économiques existantes achevant ainsi la progression du nihilisme, la destruction de toutes les valeurs.

    Marc Therrien

  • Gaetane Derome - Abonnée 31 août 2017 19 h 11

    Allez sur leur site web.

    Et vous verrez qu'il y a plusieurs "clans"(c'est comme cela qu'ils se nomment),a Montréal,Laval et Montérégie,pourtant ces régions sont peuplés de d'immigrants.Donc,n'est-ce pas plutôt une réaction face a l'autre plutôt qu'une méconnaissance?