Maîtriser le français

Le 26 août 2017 marquera les 40 ans de la Loi 101. Quatre décennies plus tard, plusieurs proposent de la renforcer en enlevant des droits aux allophones et même aux francophones…

L’obligation pour les immigrants d’éduquer leurs enfants en français au primaire et au secondaire fut la meilleure mesure de la Loi 101 pour les initier à la langue française. Il apparaît donc logique de conclure qu’étendre cette obligation au cégep, pour les allophones et même les francophones, ne pourrait qu’être bénéfique. Or, cette mesure ferait reculer le français au Québec.

Les allophones doivent maîtriser le français pour obtenir leur diplôme secondaire, tout comme évidemment les francophones. Donc, ceux qui désireront faire leurs études supérieures en anglais devront quitter le Québec, faisant ainsi chuter le nombre et la proportion de Québécois ayant le français comme langue première ou seconde.

Et pour compenser cette perte de main-d’oeuvre, nos entreprises devront se tourner davantage vers l’immigration, interprovinciale ou étrangère. Et ce type d’immigration est moins francophone que nos finissants francophones et allophones du secondaire.

La mise en place des traités de libre-échange transpacifique et européen augmentera le besoin de main-d’oeuvre bilingue pour nos entreprises exportatrices. Ce n’est pas le temps d’accroître l’exil de nos cerveaux maîtrisant déjà le français.

Il est primordial de bien mesurer l’effet qu’auraient sur notre démographie linguistique les diverses mesures envisageables, pour éviter les fausses bonnes idées.

2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 24 août 2017 08 h 00

    Raisonnement contestable

    À 17 ans, les étudiants sont bien jeunes pour décider de "s'exiler" dans une autre province pour continuer leurs études, d'autant que le cégep est gratuit et accessible en transport en commun, si ce n'est à pied ou en vélo, dans toute la grande région de Montréal où est concentrée la clientèle allophone.

  • Michel Blondin - Abonné 24 août 2017 11 h 36

    Quelle logique tordue!!

    Il apparaît logique, dit le texte, de conclure qu’étendre cette obligation [d’éduquer les enfants d’immigrants en français] au cégep… ferait reculer le français au Québec. J’en perds mon latin de l’incohérence de ces trois phrases du texte.

    Comme si d’exiger que l’administration et la langue de transmission de l’éducation se fassent en français dans les cégeps ferait en dernier essor, reculer le français.

    Le démo linguiste Charles Castonguy, chiffre à l’appui sans conteste, exprime suicidaire de ne pas le faire.
    L’analyse sur 40 ans des jugements sur la loi 101 de Me Éric Poirier indique sans conteste que le bon jugement est de ne pas tenir compte de la loi 101.
    L’analyse du corédacteur de la loi 101, le sociologue Guy Rocher conclut, presqu'en désespoir, que « le français est en recul au Québec, que ce soit comme langue maternelle, comme langue d’usage ou comme langue parlée à la maison. Voici donc maintenant la crise linguistique chiffrée, et de forte manière »
    Le démographe Marc Termote, pas plus tard qu’hier exprimait que ce qui détermine l’avenir d’une langue au sein d’une société plurilingue, c’est le nombre de locuteurs de cette langue dans la sphère privée.
    Il conclut « Sans cette forte émigration des anglophones vers le reste du Canada, les francophones seraient déjà depuis longtemps minoritaires à Montréal. »
    La loi du sol n’opérant pas, il rajoute : « le Québec est la seule société d’immigration où la pérennité de la langue de la majorité est fragilisée par cette immigration ».

    Il faut en conclure que même les cégeps nécessairement tout en français ne sont pas suffisants pour renverser la tendance.
    Même d’exiger l’immigration au Québec tout en français, nécessaire n’est pas suffisante.
    Le carcan juridique, les interprétations des lois et la politique des fédéralistes concourent à la dégradation depuis 243 ans. Elle s’accélère.
    Sans une maîtrise de la loi du sol, l’expression française du peuple québécois sera, édentée en Amérique. Sans