L’utilité des ordres professionnels

Quel est l’intérêt de regrouper les enseignants dans un ordre professionnel ? Les opinions exprimées à cette occasion n’ont pas toutes été exemptes d’approches émotionnelles et d’affirmations surprenantes, comme celle de prétendre que l’Ordre des ingénieurs est « financé principalement par les firmes d’ingénieurs-conseils ». C’est pourquoi je propose que l’on procède rationnellement en considérant le sujet sous l’angle de la responsabilité des travailleurs à l’égard du public.

On sait que les enseignants pratiquent leur profession dans le cadre d’un contrat avec une commission scolaire selon des conditions négociées avec l’État québécois, puis d’une entente avec une direction d’école qui accepte de les engager. Ainsi, les enseignants assument leurs tâches en garantissant à ces organismes une compétence professionnelle et le respect des règles morales et de l’éthique.

Advenant le désir d’une personne ou d’un organisme d’entreprendre une action contre un enseignant pour des raisons de manquement à ses obligations, cela peut s’accomplir par une simple demande d’enquête auprès de la direction de l’école ou de la commission scolaire, ces derniers assumant la responsabilité du personnel enseignant à l’égard du public. On ne voit pas ce qu’un ordre professionnel pourrait ajouter pour assurer la protection du public, sinon créer du désordre tout en imposant des coûts inutiles aux enseignants et, par extension, à la société entière.

Il n’en est pas de même dans le cas des membres d’un ordre professionnel, car dans ce cas le lien de responsabilité n’existe qu’entre le plaignant et le professionnel. C’est à ce dernier que doit être adressée la plainte, et cela à grands frais, comme on peut l’imaginer. Heureusement, l’État a prévu des règles permettant de déposer une plainte auprès du syndic de tout ordre professionnel afin que ce dernier procède à une enquête et, s’il y a lieu, soumette le cas au comité de discipline qui portera le jugement. Voilà l’utilité des ordres professionnels.

7 commentaires
  • Fernand Laberge - Abonné 19 août 2017 07 h 20

    C'est dit !

    L'enseignant n'a pas la liberté des programmes ni même des méthodes et 3 niveaux hiérarchiques au-dessus de lui (direction, commission scolaire, ministère).

    Une présumée autonomie n'existe dans la loi sur l'instruction publique que «dans le cadre du projet éducatif de l'école». L'obligation «d'atteindre et conserver un haut degré de compétence est aussi inscrite dans la loi.

    Autrement dit, une faute constatée par un ordre suppose un manquement à d'autres échelons. La justice ne peut alors qu'être partielle et/ou l'enseignant instrumentalisé soit par un certain activisme, soit par effet «wag the dog».

    À moins bien sûr qu'on autorise l'enseignant à s'incorporer et à pratiquer réellement en privé... ce qui change fondamentalement la donne. Dans tous les cas, on est loin d'une prétendue «valorisation de la profession».

    • Réal Ouellet - Abonné 20 août 2017 13 h 47

      Les ordres professionnels ne sont pas des syndicats.

  • Chantale Desjardins - Abonnée 19 août 2017 07 h 52

    Laissons les enseignants s'organiser

    Si les enseignants sentent le besoin d'un ordre professionnel, ils sont capables de décider de la nécessité ou non d'en créer un avec le bon sens que ces personnes ont pour occuper un poste aussi important. Pour le moment, la situation est stable et nos enseignants font un excellent travail. Qu'on cesse cette discussion et que les jeunes libéraux s'occupent de leur parti qui va mal et de son chef.

  • Réal Ouellet - Abonné 19 août 2017 10 h 09

    Ordre professionnel

    Toute direction d'école publique est démunie face au puissant et multimillionnaire syndicat des professeurs. Seul un ordre professionnel permettait d'équilibrer les forces en présence. Lorsqu'il y a un manquement professionnel, l'ordre est en mesure d'imposer une discipline, en plus du suivi professionnel. Peu importe l'importance du nombre et les moyens financiers d'un syndicat. Pas la direction de l'école.

    • Pierre Robineault - Abonné 19 août 2017 15 h 03

      Laissez-moi deviner. Vous n'êtes pas syndiqué ou alors on vous a forcé de le devenir. N'est-ce pas?
      J'en connais quelques autres de mon entourage qui attaquent les syndicats un peu comme vous le faites. "Comment se fait-il que vous avez un fonds de pension et pas moi, hein?" Ce genre de réaction. Mais ils oublient qu'autrement, les enseignants d'avant la syndicalisation vivaient avec des conditions de travail et des salaires indignes de leurs fonctions. Et encore aujourd'hui pour certains. Y compris à l'université? Des salaires de profs universitaires de bien moins de 10 000$ constituaient la moyenne.
      Et le tout sans parler de l'expoitation des alors dites maîtresses d'école, en ville comme en campagne. Seuls les syndicats ont pu ramener un peu de fierté dans cette profession et de justice surtout. Et malgré tout, il reste encore plusieurs citoyens qui chiâlent, contre les syndicats, contre la syndicalisation des emplois précaires, en somme contre le salaire minimum préféré par les possédants et boss ... sauf s'ils sont membres d'une coorporation professionnelle toute puissante.
      Comprenez-vous?

    • Sylvain Auclair - Abonné 19 août 2017 18 h 50

      Bizarrement, on accuse aussi souvent les ordres professionnels de protéger leurs membres. Et rappelez-vous que le gouvernement est bien plus riche que n'importe quel syndicat, et que c'est lui, et lui seul, qui a écrit les plus récentes conventions collectives et qui les a imposées par loi spéciale.

    • Réal Ouellet - Abonné 20 août 2017 13 h 45

      Laissez-moi deviner. Vous êtes syndiqué et vous nous ramenez toujours à de vieilles histoires de patrons abusifs envers les employés et les enfants dans les usines pour motiver votre existence. Peut-être même chef syndical, le couronnement de votre carrière. Comprenez-vous?