Intégration et assimilation, gare aux amalgames dangereux

Il y a des siècles, plusieurs croyaient aux sorcières, malgré le fait que personne n’en avait vu. Aujourd’hui, plusieurs Québécois francophones croient à leur assimilation. Pourtant, après un quart de millénaire de présence anglophone, le nombre de Franco-Québécois assimilés est égal au nombre de sorcières : zéro… Même les vagues massives d’immigration anglophones, notamment irlandaises, n’ont pas assimilé un seul Québécois.

Partout en occident, l’augmentation de l’immigration provenant d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie, etc., a diminué la proportion de citoyens ayant la langue de la majorité comme langue maternelle. Cependant, pas un seul cas d’assimilation d’un membre d’une majorité nationale dû à cette immigration n’a été recensé en occident…

C’est logique. Si un bol contient 50 billes bleues et qu’on y ajoute 10 billes vertes, cela diminuera le poids « démographique » des billes bleues. Mais aucune d’entre elles ne disparaîtra. L’important, c’est de bien intégrer les billes vertes.

Et le dernier recensement nous apprend que le nombre et la proportion d’anglophones et d’allophones parlant français au Québec atteignent des niveaux records.

Si l’intégration de ces immigrants représente un défi majeur, et pas uniquement linguistique, cette réalité n’a rien à voir avec l’assimilation. Ce sont deux concepts distincts constamment amalgamés dans nos médias.

Alors, pourrions-nous discuter rationnellement de moyens de faire progresser le français, notamment à Montréal, et cesser d’avoir peur de phénomènes inexistants.

6 commentaires
  • Gaetane Derome - Abonnée 15 août 2017 03 h 42

    Et pourtant..

    Le nombre de gens parlant français a diminué a Montréal. De plus en plus de jeunes et moins jeunes utilisent des termes anglais dans leur langage, comme"My God!" ou "Mom". Et dans certains quartiers de Montréal, on entend du franglais. Les jeunes écrivent très souvent en anglais sur les médias sociaux, comme si écrire en français était passé de mode ou trop difficile... Bien sûr,la plupart de nos jeunes sont bilingues, mais le bilinguisme est la première phase de l'assimilation. On l'a vu chez nos voisins franco-ontariens, les plus jeunes sont maintenant tous assimilés et ne peuvent communiquer en français avec leurs grand-parents. Et l'auteur, M.Tremblay, se met la tête dans le sable en ne voyant pas ce phénomène.

    • André Joyal - Inscrit 15 août 2017 13 h 05

      Où habitez-vous M.tremblay? Je vous devine saguenayen.

  • Bernard Terreault - Abonné 15 août 2017 07 h 27

    Zéro assimilés?

    Voyons, j'en ai connu personnellement! Pas d'assimilation massive au Québec, d'accord, mais il y en a eu. Et il y a aussi eu assimilation massive des francophones hors Québec, et des cas d'assimilation d'anglophones, surtout Irlandais, par la majorité francophone au Québec.

  • Charles-Étienne Gill - Abonné 15 août 2017 09 h 20

    Ignare?

    Premièrement, « assimiler » les légitimes inquiétudes sur l'anglicisation du Québec à « des amalgames dangereux » fait passer les gens qui documentent la chose et l'activent dans la sphère publique pour des extrémistes, c'est une rhétotique perverse.

    Deuxièmement, depuis 1759, combien de Franco-Québécois ont été assimilés? Parlons d'identité canadienne (canadienne-française, canayenne) pour nous comprendre. Combien y aurait-il de ces Canadiens-français si le français n'avait pas été une langue aussi mineure, voire persécutée au Canada, notamment après l'Acte d'Union. Quel serait le statut du français si le Manitoba français de Riel avait été autorisé d'exister?

    Si le nombre absolu ne diminue pas drastiquement tout de suite, la proportion, elle,diminue rapidement et change le statut de la langue, laquelle a une incidence sur le statut individuel (économique et social) du locuteur, ce qui a une incidence sur le poids politique de la collectivité des dits locuteurs.

    Plus simplement : les Canadiens anglais ( je parle ici des ayant droit de la la 101) sont à peu près 500 000 au Québec et ils ont plusieurs institutions (commissions scolaires, universités, municipalités, hôpitaux).

    Pour le même nombre, qu'ont les Franco-Ontariens? Une université « bilingue » et l'équivalent de l'UQO. Et il faut se battre pour conserver un hôpital.

    C'est pas une question de billes, c'est une question de bocal. 8 billes sur 33 dans le même bocal vont changer de couleur. Si elles ont leur bocal propre. Si elles ont la la prépondérance (politique), elles peuvent, elle, s'assurer que les nouvelles billes qui arrivent prennent leur couleur (culturelle).

    L'ennui c'est que le poids de l'anglais est tel (politique, économique, culturel), qu'ajouter de l'anglais dans la métropole la bilinguise. À terme, c'est le statut du français, donc sa prépondérance qui s'érrode. Ce qui va rendre inutile son apprentissage, ce que les jeunes Libéraux viennent d'exprimer.

  • André Nadon - Inscrit 15 août 2017 11 h 44

    Les verres fumés!

    Voilà l'avantage de porter des verres fumés. Cela permet de masquer un peu la réalité.
    Il semble qu'il n'y a qu'à Québec où il n'y a pas d'assimilation. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles, les citoyens de la région de Québec n'ont voté OUI qu'à 50% au référendum de 1995. Ces citoyens qui ont voté NON ne sont sûrement pas assimilés puisqu'ils sont Canadiens plutôt que Québécois.

  • Christian Gagnon - Inscrit 15 août 2017 15 h 21

    Des francophones assimilés à Montréal

    Dans cette étude du Conseil de la langue française, Charles Castonguay écrit que « les recensements indiquent assez clairement qu'au Québec, les francophones anglicisés sont plus nombreux que les anglophones francisés »:

    http://www.cslf.gouv.qc.ca/bibliotheque-virtuelle/

    Avec la diminution du poids des francophones à Montréal depuis la publication de cette étude, la situation a probablement empiré. M. Tremblay ne peut donc pas affirmer qu'il y a eu « zéro » Franco-Québécois assimilés au cours de notre histoire. Ce déclin du français n'est pas la faute des immigrants mais bien celle de certains de nos élus qui, comme Philippe Couillard, préfèrent regarder ailleurs afin de ne pas nuire à la sacro-sainte unité canadienne.