«Nous»: cinquante ans plus tard

L’éditorial de Robert Dutrisac du 24 juillet, intitulé « Le Québec libre », s’inscrit dans la liste des meilleurs classiques du genre : il éclaire non seulement le passé et le présent, mais aussi l’avenir.

Les faits historiques, les événements politiques au Québec précédant et dans la foulée de l’année d’Expo 67 eurent une audience internationale en grande partie grâce au général de Gaulle et à sa remontée du fleuve Saint-Laurent via le Chemin du Roy, laquelle culmina dans l’appel à un « Québec libre ! » — sorte d’apothéose au balcon de l’hôtel de ville de Montréal ce soir-là.

Est-il concevable, sinon possible cinquante ans plus tard, de nous regarder collectivement tels et telles que sommes, sommes devenus et serons potentiellement — tous membres égaux, différenciés et différents d’une nation québécoise ? Cela, malgré les incantations de Trudeau père, lors du rapatriement depuis Londres de la Constitution canadienne en 1982, grâce auxquelles on tenta de contraindre le Québec — mais sans succès — à se fondre dans la nation canadienne-anglaise ?

1 commentaire
  • Michel Blondin - Abonné 26 juillet 2017 09 h 00

    La nation québécoise et la multination canadienne anglaise?

    Se fondre ou s’assimiler dans l’anglophonie pour perdre culture, langue et manière de vivre, penser ou respirer. C’est le modèle canadien dont la proposition ne peut être refusée puisqu’imposée par le carcan fédéral.

    Les Canadiens voient leur anglophonie comme intrinsèque et acquise presque inconsciemment comme une seconde nature. Elle ne leur appartient pas comme les Québécois dont la spécificité est française d’exception.

    Dans les années 30 en Ontario le modèle d’intégration des immigrants était de ne rien faire de spécial pour les intégrer dans les écoles. Ces immigrants se sont fait des communautés d’entraide et la politique de l’Ontario pour les écoles est devenue du laisser-faire. Elle a donné naissance au multiculturalisme canadien.

    Le Québec aurait un avantage énorme d’être une nation établie dans cette Amérique.
    Non seulement géopolitiquement, il est situé à un carrefour enviable mais aussi par la discipline, l’inventivité et la créativité développées par nos imaginaires collectifs trempés dans le froid.

    Le modèle québécois est un modèle même secoué résiste et consolidé deviendra un gage du bien vivre ensemble.

    En réalité, faire une société d’entraide, d’esprit de communauté naturel par la petite taille de la population comme dans les pays nordiques, ces mille avantages composent le succès de bien vivre.
    La nation québécoise a tout avantage à se faire pays pour préserver son caractère exceptionnel d’être différent. Et s’il n’hésite pas trop, son patriotisme de croire en soi et en son pays maintiendront son devenir comme une richesse pour tous.

    Économiquement, les avantages ont été analysés dans un document sur les petits pays depuis l’origine des Nations Unies. The Success of Small Countries par le centre de recherche internationale du Crédit suisse.


    https://publications.credit-suisse.com/tasks/render/file/?fileID=1CC21D53-CD3A-CB77-C15AD96D67EE1210