Le Québec, une nation au destin inachevé

Le célèbre « Vive le Québec libre ! » prononcé à Montréal il y a 50 ans (le 24 juillet 1967) par le général de Gaulle nous renvoie à la souvenance, mais aussi à la réflexion sur notre devenir.

Ce n’est pas nécessairement la puissance militaire – notamment de ceux qu’on appelle « les grands » et que sont de nos jours les États-Unis, la Russie et la Chine – qui peut donner une certaine grandeur à un peuple, à une nation. Être « quelque chose comme un grand peuple », pour reprendre cette parole de René Lévesque prononcée en 1976, mais non actualisée, relève bien plutôt de la capacité à entrer dans un processus qui pourrait ouvrir un horizon et de nouvelles perspectives concernant notre devenir dans le monde. Il y a un besoin chez l’homme et chez les collectivités d’aspirer à plus, de se surpasser et de ne pas se contenter de seulement faire du surplace. Il y a des enjeux dans une nation qui ne relèvent pas seulement du pain et du spectacle, qui ne se réduisent pas seulement à bien gérer les problèmes reliés à la santé, à l’emploi et à l’économie, ou encore à se contenter d’avoir comme projet de société la légalisation du cannabis.

Ce renouveau politique ne peut faire non plus abstraction de la question du statut constitutionnel du Québec. Depuis longtemps dans l’impasse, et souffrant d’une certaine lassitude, cet enjeu doit être relancé. Comme l’idée d’un référendum sur l’indépendance est renvoyée aux calandes grecques et qu’il n’y a aucun consensus prévisible sur cette issue, il serait impératif de canaliser les discussions et les actions pour accroître l’autonomie du Québec au sein de l’ensemble canadien. Ce projet d’une véritable Confédération (sorte de souveraineté-association 2.0 impliquant des instances communes) permettrait l’affirmation des deux peuples fondateurs – et partenaires – tout en étant inclusif envers les communautés culturelles et autochtones. Cette année, on célèbre le 150e anniversaire d’une prétendue confédération, mais, dans les faits, le Canada est depuis 1867 une fédération en dépit des modifications apportées à la suite d’ententes et de compromis adoptés au cours de l’histoire.

Comme bien des peuples, et sur une planète désormais unifiée par la technique, il en va ainsi pour le Québec qui se doit lui aussi d’assumer sa singularité au sein d’une planète mondialisée pour mieux continuer sa marche et ne pas devenir inessentiel. Nous sommes à la croisée des chemins, devant une clôture, et c’est cela qui éveille un besoin d’ouverture.

1 commentaire
  • Michel Blondin - Abonné 25 juillet 2017 09 h 36

    Mieux vaut une confédération avec la France.

    Il y a plus de chance de réussir une confédération avec la France qu'avec le Canada.
    La Cour suprême du Canada prétend que notre système est confédératif, si on s'en tient à son renvoi sur la sécession du Québec de 1998.
    Dans la réalité, il n'en est rien de cette souveraineté provinciale. Elle est étouffée encarcannée au grand plaisir de l'État fédéral et provinces anglaises.

    Au fond, notre langue et notre culture sont en danger au Canada, point à la ligne. Le développement économique est mieux servi en anglais par la fluidité de 330 millions d'anglais qui refusent dans les faits notre différence et originalité exceptionnelle. La réaction épidermique des Anglos au Général qui lui, nous a compris, est avec nos lois de codification française, des motifs qui s'ajoutent à s'éloigner de ceux qui nous aiment mieux dégriffés et édentés. Ils en rêvent la nuit pour mâter quelques têtes fortes françaises.

    Il est un temps où c'était aussi un refus comme catholique qui les enmerdaient. Aujourd’hui c'est notre patriotisme qu'ils bloquent par la constitution multiculturaliste.

    Rêve plus réaliste après des espoirs exprimés par des milliers de canadiens français de bonnes volontés qui s'obstinent à y croire, il reste une alliance confédérative avec la France pour nous refaire une petite jeunesse où lieu de 243 ans de relations tumultueuses, rabaissantes avec en prime une réputation de Québec bashing déshonorante.
    Au moins, eux ne voudront nous assimiler -nous en somme une variante. Nous faire valoir comme un pont avec le nouveau monde, vieux rêve plus payant, pourrait mieux nous convenir. Il aurait l'avantage, d'augmenter notre valeur internationale, nos richesses économiques et préserver beaucoup plus facilement notre unicité créatrice. Payante vous dis-je!
    Nul besoin d'un passeport canadien avec le passe partout Québécois d'Amérique et d'Europe. Le Canada est un repoussoir de notre culture!
    Notre indépendance française en Amérique nous la voulons et nous l’auron