Déclaration des élèves de la classe de Mme Lucie

Le programme d’Éthique et culture religieuse souligne la nécessité d’engager les élèves dans des conversations qui leur permettent de repérer des valeurs et des normes dans la question éthique et de comparer leur perception de situations avec celles de leurs pairs. Le 7 juin, des élèves de deuxième année ont vécu une activité que nous avons mise en forme à partir des ouvrages La Déclaration des droits des filles et La Déclaration des droits des garçons (Élisabeth Brami et Estelle Billon-Spagnol, Éditions Talents Hauts, 2014). Nous avons d’abord invité les enfants à exprimer leur point de vue relativement à quatre énoncés (Les garçons comme les filles ont le droit de pleurer et de se faire dorloter ; Les garçons comme les filles ont le droit de porter du rose, du violet, du jaune et toutes les couleurs du monde ; Les filles comme les garçons ont le droit de choisir le métier qu’elles veulent : conductrice de camion, astronaute, menuisière… ; Les filles comme les garçons ont le droit de jouer avec des camions, des Lego, des jeux vidéo…). Bien sûr, quelques idées socialement prédominantes telles que « les garçons sont plus endurants que les filles » ou « Les filles sont meilleures à la corde à sauter » ont été formulées. Cela dit, pour la grande majorité de ces élèves de 8 ans, il apparaît clair que « les filles peuvent courir aussi vite que les garçons », « pleurer sert à exprimer des émotions » et « les filles et les garçons peuvent faire du ballet ou du karaté ». Au retour de la récréation, les 17 élèves ont rédigé La Déclaration des droits des élèves de la classe de madame Lucie. Collectivement, ils et elles ont convenu que « Les garçons et les filles ont le droit de pleurer quand ils tombent, de choisir ce qu’ils veulent faire dans leur vie, de mettre du maquillage, d’aimer le rose, de jouer à des jeux violents, aux poupées et à la corde à sauter, de choisir le métier qu’ils veulent, de s’aimer, de chanter et d’être différents les uns des autres ». Au cours de cette activité, les élèves se sont interrogés sur leur position et sur leurs sentiments tout en considérant ceux de leurs collègues de classe. Ils et elles ont confronté leurs idées de façon respectueuse. Leur enthousiasme à aborder ces questions nous mène à penser qu’il s’agit d’un moment opportun de leur vie pour mettre à l’épreuve les préjugés et stéréotypes sociaux.

NOUVELLE INFOLETTRE

« Le Courrier des idées »

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

12 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 20 juin 2017 00 h 54

    Une éducation doit contester le statut-qu’o!

    Avez-vous demandé à vos élèves pourquoi les petites filles de 5 ans sont obligées de porter le voile à l'école et pourquoi elles ne peuvent pas participer ni au cours de gymnastique ni au cours de natation?
    Une éducation doit amener les enfants à contester le statut-qu’o, pas à renforcer les pratiques déjà existantes. Un cours de citoyenneté serait plus utile à vos élèves.

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 20 juin 2017 13 h 57

      Mme Lucie Galarneau

      vous n'avez pas demandé à vos élèves si les filles avaient le droit autant que les garçons de ne pas se faire charcuter leur organe génital pour les empêcher de jouir plus tard?

    • Marc Lévesque - Inscrit 20 juin 2017 14 h 42

      Mme Alexan,

      "Avez-vous demandé à vos élèves pourquoi les petites filles de 5 ans sont obligées de porter le voile à l'école et pourquoi elles ne peuvent pas participer ni au cours de gymnastique ni au cours de natation?"

      C'est possible qu'ils ont parlé de ça spécifiquement, mais je pense qu'ils ont certainement abordé ce genre de questions.

      "Une éducation doit amener les enfants à contester le statut-qu’o, pas à renforcer les pratiques déjà existantes"

      L'éducation n'implique pas la contestation, elle sert aussi à renforcer des pratiques déjà existantes. Cela dit, la lettre parle justement de remise en question: "Ils et elles ont confronté leurs idées de façon respectueuse. Leur enthousiasme à aborder ces questions nous mène à penser qu’il s’agit d’un moment opportun de leur vie pour mettre à l’épreuve les préjugés et stéréotypes sociaux. ont confronté leurs idées de façon respectueuse. Leur enthousiasme à aborder ces questions nous mène à penser qu’il s’agit d’un moment opportun de leur vie pour mettre à l’épreuve les préjugés et stéréotypes sociaux."

      "Un cours de citoyenneté serait plus utile à vos élèves."

      Plus utile? Peut-être autant ou moins aussi, je pense que ça dépends du contenue du cours et si on pouvait remettre en question les idées qui y seraient présentées.

  • Pierre Deschênes - Abonné 20 juin 2017 06 h 00

    Les âges précieux

    Il est des âges précieux où, de manière surprenante pour plusieurs, et pour moi le premier en tant que grand-père, la lumière et la lucidité imprègnent le discours et la pensée des enfants. De telles qualités rejaillissent sur nous et nous servent, ou devraient nous servir, de phares dans l'obscurité occasionnelle de nos propres cheminements.

  • Marc Tremblay - Abonné 20 juin 2017 07 h 46

    Abolir les différences sexuelles?

    Il s'agit d'une fausse bonne idée. Les garçons vont toujours préférer jouer avec des camions plutôt qu'avec des poupées alors que les filles vont détester les jeux violents.

    • Marc Therrien - Abonné 20 juin 2017 12 h 20

      Vers où cela mène-t-il?

      Comme pour beaucoup de changements visant à améliorer «le système», on peut certes se demander vers où cela nous mène-t-il ?

      Dans le pire des scénarios, en se rappelant cette définition de la volonté de puissance «Comme le dit Nietzsche, la volonté de puissance prend souvent la forme d’une volonté non pas de comprendre le monde, mais bien de changer le monde pour qu’il corresponde à notre compréhension». (réf : Devoir de Philo du 3 juin 2017 par Joëlle Basque, Nicolas Bencherki), on envisagerait une vision qui traduirait une volonté de changer le monde des différences entre les hommes et les femmes de telle sorte que 1+1 égale dorénavant 1 et on pourrait se demander ce que pourrait engendrer cette volonté de réduire en Un le Tout qui compose la vie humaine.

      Marc Therrien

    • Sylvain Auclair - Abonné 20 juin 2017 19 h 38

      Et puis après? Faut-il les forcer à aimer ce qu'ils devraient aimer?

  • Jacinthe DiGregorio - Abonnée 20 juin 2017 08 h 15

    Pleurer ou pas pleurer...

    On pourrait aussi affirmer l'inverse parfois. Affirmer qu'on a le droit de ne pas pleurer ou de ne pas jouer à des jeux violents...

  • Bernard Terreault - Abonné 20 juin 2017 08 h 16

    Anti-canadien?

    Toutes ces tentatives d'effacer les différences garçon-fille, outre qu'elles oublient les différences physiologiques réelles, même antérieures à la puberté, sont de plus contraires aux convictions profondes de nombre de communautés culturelles, y compris de certains chrétiens. Comme le Canada est le pays du multiculturalisme, cet endoctrinement antisexiste, pratiqué sur des enfants de huit ans, est anti-canadien! Plus sérieusement, ce cours inventé au Québec pour donner une job aux profs de religion autrement en chômage, est un ramassis de bons sentiments à la mode du jour dont mes fils se moquaient allègrement. C'est aux parents, pas à l'école, de transmettre des valeurs éthiques à leurs enfants.

    • Jean Breton - Abonné 20 juin 2017 11 h 09

      Bravo Monsieur Tétrault,

      A vous lire, je me suis rappelé un livre québécois qui avait fait grand bruit à l'époque : « Comment on abrutit nos enfants » de Solange Chalvin.

      Plus ça change, plus c'est pareil au pays du Québec... Louis Hémon avait donc raison.

      Par ailleurs, si on réussit au Québec à créer un nouvel être humain autant mâle que femelle, cela entraînerait la disparition des LGBT QS et nous priverait d'un certain discours victimaire féministe... Quelle tristesse, les médias vont manquer de sujets à traiter.