Le REM, une fausse bonne idée

J’ai mis un certain temps à me faire une tête au sujet du REM, mais à la lecture de plusieurs interventions — certaines en appui, certaines en opposition — il me semble aujourd’hui que nous nous acheminons vers un spectaculaire gâchis.

Alors que le transport en commun fait quasiment du surplace depuis quelques années à Montréal, nous allons mettre beaucoup de billes dans un panier troué ! L’incertitude au sujet de la tarification alors que nous savons que la Caisse de dépôt doit — et je n’ai rien contre — faire du profit avec cet investissement (sans parler des infrastructures existantes qui seront littéralement cédées à l’investisseur), le constat voulant que la plupart des usagers qui emprunteront ce train utilisent déjà le transport en commun (impact négligeable, donc, en matière de retrait d’automobiles) et le fait que le REM encouragera l’étalement urbain nous forcent à poser une question à nos dirigeants : comment un projet aussi étrange peut-il continuer à faire son chemin ? Tout cet argent englouti qui pourrait servir à des projets plus modestes et pourtant plus porteurs à tous les égards. Qu’est-ce qui est derrière tout ça : des ego surdimensionnés, des élus et des administrateurs qui n’utilisent pas le transport en commun, un manque de jugement et de capacité d’analyse ? Tout ça, ou pire ?

6 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 10 juin 2017 01 h 20

    Un autre fiasco pour faire plaisir au secteur privé!

    Vous avez raison, Monsieur Harvey. Le projet REM est une mauvaise idée conçue et propager par le secteur privé qui se salive à la perspective de faire des profits avec l'argent public des contribuables! Voici un autre éléphant blanc qu'on pourrait ajouter au fiasco du CHUM et de l'aéroport Mirabel!

  • Jacques Tremblay - Inscrit 10 juin 2017 07 h 32

    Une fausse bonne idée.

    C'est, je crois, le ministre Daoust au moment de la présentation du REM qui a fait une comparaison pour le moins enthousiaste de ce projet avec les investissements consacrés à la Baie James durant les années soixante et dix. Sauf que le projet de la Baie James était lui un projet d'initiative gouvernementale donc véritablement un choix de société. Le Parti Libéral a fait beaucoup de millage électoral là-dessus et il aurait été bien fou de s'en passer d'où l'enthousiasme des portes paroles du gouvernement face au projet de REM. Je crois cependant qu'après que les gouvernements ont vidé le plat fiscal du trésor public c'est un peu trop facile pour eux de plonger les deux bras dans le plat de bonbons de tous les retraités. Pourquoi personne au gouvernement n'a-t-il pas songé avant à un tel truc de financement? Ne serait-ce pas parce que cette manière de faire est à la limite de la moralité financière? On n'est pas si loin de l'élection clé en main : je te nomme à la tête de l'organisme et tu m'aides, avec l'argent des retraités, à créer un climat économique propice à ma réélection! Pour les " élites" c'est du gagnant-gagnant mais pour les autres ça semble être la recette parfaite pour des lendemains économiques désenchantés. Dans un monde normal qui devrait être l'initiateur de tels projets? Est-ce pour répondre à un choix de société que ce beau projet PPP ne dessert pas l'Est de la ville? La Caisse pourra-t-elle éventuellement vendre sa participation (qui comprend une large part de financement des différents paliers de gouvernements) à une autre institution privée? Les conditions qui lient la Caisse et le gouvernement sont-elles transférables à n'importe qui? L' enthousiasme du début de certains politiciens face à ce projet d'initiative privée continu encore de m'inquiéter démocratiquement. Il se pourrait bien que ce type de financement d'initiative privée soit finalement une très mauvaise bonne idée.
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc

  • Bernard Terreault - Abonné 10 juin 2017 09 h 24

    Si...

    S'il s'était arrêté au terminus Panama et à Laval; s'il avait un pendant dans l'Est; alors j'aimerais le REM car j'apprécie son côté moderne, son automatisation et, enfin, son lien avec l'aéroport.

  • Pierre Raymond - Abonné 10 juin 2017 13 h 01

    Compétence et autorité...

    Je ne reconnaitrai jamais de compétence ni d'autorité à la Caisse de Dépôt et Placement pour initier des projets d'infrastructure à quelque niveau que ce soit... et encore moins de lui conférer des droits d'expropriation.

    On demande à M. Sabia de gérer avec vigilence les biens que le peuple québécois lui confie un point c'est tout. Il devrait d'ailleurs s'inspirer de la feuille de route de son prédécesseur pour savoir quoi ne pas faire.

    Pas plus d'ailleurs que je ne reconnaitrai jamais de compétence ni d'autorité aux recteurs d'universités de faire de l'immobilier sur les terrains les plus chers de Montréal.

  • Jean Richard - Abonné 11 juin 2017 09 h 51

    Pensée électrique ou pensée magique ?

    Pour les gouvernements qui se sont succédés à Québec ces dernières années, il suffisait d'ajouter le mot « électrique » à n'importe quel projet farfelu et de laisser la pensée magique faire le reste. C'est ainsi qu'on a accordé de généreuses subventions à l'industrie automobile par acheteur de voitures à batteries interposés, et c'est ainsi qu'on tente d'imposer à la population ce réseau électrique (et plus ou moins réseau de transport collectif). Mettez-y le mot électrique et on fermera les yeux sur les G$ qu'on s'apprête à y engloutir.

    Au niveau environnemental, le REM et la voiture à batteries partagent ceci en commun : beaucoup de dollars dépensés pour très très peu de résultats. Ni l'un ni l'autre ne sont des solutions de mobilité urbaine et ni un ni l'autre n'aideront véritablement à diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

    Il faut en découdre avec la pensée magique électrique, qui ne sert qu'à tenter de nous faire avaler des grenouilles. Il est encore temps de suspendre ce projet douteux de train de banlieue, projet qui a échappé aux études environnementales, comme il est toujours temps de cesser de subventionner l'industrie automobile et d'utiliser à meilleur escient l'argent du fonds vert.

    • Jacques Tremblay - Inscrit 12 juin 2017 00 h 45

      Parfois il vaut mieux une mauvaise décision que pas de décision du tout quitte à la réajuster en cour de route. Donner une subvention aux acheteurs de véhicule électrique est au moins un pas dans la bonne direction, vers un espoir que les choses peuvent vraiment s'améliorer. Le succès mitigé de ce programme dépend en grande partie du peu d'offre sur le marché, de la force de vente des produits préexistants qui n'ont visiblement pas dit leurs derniers mots et le prix peu élevé du pétrole actuel. Lorsqu'on voit l'utilisation que font certains pays de leurs profits pétroliers on comprend pourquoi qu'il faut absolument massivement électrifier nos transports. Acheter oui ou non des produits pétroliers c'est finalement voter.
      Jacques Tremblay
      Sainte-Luce, Qc