Le métissage

Le texte de Mathieu Burelle paru dans Le Devoir du 29 mai sur le métissage ne nous apprend rien de neuf, car les Québécois dits de souche, c’est-à-dire les Canadiens d’autrefois, le pratiquent depuis leur arrivée en Amérique, d’abord avec les Amérindiens (Charlevoix, Histoire de la Nouvelle-France), puis avec les Britanniques après 1763 et, depuis la deuxième moitié du XIXe siècle surtout, avec les Américains. Ces contacts, au fil du temps, ont fait évoluer ou ont profondément modifié la manière de vivre, les habitudes, la mentalité, l’architecture, l’urbanisme, etc. Le métissage n’a rien à voir avec le « politiquement correct » ; il ne s’impose pas. Il découle plutôt d’un lent processus d’intériorisation, sauf peut-être pour les artistes.

De Gaulle aurait dit : « Est Français qui veut. » Il serait temps de dire : « Est Québécois qui veut. » Tout est question de sentiment d’appartenance. Fernand Dumont nous le rappelle dans Raisons communes. Les Québécois francophones ne peuvent quand même pas se renier eux-mêmes dans le but d’attirer les Nguyen, Benhabib, Diouf, Bastidas, Lopez, etc. A-t-on jamais vu une majorité accepter de se dissoudre culturellement et politiquement au profit de minorités ? Ce qu’ils doivent faire, c’est leur donner une place dans la société québécoise francophone de manière à ce qu’ils s’y sentent à l’aise et puissent s’y épanouir. C’était l’un des objectifs de la loi 101 ; l’aurait-on oublié ?

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.