Maxime Bernier ne nous a pas bernés

S’il n’avait pas dénoncé la gestion de l’offre, Maxime Bernier l’aurait probablement emporté sur Andrew Scheer à la chefferie du Parti conservateur du Canada. La campagne qu’ont menée les producteurs agricoles lui a coûté cher. Cela dit, bien que je déteste les idées libertariennes de Bernier, il faut avouer qu’il a été honnête. Un politicien retors n’aurait rien révélé de ses intentions sur la gestion de l’offre avant la course à la chefferie, lui l’a fait. Pour cela, je lui lève mon chapeau.

5 commentaires
  • Jacques Tremblay - Inscrit 29 mai 2017 09 h 33

    Même pas 3e

    La vérité c'est que si Maxime Bernier n'avait pas fait sien le discours démagogique portant sur le système de gestion de l'offre au Canada il ne serait même pas arrivé en troisième place! En effet le discours démagogique contre le système de gestion de l'offre dispose d'une oreille bienveillante et attentive auprès la droidroite canadienne où les faits alternatifs font office de vérité ce qui a attiré les projecteurs sur lui et qui a grandement contribué à sa cagnotte électorale malgré toutes les sottises qu'il a commises comme ministre du gouvernement Harper. Pour vous éclairer prenez le temps de lire l'article de Messieurs Daniel-Mercier Gouin et Maurice Doyon - Professeurs en agroéconomie à l’Université Laval : La gestion de l’offre des produits agricoles et les «faits alternatifs» publié aujourd'hui même dans notre journal : n'en déplaise à Maxime Bernier et la droidroite canadienne la réalité est loin d'être aussi simple.
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 29 mai 2017 13 h 05

      M. Tremblay,

      J'ai trouvé cette phrase dans un article de Guillaume St-Pierre, du Journal de Québec (web): «La forte mobilisation des agriculteurs du Québec pourrait d’ailleurs avoir coûté la victoire à M. Bernier, selon plusieurs observateurs.»

      Moi, j'ai écrit: «S’il n’avait pas dénoncé la gestion de l’offre, Maxime Bernier l’aurait probablement emporté sur Andrew Scheer à la chefferie du Parti conservateur du Canada.»

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 29 mai 2017 13 h 32

      Et aussi cet extrait d'un article de Marie Vastel, du «Devoir»:

      "L’échec de la gestion de l’offre

      «À la fin, c’est devenu un référendum sur la gestion de l’offre. Et Maxime a perdu son pari», résumait M. Gourde, à la suite de l’annonce des résultats samedi soir.

      «C’était une erreur. On lui a dit, à Maxime. Mais il l’a fait quand même», a argué le député Pierre Paul-Hus — qui appuyait Andrew Scheer.

      L’opposition était forte. La campagne Scheer a recruté des milliers d’agriculteurs au Québec et en Ontario, en leur promettant de sauver la gestion de l’offre. Et la tâche n’a pas été difficile. Même les deux beaux-frères de Jacques Gourde — qui sont fermiers — ont rejoint le parti pour voter Andrew Scheer.

      Le propre père de Maxime Bernier l’aurait lui aussi sommé de reculer, selon nos informations, incrédule de voir son fils de la Beauce s’attaquer au système de quotas qui régit la production des fermes laitières et de volaille."

      http://www.ledevoir.com/politique/canada/499871/la

    • Jacques Tremblay - Inscrit 29 mai 2017 22 h 42

      M. Leblanc vous avez raison. La mobilisation des agriculteurs a eu raison de Maxime Bernier et c'est tant mieux. Si ce n'était pas de l'écoute attentive et négative de la droidroite conservatrice canadienne concernant le système canadien de gestion de l'offre j'émets simplement l'hypothèse que Maxime Bernier ne serait même pas arrivé au troisième rang lors de cette course au leadership s'il n'avait pas pris cette position démagogique. Connaissant le fond de pensé de la droidroite de son parti tout en étant conscient de son propre bilan plutôt mitigé comme ministre du gouvernement Harper Maxime Bernier la joué le tout pour le tout et il a heureusement perdu.
      Jacques Tremblay
      Sainte-Luce, Qc

  • Bernard Dupuis - Abonné 29 mai 2017 12 h 10

    Maxime Bernier, le fédéraliste absurde

    Le fédéralisme et un sujet peu traité de nos jours, car depuis 1982 bien peu de gens peuvent dire ce que c’est exactement. Normalement, c’est un système politique regroupant un certain nombre d’États qui acceptent de partager leurs pouvoirs et une leur représentation avec un gouvernement central dit national. Ainsi chaque région peut élire des députés aux deux paliers de gouvernement. Normalement aussi, les députés élus au gouvernement fédéral vont à Ottawa pour faire valoir les intérêts de leur propre région en fonction des compétences de ce gouvernement. Toutefois, la « realpolitique » est bien loin de ce modèle.

    Ainsi, Maxime Bernier en est le plus récent exemple. Ce député se présente pour devenir un chef d'un parti fédéral en proposant des idées qui vont complètement à l’encontre des intérêts de ses commettants et même de sa propre province. S’il avait fallu que celui-ci soit élu, il se serait retrouvé dans une situation semblable à celle d’Elliot Trudeau et des députés du Québec à Ottawa en 1982 : des élus du gouvernement central incapables de défendre les intérêts de leur propre nation.

    Par conséquent, entre le fédéralisme réel et le fédéralisme théorique il existe un abime difficile à imaginer. Peut-être est-ce la principale raison pour laquelle plus personne ne parle du fédéralisme et n’ose s’identifier à un pareil système politique aberrant. C’est pourquoi que, du point de vue identitaire, il vaudrait mieux parler de nationalistes canadiens plutôt que de fédéralistes.

    Bernard Dupuis, 29/05/2017