Convergence et changement de culture

Notre mode de scrutin majoritaire fait en sorte que les partis travaillent à l’Assemblée nationale en opposition. Il en résulte bien souvent des conséquences graves pour le peuple.

Ainsi ce mode de scrutin qui, comme aux États-Unis, permet d’une main de construire Obamacare et de l’autre de le détruire avec moins de la majorité des votes. Au Canada, sans égard pour la partisanerie, qui permet sous le gouvernement Harper d’arriver à un certain équilibre budgétaire et sous celui de Trudeau de se retrouver en déficit sans planification de retour à l’équilibre. Et cela, avec 39 % des votes… au grand dam du peuple québécois qui souhaite à 70 % avoir des gouvernements qui représentent mieux la diversité des points de vue (CROP 2015). Peut-on faire autrement ? Oui, il y a des exemples de pays qui ont des systèmes de vote de type proportionnel, comme l’Allemagne où il en va autrement. En effet, avec l’arrivée au pouvoir en 1998 de la coalition rouge-verte dirigée par Schröder, ce gouvernement a réussi à conclure des ententes entre le gouvernement fédéral et les grandes entreprises de production d’électricité pour se désengager du nucléaire et des énergies fossiles. Cette politique qui a mis au défi la volonté des Allemands de pouvoir changer ces choses, lancée par le gouvernement Schröder, n’a pas été remise en cause par les différentes coalitions dirigées par la chancelière Angela Merkel. Cette conviction selon laquelle les énergies renouvelables doivent, à terme, fournir l’essentiel de l’énergie consommée dans le pays et, dans un premier temps, la majeure partie de l’électricité, constitue une idée phare de la politique énergétique allemande.

Je veux un renouvellement du mode de scrutin au Québec pour que nos élues et élus cherchent ensemble de manière créative le bien commun du peuple. Comme citoyenne, je ne veux plus être charriée par les idéologies partisanes de gouvernements qui dirigent avec une minorité de votes et me déstabilisent constamment.

Il nous faut modifier la culture d’affrontement en une culture de coalition et de convergence.

11 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 17 mai 2017 01 h 45

    Un gouvernement majoritaire avec 39 % des votes n'est pas une démocratie!

    Je suis tout à fait d'accord avec vous, Madame Bertrand. Il suffit de dire que tous les pays civilisés du monde ont un système de scrutin proportionnel, qui marche très bien avec de meilleurs résultats. Un gouvernement qui se déclare majoritaire avec 39 % des votes, n'est pas une démocratie et ne traduit pas la volonté des citoyens.

  • Jacques Patenaude - Abonné 17 mai 2017 08 h 16

    Pas certain

    Les partis politique qui sont favorables au scrutin proportionnel sont plutôt idéologique au Québec. Croire que le mode de scrutin proportionnel changerait la culture de ces partis ne me semble pas garanti. Le mode de scrutin actuel permet des gouvernements de coalition et actuellement ils ne démontrent qu'ils sont capable de s'entendre pour gouverner de cette façon même s'ils sont conscient du fait qu'ils accordent ainsi le pouvoir à un parti qui ne représente pas la majorité des électeurs. Ils devraient Commencer par le changement de culture ça nous aiderait à croire que le mode de scrutin proportionnel peut fonctionner au Québec.

  • Jean Lapointe - Abonné 17 mai 2017 08 h 18

    Vous vous illusionnez chère madame

    «Il nous faut modifier la culture d’affrontement en une culture de coalition et de convergence.» (Marie-Claude Bertand)

    Je crois que vous vous illusionnez chère madame.Vous rêvez.

    S'il y a des partis c'est parce qu'il y des façons différentes de voir les choses et il est normal qu'ils s'affrontent. C'est mieux qu'ils s'affrontent démocratiquement au lieu de se faire la guerre.

    Les affrontements sont même nécessaires parce qu'ils font évoluer les idées.

    Malgré toutes vos bonnes intentions il y a aura toujours des gens qui vont s'affronter. Il m'apparaît préférable que cela se fasse ouvertement plutôt qu'en secret.

    Ce serait alors encore pire je pense parce qu'une dictature risquerait de s'imposer.

    • Marie-Claude Bertrand - Abonnée 17 mai 2017 09 h 55

      Monsieur Lapointe, je ne m'illusionne pas. Le 7 décembre dernier, tous les partis d'oppositions du Québec ont signé une entente à l'Assemblée nationale pour modifier ce mode de scrutin sur la base de principes. Dans ce contexte, je pense qu'ils sont conscients du changement de culture que cela exigera d'eux d'autant plus qu'aucun de ces partis à l'heure actuelle ne peut espérer gagner le pouvoir. Le vote est divisé et il faut sur la base d'éléments de programme qui les rassemble bâtir ensemble. Maintenant, à nous les citoyens et citoyennes d'y croire et de l'exiger. Le mode de scrutin est une institution qui nous appartient et c’est ce que souhaitent 70% des Québécois.

    • Jean Lapointe - Abonné 17 mai 2017 12 h 11

      Comme ça c'est comme le Canada il faut y «croire»? Ce sont des choix que nous devons faire en toute connaissance de cause non pas parce que nous y croyons mais bien parce que nous pensons que ça pourrait être mieux si nous procédons autrement . Mais la preuve est à faire. Ce ne peut être une question de croyance mais une question de conviction. Ce n'est pas la même chose. Vous croyez peut-être en Dieu mais pas moi.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 17 mai 2017 08 h 46

    Le probleme

    est de contrer les citoyens qui voteront pour un parti destructeur,toxique et fossoyeur de nos institutions,notre langue,notre histoire et culture.
    Réveiller un peuple n'est pas une mince affaire.
    La convergence est nécessaire ainsi que changer le mode de scrutin.

  • Danielle Dufresne - Abonnée 17 mai 2017 08 h 55

    Je suis d'accord

    Encore faudrait-il que les Québécois aillent voter. Un de nos problèmes majeurs à tous les niveaux de gouvernement - du scolaire au fédéral - les votants sont rares. Je suis toujours surprise de constater à quel point les gens ne s'occupent pas de leurs affaires.
    Laisser la poltique au politiciens est, et a toujours été, une mauvaise idée. Il faut prendre en main notre destiné et le vote est une des manières de faire. Pensons à tous ces peuples qui se sont battus becs et ongles pour pouvoir choisir leur représentants. Nous, on se déplace à moins de 55 % pour choisir des personnes qui ensuite ne veulent plus rien savoir de nous et qui font souvent le contraire de ce qu'ils ont annoncé en campagne électorale. On a besoin de bien plus qu'un changement de système, mais ce serait sans doute un bon début. La dérive autoritaire est toujours très tentante pour un élu qui est laissé à lui-même et qui a, ainsi, trop de pouvoir.