REM, le bulldozer

À mon avis, il y a quelque chose d’antidémocratique dans le projet de loi 137, qui met un frein à toute contestation de la part des citoyens qui seront expropriés bon gré mal gré en raison de la construction du Réseau électrique métropolitain (REM). Une loi matraque qui s’apprête à exproprier plus de 200 propriétaires de résidences, d’entreprises ou de terrains.

Néanmoins, il fallait entendre les ministres Lessard et Coiteux qualifier le REM de « projet de société » et, plus encore, de « notre baie James de XXIe siècle ». Difficile de croire qu’un « projet de société » puisse faire fi des doléances des citoyens touchés par un tel projet bulldozer, des citoyens faisant partie de cette même société dont se vantent les ministres des Transports et de la Sécurité publique.

Le REM pourra probablement contribuer à décongestionner la circulation à Montréal. Toutefois, le gouvernement Couillard, fait preuve ici d’une attitude méprisante en clouant cavalièrement le bec aux citoyens touchés par un tel projet… Espérons qu’au moins ces propriétaires seront dédommagés comme il se doit pour une expropriation aussi irrespectueuse !

3 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 15 mai 2017 10 h 47

    REM comme remise en question

    « Le REM pourra probablement contribuer à décongestionner la circulation à Montréal.  »

    N'en soyez pas si sûr. Le REM n'est pas centré sur la mobilité urbaine. Il se veut plutôt un catalyseur pour les projets immobiliers. Le REM doit rapporter du fric, donner un rendement comme on préfère le dire. Or, les transports urbains ne rapportent rien en eux-mêmes.

    Le REM n'est rien d'autre qu'un hybride entre le métro et le train de banlieue. Mais il sera davantage un train de banlieue car le développement immobilier est plus facile à faire en banlieue qu'en ville. Le REM vise donc le développement suburbain, orienté vers l'automobile. Bien loin de diminuer la dépendance à l'automobile, il pourrait au contraire l'augmenter. Aussi, la congestion est là pour y rester.

    « qualifier le REM de « projet de société » et, plus encore, de « notre baie James de XXIe siècle »

    Et si c'était plutôt le Mirabel du XXIe siècle ? L'engouement parfois aveugle pour le train léger incite à croire que partout où on l'a mis sur des rails, ça a été le succès annoncé. La réalité est différente. Oui, il y a eu de nombreux projets de trains légers et de tramway qui ont été bénéfiques pour les villes où ils ont été mis en service, mais il y a aussi eu de nombreux échecs, en particulier dans des situations où on a voulu créer une offre de transport que la demande n'a pas suivi, et où on a ignoré la demande. Certains politiciens promoteurs de grands projets se sont cassé la gueule en allant de l'avant et en tentant d'inculquer aux gens cette pensée magique qui veut qu'une ligne de tramway suffise à réanimer un centre-ville. Il y a dans certaines villes européennes (et brexeuropéennes) des trains légers agonisant et même des cadavres de trains légers récents (dans le sud de l'Espagne par exemple).

    La folle hâte du gouvernement du Québec à aller de l'avant avec le REM ouvre la porte à l'improvisation – et à la suspicion.

    • J-Paul Thivierge - Abonné 15 mai 2017 17 h 50

      Le RÉM, c'est vol des actifs de l'AMT légalisés par le PLQ , ( plus de 1,5 G$ )
      incluant le monopole du tunnel du Mt Royal,
      qui obligera les passagers
      du train de Mascouche,
      du train de St Jérôme
      à changer de transporteur beau temps mauvais temps dans des voitures déjà bondés
      avant d'entrer dans le tunnel vers le centreville ou vers le Métro ligne Orange.

  • Pierre Raymond - Abonné 15 mai 2017 11 h 42

    De quoi je me mêle ?

    Au départ, je ne reconnais pas plus de compétence au Président de la caisse de dépôt et placement du Québec de se mêler de transport en commun qu'aux Recteurs d'université de se mêler d'immobilier.