Assumer sa responsabilité au sujet des inondations au Québec

La délivrance de permis de construire dans des zones inondables et des milieux humides est une pratique connue depuis longtemps. La vue imprenable, la résidence au bord de l’eau semblent désormais faire partie des droits inaliénables aux yeux de citoyens obnubilés par les propositions de promoteurs immobiliers.

Les villes, soucieuses d’augmenter leurs revenus de taxes foncières, accordent ces permis de construire sans se poser trop de questions à propos de leurs conséquences sur l’environnement. De son côté, le gouvernement du Québec hésite à prendre les mesures susceptibles de prévenir de tels désastres de peur, semble-t-il, de s’aliéner municipalités et citoyens.

Ce laxisme et cette impéritie font en sorte que des milliers de citoyens, que les compagnies d’assurance ne protègent pas contre les inondations, réclament aujourd’hui à grands cris l’aide de l’État. Il serait temps pour tout le monde d’assumer les responsabilités qui sont les leurs.

3 commentaires
  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 13 mai 2017 10 h 05

    La dérogation : maillon faible de la chaîne décisionnelle

    Il serait temps que les politiciens des domaines municipal et régional du Québec permettent à leurs inspecteurs municipaux en bâtiment et en environnement de jouer pleinement leur rôle qui est de faire respecter la réglementation.

    Beaucoup trop souvent, un citoyen qui veut outrepasser une réglementation qui l'empêche de réaliser son projet, fait une demande de dérogation auprès de l'autorité «compétente». Cette demande est présenté par l'inspecteur, accompagné de ses recommandations eu égard notamment aux règlements que cette demande de dérogation veut contourner

    Et c'est là que le politique entre en jeu. Les élus municipaux étudient le dossier et peuvent choisir d'accepter ou de refuser cette demande de dérogation.

    Ainsi, malgré que l'on vive dans une société hyper réglementée, l'arbitraire perdure par le biais de décisions politiques qui sont influencées par des lobbyings de tout acabit : individuel, corporatif, institutionnel.

    Il y a des changements urgents et nécessaires à effectuer dans ce type de cheminement décisionnel. Certains diraient qu'il faut mettre ses culottes.

  • Linda Dauphinais - Inscrit 14 mai 2017 10 h 18

    Et attendez voir... les contrecoups de la nouvelle loi 122

    à venir... Encore plus que jamais, il y aura dérogation et même pré-dérogation (i.e. si c'est un terrain sur le bord de l'eau et qu'une loi protège les arbres car ceux-ci sont essentiels pour sauvegarder le terrain en place, les personnes voulant passer outre, ont pu jusqu'à ce jour dans certaines municipalités, tout bonnement couper ces arbres et aller ensuite au bureau municipal de l'endroit pour demander un permis ou alors une dérogation... Comme quoi il est facile au Québec de faire de belles lois qui semblent nous protéger mais qu'il y a trop souvent des personnes qui contournent ces lois beaucoup trop facilement... et nous en payons tous la note (même si celle-ci n'est pas toujours monétaire)... Et que dire de la loi sur l'accès à l'information... c'est risible à en pleurer notre niveau de démocratie actuellement... c'est plutôt de la démocrasserie...(Surprise de ce mot qui me semble révélateur et qui m'est venue à l'idée, je fais vite une recherche sur le Net et j'y trouve une Ode à la démocrasserie de Raymond Gauthier, Iles de la Madeleine... https://replique.rvhq.ca/ode-a-la-democrasserie/

  • André Labelle - Abonné 14 mai 2017 19 h 15

    FACILE À DIRE !

    Il y a plein d'esprits simples prêts à jeter la pierre sans se poser plus de question. Toutes sortes de circonstances peuvent expliquer habiter une maison à proximité d'une rivière susceptible de déborder.
    Certains résidents habitent une maison depuis plus de 50 ans et aujourd'hui subissent les effets d'une inondation. Ces citoyens ont certainement droit à autre chose que des reproches.
    Par contre certains spéculateurs ont profité au maximum de la proximité de cours d'eau pour faire une piastre très rapidement avec l'accord, voire même grâce à l'incurie des autorités municipales concernées.