L’eau des Premières Nations

Monsieur le Premier Ministre,

Je m’adresse à vous aujourd’hui au nom des miens, de mon peuple. Je ne parle pas seulement des Anishinaabe, mais plutôt de toutes les Premières Nations de notre pays. Compte tenu du fait que la Loi sur les Indiens est toujours en vigueur à l’heure où je vous écris, je me présente en tant que numéro 1573 du groupe de registre du Conseil de la Première Nation Abitibiwini. La présente consiste à dénoncer votre responsabilité et votre implication dans le viol d’un droit fondamental : l’accès à l’eau potable. N’ayons pas peur des mots, Monsieur le Premier Ministre : nous vivons sur une terre où le génocide des Premières Nations, de notre peuple, est toujours actif en 2017.

Neuf pays se partagent la ressource en eau douce à travers le monde et le Canada est l’un d’entre eux. Comment expliquer et justifier que, le 31 août 2016, 132 avis concernant la qualité de l’eau potable étaient en vigueur dans 89 communautés autochtones et que, selon Santé Canada, 39 de ces avis perdurent depuis plus de dix ans ? Selon un rapport d’Amnistie internationale présenté à l’ONU, environ 20 000 personnes vivant dans les réserves autochtones au Canada n’ont pas accès à l’eau courante ou à un service d’égout. Dans certains pays, les problèmes d’accès à l’eau ne sont pas toujours liés à l’absence de ressources en eau, mais aussi à un manque de moyens financiers et/ou à une absence d’organisation pour distribuer, entreposer et rendre potable l’eau aux diverses populations. Alors, comment légitimez-vous et motivez-vous le fait que le gouvernement ait les moyens de dépenser 80,9 millions de dollars pendant les cinq prochaines années notamment pour chercher de l’eau sur la planète Mars ? Il est bien que le Canada ouvre ses portes au tiers-monde, mais actuellement, le tiers-monde est une triste réalité dans notre propre pays.

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3 commentaires
  • Armand Morissette - Inscrit 4 mai 2017 09 h 52

    Obscur médecin

    L'augmentation de l'espérance de vie et la diminution de la mortalité infantile ont été très liés à l'accès à l'eau potable. Ce gouvernement a octroyé 56,7 millions à une entreprise pétrolière et autorisé quelques forages exploratoires par fracturation hydraulique, résultant en une contamination de 30 millions de litres d'eau pure de la rivière Anticosti. La santé et le bien-être des Québécois est trés loin dans ses priorités. Dire que ce PM adore dénoncer l'obscurantisme.

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 5 mai 2017 03 h 48

    Les premières nations et les caribous

    Les premières nations et les caribous subissent le même sort : on détruit l'environnementavec lequel ils ont cohabiter en harmonie pendant des millénaires. L'ironie est que ce faisant, nous nous détruisons aussi et nous vouons à un avenir englués dans le goudron, car nous avons aussi besoin de cet environnement pour vivre. Je ressens la souffrance des premières nations et des caribous, car c'est à nous-mêmes que nous faisons du mal en les malttaitant.

  • Loyola Leroux - Abonné 5 mai 2017 11 h 07

    Mais qui empêche les membres des Premières Nations d’améliorer leur sort ?

    Aucune loi, ni personne n'oblige les indiens à demeurer dans une réserve. Ils peuvent en sortir pour travailler et permettre à leurs enfants de fréquenter de meilleures écoles, avoir accès a de meilleurs soins de santé, etc. Ce n'est pas l'Apartheid de l’Afrique du Sud qui, jusqu’en 1990, interdisait par la loi aux noirs de sortir de leur territoire, les townships.
    Seuls les chefs et leur famille et les grands bureaux d’avocats profitent de la situation, des milliards de dollars dépensés par les gouvernement et les nombreux organismes gouvernementaux comme Hydro-Québec, etc. C’est pour défendre leurs privilèges que des intellectuels comme les anthropologues et autres ont inventé une langage spécial et des concepts difficiles a définir comme : ‘’Premières Nations.’’ Qui sont les 2e, 3e, etc. Nations ? Pourquoi les Iroquois du Québec se nomment ‘’Première Nation’’ et que leurs membres de la même tribu de l’État de New-York, se définissent comme ‘’Indians Tribe’’ ? Le concept de droits ancestraux sur des territoires semble bien étrange dans une culture nomade qui ne connaissait pas la propriété privée. Le référence a la culture ancestrale pour interdire a une petite fille de recevoir des traitements de chimiothérapie pour guérir son cancer, comme cela a été permis par un juge de l’Ontario sonne étrangement a nos yeux de modernes. L’usage du mot autochtone, un mot grec, pour définir les 650 tribus indiennes du Canada semble bizarre, etc.