Pourquoi nous avons signé pour Omar Khadr

Un enfant est emprisonné par l’armée américaine dans le terrifiant camp de Guantánamo Bay. On l’y maintient pendant dix ans. Il y est torturé au point d’en conserver, encore aujourd’hui, de graves séquelles physiques. Il sera le dernier prisonnier occidental à Guantánamo, car son pays refuse de le rapatrier. Quand, enfin, il quitte Guantánamo, son pays le met en prison pour trois autres années. Cet enfant, maintenant âgé de 30 ans, se nomme Omar Khadr. Il est Torontois.

Il est permis de croire à un véritable acharnement contre ce jeune homme, qualifié de détenu exemplaire par l’ancien enquêteur correctionnel du Canada Howard Sapers. On a délibérément voulu l’oublier, en faire un exemple de la rhétorique vengeresse qui caractérisait le précédent gouvernement canadien.

Omar Khadr est sorti de prison en 2015. Pendant 13 longues années, il a été privé de ses droits les plus fondamentaux comme l’ont statué, entre autres, la Cour suprême des États-Unis, la Cour suprême du Canada, Lawyer’s Rights Watch Canada, Amnistie internationale et la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles.

Il est malheureusement impossible de réécrire la triste histoire d’Omar Khadr. En revanche, on doit impérativement demander au gouvernement canadien d’y mettre un terme une fois pour toutes.

Dans un discours célébrant les 35 ans de la Charte canadienne des droits et libertés, Justin Trudeau insistait la semaine dernière pour « rappeler aux Canadiens que nous n’avons pas plus grand devoir que celui de veiller aux libertés des uns et des autres ».

Justement, Monsieur Trudeau. C’est pour ça que nous avons signé la pétition pour Omar Khadr.

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4 commentaires
  • Pierre Raymond - Abonné 28 avril 2017 10 h 26

    Et je signe aussi.

    Cette histoire est une honte et il est temps que nous en connaissions tous les aspects et qu'il y ait réparation.

    Alors ceux qui savent, à vos plumes car il est grandement temps qu'on connaisse tous les faits et tous les acteurs de cette tragédie.

    • André Joyal - Inscrit 28 avril 2017 11 h 42

      Alors M. Raymond, allez sur: pouromarkadhr.com

  • Cyril Dionne - Abonné 28 avril 2017 13 h 38

    Une famille axée sur le terrorisme

    Ce sera toujours une honte pour ceux qui ont participé de plein gré à l’emprisonnement d’un enfant-soldat. Je suis d’accord qu’on doit connaître tous les faits. C’est seulement là qu’on peut comprendre l’hésitation des gouvernements.

    Le père d’Omar Khadr, a été le financier d’Al-Qaïda et d’Oussama ben Laden. Ahmed Khadr avait été emprisonné par les autorités pakistanaises et libéré par l’intervention de Jean Chrétien. Celui-ci avait été tué lors d’une escarmouche entre les Américains, Al-Qaïda et les Talibans.

    Sa mère, Maha el-Samnah, une Palestinienne, elle aussi a trempé dans les affaires de son mari. Lors d’une entrevue avec « The Fifth Estate », elle dénonçait le mode de vie des Canadiens disant que celui-ci était perverti. En aucun temps, elle a dénoncé les attaques terroristes disant notamment aux gens de « Frontline » (PBS), que les victimes des attentats terroristes n’étaient que des dommages collatéraux. C’était le même discours pour la sœur d’Omar, Zaynab, qui est maintenant dans une prison en Turquie.

    Ses frères, Abdullah, Abdurahman et Abdulkareem, ont tous trempé de près et de loin avec Al-Qaïda et le terrorisme de leur père.

    Si nous nous devons de veiller aux libertés des uns et des autres, chères signataires de cette lettre, que faites-vous des 29 000 enfants de moins de cinq ans qui meurent tous les jours, principalement de causes évitables selon UNICEF ?

    • André Joyal - Inscrit 28 avril 2017 16 h 54

      Brigite Bardot, à ceux qui lui reprochaient de défendre les animaux au lieu de se porter au secours des 29 000 enfants qui meurent tous les jours, répondait : «Vous, que faites-vous pour eux?»

      Comme c'est le temps des impôts peut-être que votre comptable, lui, le sait ce que vous faites pour eux.

      En fait, l'un n'empêche pas l'autre.Que savez-vous des signataires de cette lettre M. Dionne?