«Canada: The Story Without THEM»

Au-delà de la polémique entourant la sortie de la série Canada : The Story of US, une évidence nous saute aux yeux, celle de l’imposition d’une vision historique de la majorité anglophone sur celle d’une minorité francophone. D’ailleurs, les concepteurs de la série ne le démentent pas, puisqu’ils affirment s’adresser avant tout aux Canadiens anglais dans le but de « tisser des liens » auprès de cette communauté.

En se montrant si peu inclusive auprès des francophones, la série présentée à CBC reflète une certaine vision du « ROC » pour qui l’histoire du Canada débute en 1867 autour d’une fédération centralisée majoritairement anglophone. Ce faisant, cette approche minimise le rôle joué par les Français devenus Canadiens et banalise l’apport amérindien si essentiel à l’avènement de cette nouvelle société en Amérique du Nord. D’ailleurs, les efforts pour contrecarrer les droits des francophones en Ontario, des Acadiens au Nouveau-Brunswick et des Métis de Louis Riel, ont donné le ton à cet effacement progressif du fait français au Canada, reléguant ces communautés dans une position folklorique de survie.

Presque seul, le Québec a dû défendre la langue française face à l’envahissement de l’anglais. En votant la loi 101 et en mettant en place des mesures énergiques pour assurer la place des Québécois dans une économie dominée par les Anglais et les Américains.

Minoritaire en Amérique du Nord, le Québec a tenté de s’affirmer comme une majorité à l’intérieur de ses frontières provinciales. Certains ont même tenté de projeter le Québec au sein des nations en proposant un projet d’indépendance politique. Ces affirmations d’une majorité francophone québécoise au Canada ne rejoignent pas les visées idéalistes des Canadiens anglais, pour qui le pays doit se cimenter autour des valeurs de la majorité.

C’est cette approche que les concepteurs de la série de la CBC ont tenté de mettre en avant. Ils auraient dû l’intituler : Canada : The Story without THEM.