Le lab-école: un mépris de la profession d’enseignant

Notre sympathique ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a décidé d’investir dans les travaux de trois vedettes, elles aussi fort bien intentionnées, qui offrent leurs services pour repenser nos écoles et en faire des milieux modernes et stimulants de réussite scolaire. Ces vedettes du monde culinaire, sportif et architectural ont présenté leur participation particulière à ce projet à l’émission 24/60 du lundi 3 avril. Pierre Thibault, architecte, se chargera de l’environnement physique de l’école moderne et des meilleures stratégies pour construire des écoles. Pierre Lavoie, de l’éducation physique des élèves, et Ricardo Larrivée, de leur alimentation à la cafétéria des écoles. Toutes ces intentions, certes louables, sont néanmoins étrangères aux conditions favorables au développement du désir de connaître, au fondement de l’apprentissage et de la réussite scolaire. C’est comme si on croyait que la réussite de la relation amoureuse d’un couple dépend de la beauté de leur appartement, de l’apparence physique des partenaires et de la qualité de leur alimentation. Cette façon de procéder s’inscrit dans le paradigme habituel et suranné du ministère de l’Éducation, qui croit que, pour parler sainement de l’éducation des élèves, il vaut mieux s’en remettre à ceux qui y sont étrangers. Le ministre de l’Éducation serait beaucoup mieux avisé de confier la réflexion aux praticiens qui s’acharnent sur le terrain avec l’insuffisance des moyens que son gouvernement leur alloue.

À voir en vidéo