Le lab-école: un mépris de la profession d’enseignant

Notre sympathique ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a décidé d’investir dans les travaux de trois vedettes, elles aussi fort bien intentionnées, qui offrent leurs services pour repenser nos écoles et en faire des milieux modernes et stimulants de réussite scolaire. Ces vedettes du monde culinaire, sportif et architectural ont présenté leur participation particulière à ce projet à l’émission 24/60 du lundi 3 avril. Pierre Thibault, architecte, se chargera de l’environnement physique de l’école moderne et des meilleures stratégies pour construire des écoles. Pierre Lavoie, de l’éducation physique des élèves, et Ricardo Larrivée, de leur alimentation à la cafétéria des écoles. Toutes ces intentions, certes louables, sont néanmoins étrangères aux conditions favorables au développement du désir de connaître, au fondement de l’apprentissage et de la réussite scolaire. C’est comme si on croyait que la réussite de la relation amoureuse d’un couple dépend de la beauté de leur appartement, de l’apparence physique des partenaires et de la qualité de leur alimentation. Cette façon de procéder s’inscrit dans le paradigme habituel et suranné du ministère de l’Éducation, qui croit que, pour parler sainement de l’éducation des élèves, il vaut mieux s’en remettre à ceux qui y sont étrangers. Le ministre de l’Éducation serait beaucoup mieux avisé de confier la réflexion aux praticiens qui s’acharnent sur le terrain avec l’insuffisance des moyens que son gouvernement leur alloue.

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3 commentaires
  • Anne-Marie Cornellier - Abonnée 5 avril 2017 07 h 03

    Des pros SVP

    Je suis totalement d'accord avec vous. J'aurais davantage confiance aux enseignants qui sont les professionnels de l'éducation ,qu'à des vedettes qui n'y connaissent rien.

  • Murielle Tétreault - Abonnée 5 avril 2017 09 h 19

    Et si un garagiste disait à Ricardo comment...?

    Si le ministre avait demandé à chaque enseignant de lui faire parvenir une suggestion, une seule par instituteur, directeur d'école, secrétaire d'école,pedo-psychologue, il aurait eu suffisamment d'idée pour travailler et améliorer les écoles pour plusieurs années. Idées sûrement plus ancrée dans réalité des enfants que celles fournies par des vedettes .Que dirait Ricardo, si un le meilleur mécanicien du Québec venait lui dire comment réaliser ses émissions et ses magazines?

  • Monique Bisson - Abonné 5 avril 2017 10 h 31

    Plus ridicule que ça...

    M. Lévesque, votre illustration, par le ridicule, de cette prise en charge de l'école, d'aujourd'hui et de demain, par de vaillantes vedettes de la scène médiatique québécoise est on ne peut plus exacte et révélatrice de la conception de l'éducation du ministre de l'Éducation : le paraître avant l'être.

    Pour l'avenir intellectuel de nos petites et petits, nous devons poursuivre cette dénonciation du manque de culture éducative du ministre et de quelques bonzes du ministère de l'Éducation.

    Monique Bisson, Gatineau