Je revendique le droit de dire…

Je revendique le droit de dire que l’attentat de la mosquée de Québec est un drame horrible et que je regrette qu’un jeune Québécois ait sombré dans un tel abîme de violence.

Je revendique le droit de dire que ceux qui commettent des gestes violents ou profèrent des paroles violentes envers mes compatriotes musulmans ou d’autres religions sont des cons. Je revendique le droit de dire que tout le monde a le droit de pratiquer sa religion comme il l’entend, dans le respect des autres.

Je revendique le droit de dire que la réaction de certains compatriotes face aux immigrants me fait honte.

Mais je revendique aussi le droit de dire que le multiculturalisme ne me plaît pas parce qu’il signifie une disparition plus rapide de ma langue et de ma culture, sans être accusé de racisme systémique.

Je revendique le droit de dire que la vision d’une entrée pour les femmes et une pour les hommes à la grande mosquée de Québec me met mal à l’aise, comme si on remplaçait « femme » ou « homme » par « Noir » ou « Blanc », sans être accusé d’islamophobie. Je revendique le droit de dire que la vue d’un hidjab, d’un tchador, d’un burkini et encore plus d’un niqab me met mal à l’aise compte tenu du symbole qu’ils représentent, sans être accusé de repli sur soi. Je revendique le droit de dire que nous nous sommes affranchis depuis 50 ans d’une religion oppressive et étouffante et que le retour à des principes religieux qui maintiennent la femme dans une situation inférieure m’horripile, sans être accusé d’étroitesse d’esprit.

Je revendique le droit de dire que toute religion qui considère encore l’homosexualité comme une dépravation et un péché est inacceptable, sans être accusé d’attiser les braises de la haine.

Je revendique le droit de dire que les nouveaux venus d’autres pays sont les bienvenus chez moi, mais que je m’attends à ce qu’ils adoptent les règles de la vie en société que nous nous sommes laborieusement données, sans être accusé d’intolérance.

Je revendique le droit de dire, de discuter, de débattre, d’argumenter, sans être cloué au pilori de l’intransigeance.

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29 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 3 avril 2017 00 h 39

    Le prosélytisme public n'est pas acceptable.

    Le problème avec l'Islam salafiste politique est son ingérence dans la sphère publique et l'amalgame entre la religion et l'état. Par exemple, à Toronto, quelques Commissions scolaires ont décidé de réserver des espaces pour les prières de vendredi, dans les écoles publiques. Le port du voile ou du hijab est l'étendard de l'islam politique.
    Après qu'on a sorti les religieux de nos écoles publiques et voici que par le biais des accommodements, on nous les impose, de nouveau, aux seines de nos institutions publiques. Il faudrait que les intégristes comprennent qu'au Québec notre société est laïque et l'on voudrait qu'elle la demeure! Le prosélytisme public n'est pas acceptable. Les prières doivent se faire dans un lieu de culte ou chez soi en privé.

    • Bernard Terreault - Abonné 3 avril 2017 08 h 28

      Vous parlez des espaces réservés à la prière musulmane à Toronto, mais cela est cohérent avec la politique scolaire de cette province, où il existe à côté du réseau publique ordinaire tout un réseau d'écoles à la fois publiques (financées à 100% par la province) et catholiques.

    • Marc Therrien - Abonné 3 avril 2017 20 h 16

      "Le prosélytisme dans l'espace public n'est pas acceptable".

      Et pourquoi donc, mais surtout pour qui donc?

      Quand on a foi en quelque chose de plus grand que soi qui nous a été révélé, n'est-il pas absolument humain de vouloir répandre la bonne nouvelle afin d'agrandir le nombre d'adeptes avec qui il fera bon se rassembler pour se sentir moins seul?

      Quand on a foi en sa bonne étoile et en ses propres moyens, il est facile de dire non à une proposition qui ne nous convient pas, mais il est encore plus plaisant de s'intéresser à l'autre et à sa foi pour la questionner tout en sachant que nous ne changerons pas d'idée malgré cette apparente ouverture à en savoir plus.

      Quand j'étais étudiant, mon plaisir était de faire entrer et de recevoir les témoins de Jéhovah qui sonnaient à ma porte plutôt de les rejeter comme il leur arrivait souvent. Ensuite, après quelques bonnes objections et questions bien formulées, mon plaisir était grand de les voir vouloir quitter par eux-mêmes ma demeure alors que je les invitais à rester parce qu'il restait encore 1 ou 2 questions à discuter. Plus tard, j'ai appris que cette attitude relevait tout simplement du judo: accueillir et aller dans le sens du mouvement et de la force pour déstabiliser plutôt que de les maintenir en place en y résistant par une force contraire.

      Je dois avouer cependant qu'il m'était plus difficile de réussir ce truc avec les vendeurs de balayeuses qui me semblaient plus persévérants.

      Marc Therrien

  • Jacques Tremblay - Inscrit 3 avril 2017 01 h 39

    Ce texte est comme un manifeste des valeurs de libertés véhiculées depuis le siècle des Lumières. Ça me rappelle aussi le manifeste des années quarante Le refus global qui lui aussi refusait tout l'obscurantisme et la sclérosité de la société québécoise du moment. Ce texte revendiqué le droit de dire ce qui heurte nos valeurs de citoyens sans l'oppression et la dictature des mots amalgames comme l'expression " islamophobie" que les islamistes radicaux militants nous imposent pour nous faire taire collectivement aussitôt qu'on se pose des questions sur les valeurs véhiculées par cette religion. La religion des uns ne doit plus jamais au Québec devenir la loi de tous et de toutes car depuis belle lurette les blasphémateurs ne sont plus emprisonnés au Québec. Pour certains religieux extrémistes la moindre opposition est un blasphème.
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc

  • Gisèle Filion - Inscrite 3 avril 2017 07 h 38

    Ségrégation des sexes dans la rue

    Je suis d'accord avec vous. Particulèrement pour les entrées séparées pour les

    hommes et les femmes à la mosquée de Québec. Oui, imaginons si c'était pour les

    Blancs et les Noirs ... Tous les arguments valables pour condamner une telle

    ségrégation, ne valent-ils pas autant, quand il s'agit de l'égalité homme/Femme ?

    puisque le fait de naître Homme ou femme, Blanc ou Noir ne relève pas d'un choix

    personnel.

    Mais qui donc permet que l'on fasse ce pied de nez à l'égalité Homme/Femme au

    Québec en 2017 ?

    Que la ségrégation des sexes ait lieu à l'intérieur de la mosquée, je n'ai pas de

    problème avec ça, même si je ne suis pas d'accord. Mais que la ségrégation des

    sexes s'affiche sur la rue, avec l'approbation des autorités, je trouve ça choquant.

    Je ne crois pas que ce soit le modèle de société qui ait cours ici. Et depuis belle

    lurette.

  • Cyril Dionne - Abonné 3 avril 2017 07 h 40

    D'accord avec vous

    Je revendique le droit de vous dire que je suis d'accord avec vous. Je revendique aussi le droit de dire que les valeurs québécoises qui sont incontournables sont la liberté de conscience tout comme la liberté d'expression, l'égalité de tous incluant les femmes et les minorités à part entière et le mur jeffersonien qui doit exister entre l'État et les différentes confessions. Je revendique le droit de dire que mon pays est laïc.

    Mais surtout, je revendique le droit de critiquer les idéologies politico-religieuses dans une société libre. Je revendique le droit de contester toute forme de censure. Je revendique le droit de ne jamais accepter la notion du blasphème en ce qui concerne les amis imaginaires, magiques et extraterrestres.

  • Raynald Rouette - Abonné 3 avril 2017 07 h 46

    Parfaitement d'accord avec vous


    Pourquoi devrions-nous accepter qu'au Québec une religion prosélyte émergente comme l'islam, pratique ouvertement une certaine forme d'apartheid (voir la non intégration à la société d'accueil) ainsi que la ségrégation envers les femmes (discrimination) avec la bénédiction de nos gouvernements?