Une erreur de jugement

Nous sommes sidérés comme la plupart des Québécois par l’exercice décousu de Quebec bashing qui vient de paraître dans le magazine Maclean’s, d’autant plus que l’auteur, Andrew Potter, occupe un poste au sein de notre université. Quel dommage que M. Potter n’ait pas choisi de consulter ses collègues avant de publier un article si mal fondé et si confus.

L’université McGill possède une longue tradition de recherche sur le Québec. Nous sommes nombreux à nous consacrer à la recherche et la réflexion sur la société québécoise, son histoire, sa littérature, ses traditions politiques et artistiques. C’est cette recherche, patiente et sérieuse, que nous transmettons à nos étudiantes et étudiants dans nos cours.

Citons quelques exemples : Céline Le Bourdais, sociologue reconnue pour ses recherches sur la famille, le mariage et la population ; Éric Bélanger, politicologue et auteur, entre autres ouvrages, du Comportement électoral des Québécois ; Erin Hurley, dont les travaux sur l’histoire du théâtre au Québec lui ont mérité plusieurs prix ; Michel Biron, grand spécialiste de la littérature québécoise.

En ce qui concerne notre propre domaine de recherche, l’histoire, McGill s’est distingué depuis l’époque de la regrettée Louise Dechêne comme un centre majeur de l’histoire du Québec. Maintenant, nous sommes une demi-douzaine de professeurs consacrant une part importante de leur recherche à l’histoire du Québec et de la Nouvelle-France, ainsi qu’une bonne douzaine de doctorants.

Malgré l’erreur de jugement de l’un de nos collègues, l’Université McGill a à coeur l’étude de la réalité québécoise, une réalité complexe qui exige des recherches attentionnées et sérieuses.

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13 commentaires
  • Jacques Lamarche - Abonné 24 mars 2017 04 h 32

    La séparation des pouvoirs du coeur et de la raison!

    Cet autre déplorable épisode du ¨Québec bashing¨, plus québécois celui-là, montre que le jugement est plus près des sentiments que de l'intelligence et de la science. Or ceux de M. Potter, qui connaît le Québec comme un savant, étaient tout imprégnés de clichés dégradants sur notre société, lesquels librement peuvent circuler même dans les universités.

    Pour quiconque est bien malaisé le combat contre les préjugés, surtout ceux qui ont l'appui tacite des hautes autorités!! Que Justin hausse le ton, qu'il montre que nous enrichissons la confédération, alors en serait changée notre réputation! Mais ... !

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 24 mars 2017 18 h 15

      Impossible,il ne peut qu'etre d'accord avec Potter et son pere.

  • Hélèyne D'Aigle - Inscrite 24 mars 2017 04 h 55

    Grand Merci, Catherine Desbarats et Allan Greer !


    Votre ´bilan ´ de mise en perspective est beaucoup apprécié !

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 24 mars 2017 18 h 18

      Disons donc que j'ai de la difficulté a les croire.

  • Serge Picard - Abonné 24 mars 2017 08 h 28

    l’Institut d’études canadiennes de l’Université McGill

    l’Institut d’études canadiennes de l’Université McGill devrait faire une étude sérieuse sur la Québécophobie du Canada raciste envers le Québec depuis le début de la confédération.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 24 mars 2017 13 h 53

      Excellente suggestion!

    • Marc Therrien - Abonné 24 mars 2017 17 h 46

      Est-ce parce qu'on aime faire peur au ROC avec la menace de l'indépendance qu'on reste dans notre statu quo? On a menacé deux fois de s'en aller, mais on a décidé de rester. Il semble que nous ne soyons pas encore assez fatigués de ce "bashing" pour finalement se révolter et sacrer son camp. Qu'est-ce qui fait qu'on reste, quelle forme d'attachement nous retient?

      Marc Therrien

  • Jean-François Trottier - Abonné 24 mars 2017 09 h 36

    La majorité

    Voilà une fois de plus la démonstration que la seule majorité au Québec est anglophone.

    Il existe une majorité de gens across Canada qui sont en accord avec la publication de Maclean’s, parce qu'ils ont les yeux et les oreilles rabâchées de ce bashing, disons-le, de ce sourd racisme.
    Ceci provient évidemment du rayonnement de la culture dominante ici, qui n'est clairement pas francophone. Besoin d'un dessin avec ça ?

    Or, la majorité ici se croit une minorité, au point de voter du même bord depuis toujours et dans toutes les élections, Québec ou Ottawa. Depuis 30 ans cette fausse image de minorité se double d'un sentiment de persécution. Faut le faire pour une majorité. Un peu plus, on parle de Angry White Speaking!

    Faudrait pas croire que le vote rouge anglo vient de la peur de l'indépendance. Il n'y avait pas d'indépendance au programme avant 1960, et pourtant...

    Cette majorité a toujours vécu avec le mythe qu'elle a "civilisé" le Québec, et donc que les Québécois sont des barbares. Pourtant, les lois sur les réserves... les mesures de guerre... La barbarie n'est pas là où l'on croit.

    Puisque le mythe de civilisateur a foutu le camp, reste celui des barbares...

    Et on en arrive à ce paradoxe : la majorité anglophone a un grave problème d'identité, pire, un trouble de personnalité narcissique profond, et via des moyens médiatiques disproportionnés elle arrive à accuser la minorité francophone de ses propres problèmes, par projection, et cette image est reprise à la grandeur de l'Amérique par les confrères médias d'ailleurs, Maclean’s ou autres. Diagnostic qui éclaire pas mal toute la vie politique du Québec depuis des générations.

    Rien de nouveau, ça arrive dans les meilleurs familles. Mais moi, je sais pas pourquoi, je prends pour les plus faibles.

    Malheureux. Pris individuellement, chaque anglo-Québécoi pent être intéressant, riche de cultures en tout genre.
    Et pourtant l'ensemble n'a pas 12 ans d'âge mental! Un vrai boulet social.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 25 mars 2017 17 h 41

      @JFT le paradoxe que vous décrivez ...fait en plein dans le mille.

  • Robert Aird - Abonné 24 mars 2017 09 h 40

    Vous faites bien de le rappeler. J'ajouterais que McGill demeure l'une des rares à faire encore l'histoire politique au Québec, pratiquement abandonnée dans les universités francophones, comme si faire de l'histoire politique équivalait à militer pour l'indépendance du Québec! Ces dernières ignorent aussi l'histoire du Qc avant 1867 et laissent l'étude de la Nouvelle-France aux anglophones. On l'a vu avec l'histoire de Champlain, bio écrite par un Américain et série télé produite par la télévision ontarienne. Mais je m'explique toujours mal comment Potter pouvait diriger le département des études canadiennes...

    • Pierre Robineault - Abonné 24 mars 2017 12 h 01

      En effet, mais je crois que le commentaire de monsieur Picard reste tout de même pertinent, ne trouvez-vous pas?