Cruci-fiction patrimoniale

En quoi la représentation de Jésus, cloué sur une croix par les Romains il y a plus de 2000 ans, quelque part au sud de la Méditerranée, est-elle un objet patrimonial proprement québécois ?

On pourrait peut-être le suggérer comme faisant partie du patrimoine mondial, au même titre que la statue du Bouddha ou le symbole taoïste du Yin-Yang. Mais pourquoi s’approprier le crucifix pour meubler notre patrimoine ?

Sommes-nous incapables de nous identifier et de nous reconnaître dans des symboles propres à notre terroir géographique, historique et socioculturel ?

Quelque part, je trouve que l’identification à ce symbole de mort et de sacrifice de soi illustre clairement le chemin (de croix ?) qu’il nous reste à parcourir avant d’aboutir à notre naissance comme peuple digne et responsable.

Avant de ressusciter de la mort, il faut avoir vécu. Qu’est-ce qu’on attend, comme peuple, pour risquer notre vie vers la lumière ?

À « pogner le fixe » sur notre passé religieux, on fait dans la procrastination. Au lieu de passer à l’incarnation d’une vision inspirante de notre avenir, on stagne.

6 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 8 mars 2017 10 h 32

    Le christianisme vivant!


    Le christianisme fait partie du patrimoine de tout l'Occident. Un patrimoine toujours vivant. Un peuple qui ignore ce fait ne peut avoir d'avenir.

    Michel Lebel

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 8 mars 2017 18 h 39

      M. Lebel, vous dites : «Un peuple qui ignore ce fait ne peut avoir d'avenir.»

      Mais sur quoi vous basez-vous pour affirmer un tel credo? Je ne sais pas si vous résidez toujours au Québec, mais je vous informe qu'une partie très importante de sa population ne pratique plus cette religion, et ce, depuis un bon bout de temps.

      De toute façon, là n'était pas du tout mon propos. Je parlais du crucifix comme objet faisant partie du patrimoine mondiale plutôt que spécifiquement québécois.

    • Marc Therrien - Abonné 8 mars 2017 23 h 38

      @ M. Marcoux,

      Dans le monde du "qu'en dira-t-on", j'ai déjà entendu dire que pour savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient; que le passé est garant de l'avenir, que qui ne connaît pas son histoire est condamné à en répéter les erreurs, etc...Mais je me demande s'il y a vraiment de l'avenir dans le passé.

      Dans le monde de l'être en devenir, il me semble plutôt que je ne suis plus ce que j'ai été et pas encore ce que je vais être. Je suis celui qui devient.

      Marc Therrien

    • Michel Lebel - Abonné 9 mars 2017 06 h 36


      @ Jean-Pierre Marcoux,

      Je vais être clair. Un peuple, ici le peuple québécois, qui rejette ainsi son passé chrétien ou son histoire n'a pas d'avenir. C'est ma conviction profonde. L'Occident, en oubliant Dieu, n'a plus de boussole et connaît une décadence certaine. Cela me semble d'une si grande évidence.


      M.L.

    • Jacques Patenaude - Abonné 9 mars 2017 09 h 52

      On assiste à un retour au débat entre laic et adhérant à une religion proxélite. Le chanoine Groulx et son maitre "le passé" reviens dans l'actualité par une porte qu'on ne soupçonnait pas.

  • Gaetane Derome - Abonnée 8 mars 2017 17 h 02

    Ce n'est pas la vraie question.

    A ce que je sache on a enlevé le crucifix a l'hôpital Saint-Sacrement parce qu'il y avait eu une seule plainte.Il a fallu plusieurs milliers de signatures pour qu'on remette ce fameux crucifix..En fait les dirigeants de cet hôpital aurait dû faire un débat avec leur population avant d'enlever un signe auquel les gens étaient habitués.N'oubliez pas que la religion catholique,même si la plupart ne la pratique plus,fait partie de notre identité et culture.