La langue qui soulève les passions

De ma région lointaine non concernée par les débats sur la crise de la langue française (98 % et plus de francophones de souche), je les suis quand même avec beaucoup d’intérêt à titre de spectateur. Plus que sur ce qui se joue sur la glace du Centre Bell, en tout cas.

Une remarque qui me vient souvent à l’esprit est l’antagonisme quant aux chiffres et aux arguments avancés pour défendre son point de vue. Souvent, il y a de quoi y perdre son latin. Pour un certain M. Johnston, l’écrivain Marco Micone et le libéral Jean Marc Fournier, le français n’a jamais été en aussi bonne santé dans le Montréal métropolitain. Dr Laurin ? En revanche, Statistique Canada et Charles Castonguay, un spécialiste de la question, nous parlent, chiffres à l’appui, du déclin inéluctable de la langue officielle des Québécois. Dr Laurin ?

Difficile pour un régional tel que moi de voir clair quant à la question de fond, bien que, dans le feu de l’action, on n’y voie souvent que du feu, celui de la colère. En effet, l’écrivain, Marco Micone, avec son réquisitoire colérique de vendredi dernier dans ce même journal, a perdu tout sens des proportions. Il a déclaré que lorsque les jeunes allophones des écoles françaises de Montréal fréquentent de jeunes francophones de souche (de vieil établissement, sic), ils le font entre pauvres. Ah bon ! Parce que la classe moyenne francophone envoie ses héritiers à l’école privée. Ma foi ! Je ne savais pas qu’il y avait autant d’écoles privées à Montréal, et autour, pour accueillir la classe sociale la plus populeuse, peu importe l’endroit où l’on se trouve au Québec. C’est sûrement le coup de la colère qui a fait dire cela à l’écrivain. Du moins, je l’espère.

1 commentaire
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 8 mars 2017 09 h 46

    On doit toujours être concerné ...

    on doit toujours se sentir impliqué, passionné lorsqu'il s'agit de la langue maternelle et commune à tout un peuple... et je vois que vous l'êtes... même si la langue française ne semble pas menacée dans votre joli coin du pays...de Jonquière-Saguenay. Ça fait toujours plaisir, quand un concitoyen québécois, d'aussi loin qu'il vienne, se sente aussi proche... en se préoccupant du sort fait à notre langue française...dans la grande région de Montréal. Oui, nous sommes "très inquiets"...

    Cet "appel" de votre part est fort apprécié. Merci monsieur Lapointe.