Marco Micone, soyez plus juste

Dans Le Devoir du vendredi 3 mars, M. Marco Micone y va d’un fort réquisitoire contre le milieu qui l’a accueilli un jour, c’est-à-dire les francophones du Québec.

Dans son texte « La colère d’un immigrant », M. Micone apporte des nuances, mais ses reproches les plus virulents visent toujours, en dernière analyse, la communauté francophone du Québec, particulièrement ceux qui sont de « vieil établissement », comme il l’écrit. Ce sont pourtant les descendants de ces derniers, qui ont, au versant des années 1960, décidé de se prendre en main et de créer des institutions économiques, éducatives et sociales appuyées par une législation cohérente, bref, un Québec qui leur ressemblerait davantage et dont la langue commune serait le français. Ce ne fut pas sans grandes difficultés. Qu’on se rappelle, seulement, la guerre sans merci que leur ont livrée The Gazette et Alliance-Québec, pendant des décennies, sans compter les amputations successives de la loi 101 faites par la Cour suprême.

Nous ne demandons pas à M. Micone de nous aimer, mais simplement d’être plus juste.

4 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 6 mars 2017 11 h 29

    Refus des Italiens

    Comment se fait-il que les Italiens, qui étaient accueillis dans les écoles catholiques avant la Seconde Guerre mondiale, s'en sont vus refuser l'accès par la suite?

  • Gilles Leblanc - Abonné 6 mars 2017 11 h 56

    Marco Micone, soyez plus juste

    Je partage l'opinion de M. Réal Nadeau sur la lettre de M. Micone intitulée La colère d'un immigrant. Je trouve injuste le jugement porté par M. Micone sur le Québec comme terre d'acceuil, en fait sur les québécois francophones (la source de tous les problèmes selon M. Micone). Les Québécois ne sont certainement pas parfaits mais en bout de ligne ne sont pas pires que les autres. De tirer des conclusions s'appliquant à l'ensemble des québécois francophones suite aux événements de la mosquée de Québec m'apparait injuste mais également simpliste. De faire référence à la crise de Saint-Léonard de la fin des années '60 pour appuyer l'historique du comportement anti-immigrant des québécois francophones ne fait que démontrer le manque de profondeur dans l'analyse de M. Micone. Il en parle comme si le point de vue des francophones d'alors, soit celui d'une majorité en plein éveil qui avait décidé de prendre sa place, n'avait aucune légitimité. Déçu également de voir que pour M. Micone le désir de faire du Québec un endroit où le français est la langue commune ne soulève pour lui que des symptômes d'une société malade. Si M. Micone avait relativisé certaines de ses affirmations, il aurait probablement décidé de les retirer de son texte.

  • Pierre Raymond - Abonné 6 mars 2017 11 h 56

    « Nous ne demandons pas à M. Micone de nous aimer, mais simplement d’être plus juste. » Réal Nadeau

    Je suis d'accord avec vous M. Nadeau et les nouveaux arrivants du Québec on toujours le choix d'améliorer leur sort i.e. il y a 9 autres provinces et 3 territoires où ils peuvent trouver le bonheur.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 6 mars 2017 15 h 52

    Tout à fait d'accord

    Bravo !