Justin Trudeau, KPMG et les paradis fiscaux

En mars 2016, les émissions Enquête et The Fifth Estate de Radio-Canada/CBC dévoilaient des faits extrêmement troublants concernant le dossier de très riches clients sollicités par la firme comptable KPMG, qui leur proposait de mettre leur fortune à l’abri du fisc canadien dans le paradis fiscal de l’île de Man, où le taux d’imposition est de 0 %. On apprenait que l’Agence de revenu du Canada (l’ARC) s’est montrée plus que complaisante dans ce dossier, permettant à ces contribuables fautifs de s’en tirer à peu de frais. Ce qui est nouveau cette semaine à Enquête, et encore plus troublant, c’est que le personnel politique semble vouloir étouffer ce scandale et, plus révoltant encore, que les juges au dossier se placent en situation potentielle de conflit d’intérêts. L’ARC n’en est pas à ses premiers déboires, comme l’a déjà bien montré l’émission Enquête. Pour leur part, les libéraux de Justin Trudeau ont manqué une belle occasion en octobre dernier de s’attaquer à la problématique des paradis fiscaux en votant contre une motion du Bloc québécois exigeant le retrait de l’entente bilatérale avec la Barbade, un autre paradis fiscal. Après tous les livres comme Offshore, d’Alain Deneault, et tous les documentaires tels Le prix à payer, qu’attend le gouvernement Trudeau pour faire toute la lumière sur l’évasion fiscale au Canada et la gouvernance de l’ARC en particulier ? Craint-il d’éclabousser de bons amis du Parti libéral ?

4 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 6 mars 2017 01 h 23

    Entendra-t-il, M. Trudeau, le cri du coeur des citoyens ou de Bay Street?

    C'est honteux que M. Trudeau qui a promis de faire les choses différemment soit en train de nous trahir. C'est le dossier le plus chaud ces jours-ci, car les contribuables canadiens et québécois perdent des milliards de dollars dans les paradis fiscaux; des fonds qui pourront servir de renflouer les coffres vides de l'état, au lieu de l'austérité que nos élus nous imposent.
    La plus grande arnaque du 20e siècle c'est l'idée qu'on allégeant le fardeau fiscal des sociétés, elles vont crées des emploies! Même l'ancien gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a accusé les sociétés privées de s'assoir sur 600 milliards de dollars inutilisés! Entendra-t-il, M. Trudeau, le cri du coeur des citoyens ou de Bay Street?

  • Michel Blondin - Abonné 6 mars 2017 08 h 32

    La corruption canadienne

    Ce fédéralisme de pacotille a été bâti de peur d'être envahi à la suite de la guerre de Sécession. Il faut se souvenir de Seyward, le secrétaire de Lincoln salivait devant la beauté du Saint-Laurent des Grands Lacs et des plans ont été élaborés à plusieurs reprises. Et aussi, pour faire court, la volonté de maîtriser et neutraliser cette race de Canadien français dont le lendemain de l'accord de 1867, Brown se disait heureux de les avoir dégriffés et édentés.

    C'est donc dans la corruption des esprits et un peu du portefeuille que ce fédéralisme s'est si vite fait. L'évasion fiscale d'aujourd'hui n'est que le reflet de cette mentalité.

    Il faut aussi se souvenir que Paul Martin comme ministre des Finances et aussi comme premier ministre ne se formalisait pas que ses actifs battaient pavillon des Bahamas qui bénéficient d'une entente à bas prix. Les journalistes n'en ont jamais fait de gros scandales. Pourtant, il a profité comme si de rien n'était de cette situation des paradis fiscaux.
    Qu'un premier ministre en profite était un signe bien vivant que d'autres aussi avaient le devoir d'en profiter.

    Cette moralité de pacotille se perpétue avec des ramifications de plus en plus pénétrantes et serrées comme un cancer qui s'étend.
    Si, pour terminer, un certain premier ministre Jean Chrétien à l'aide de son bras droit qui vient d'être mise en prison, a investi un minimum connu de 800 millions de fonds du gouvernement fédéral dans l'achat des esprits pour neutraliser la volonté du peuple québécois de se prenne en main, en arrosant sans gène de millions de dollars de retour pour la partisanerie politique libéral, le bon sens nous dit que cela devait être aussi facile de faire le raisonnement si cela est bon pour pitou, elle est aussi bonne pour minou.
    Pour se défaire de cette injonction paralysante d'un gouvernement eunuque et d'une population de plus en plus éberluée, Il faut sortir les gros outils.

  • Bernard Terreault - Abonné 6 mars 2017 10 h 09

    Paradis fiscaux

    Il suffirait que les grands pays occidentaux, dont le Canada, rendent plus difficiles les transferts de fonds dans ces paradis fiscaux (presque tous d'anciennes colonies britanniques), les menacent juste un tantinet, pour que ça cesse. S'ils ne le font pas, cela veut dire que les élites de ces pays, même ceux qui se donnent un vernis de gauche comme Trudeau ou Obama, sont complices. Pour protéger des amis milliardaires, ou probablement aussi pour cacher des transferts d'argent à des organisations secrètes, des espions, des terroristes ennemis de nos ennemis, des ventes d'armes, etc.

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 6 mars 2017 14 h 02

      Comment se fait-il que gouvernement du Québec se comporte exactement comme le gouvernement canadien? Fiscalement, le Québec est indépendant.