Montréal, sanctuaire ou refuge?

Lorsque j’ai entendu le maire Denis Coderre annoncer que Montréal compte devenir une « ville sanctuaire », je me suis interrogé sur la signification de cette expression. Je connais bien le sens religieux du terme « sanctuaire » (dans les lieux de culte).

En me documentant, j’ai appris que le mot signifie aussi, par extension, « territoire où il est interdit de se battre lors d’un conflit ». Mais ce n’est pas vraiment de cela qu’il est question ici. Montréal n’est pas au coeur d’un champ de bataille, même si les nombreuses tranchées creusées dans les rues en réparation donnent parfois l’impression contraire.

Le mot « sanctuaire » est en fait un calque de l’anglais lorsqu’on lui donne le sens de réserve (faunique, naturelle) ou de refuge (pour femmes, pour sans-abri, pour animaux). Il me semble donc qu’il vaudrait mieux parler de « ville refuge » plutôt que de « ville sanctuaire ». Et le mot français a de surcroît l’avantage d’évoquer le substantif « réfugié » et le verbe « se réfugier ».

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