Le retour des «curés»

Ainsi, Philippe Couillard a décidé de rejeter le compromis proposé par les trois partis politiques de l’opposition sur la question des symboles religieux ostentatoires des juges, policiers et gardiens de prison. Même Gérard Bouchard condamne la rigidité du premier ministre. Il a qualifié sa position de radicale. Philippe Couillard a parlé de « normalisation de la xénophobie » pour qualifier ce désir d’encadrer les symboles religieux ostentatoires.

Ce n’est pas la première fois qu’il diabolise injustement les positions idéologiques de ses adversaires politiques. Il semble croire qu’il détient le monopole du bon sens moral, comme les curés d’autrefois. Couillard me fait justement penser à un curé qui sermonne les gens qui ont des opinions différentes de lui. Sa position manichéenne, où les choses sont noires ou blanches, cautionne le concept rétrograde de bien et de mal dans notre société. En plus de laisser entrer lentement mais sûrement la religion dans l’État, il envoie le message qu’il y a deux catégories de citoyens : ceux qui ont raison et ceux qui ont tort.

C’est une désolante conception des choses pour une personne qui croit « prêcher » pour l’inclusion et la tolérance. Quelle ironie.

2 commentaires
  • Marc Therrien - Abonné 20 février 2017 15 h 05

    À tort ou à raison


    Si tout le monde avait raison, ça serait effectivement plus simple. Il n’y aurait plus raison de penser et de discuter à condition bien sûr que cette façon d’avoir raison en commun conduise à une paix sociale absolue.

    Si tout le monde avait tort, ça pourrait devenir inquiétant à condition bien sûr que cette façon collective d’avoir tort nous ramène dans la jungle.

    Il arrive parfois que la population elle-même, comme dans l’affaire Gerry Sklavounos par exemple, en redemande du rôle de curé. Je ne sais pas si M. Couillard se reconnaît voire même se plaît dans ce rôle, mais je ne pense pas qu’il va impressionner nos concitoyens musulmans en se présentant à eux comme un curé de paroisse. Le rôle de moralisateur en chef, qui transcende les religions, semble correspondre davantage à celui qu’il se donne et semble jouer avec beaucoup de plaisir. Nous verrons en 2018 si les gouvernés le désireront encore comme chef ou autorité morale.

    Marc Therrien

  • Michel Lebel - Abonné 21 février 2017 08 h 04

    Au gouvernement de gouverner!

    Le premier ministre Couillard et son parti ne sont pas obligés de partager la position des partis d'opposition en la matière. À ce que je sache, c'est le Parti libéral qui est actuellement le parti au pouvoir et il agit en conséquence. Il sera jugé lors des élections de 2018. Quant à la position du gouvernement sur le port des signes religieux, je trouve tout à fait juste. Je trouve que ce mince sujet a pris une importance vraiment hors de proportion.


    M.L.