Le français recule-t-il au Québec ?

Oui, il recule. Voici quelques exemples. Autrefois, les artistes partaient en tournée, se produisaient sur une scène et se donnaient la réplique. Maintenant, ces artistes sont sur la route (on the road), sur un stage et oublient parfois leurs lignes (lines). Autrefois, les joueurs de hockey jouaient à l’étranger. Maintenant, eux aussi sont sur la route. Certains titres d’émissions de télévision possèdent un mot français : Star Académie, Star Système, mais la structure inversée n’est pas française, mais anglaise. On devrait dire L’Académie des stars et Vedettariat (non pas le Système des stars). Le titre inversé Fatale-Station est aussi un anglicisme, alors que l’on devrait dire Station fatale. De plus, pourquoi ces germanismes : Oktobierfest (à Sainte-Adèle) et Igloofest (à Montréal) ? Le Festival de la bière et le Festival de la neige ou le Festival d’hiver ne sont pas des titres assez accrocheurs ? Que dire, finalement, de ce cri du coeur de France Beaudoin lors de l’émission En direct de l’univers du Jour de l’An : « Hallelujah de Leonard Cohen est la plus belle chanson québécoise » ? Quand on en est à qualifier une chanson en anglais de « plus belle chanson québécoise » (indépendamment de la qualité de cette chanson), on peut se poser des questions sur l’avenir du français au Québec !

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23 commentaires
  • Jacques-André Lambert - Abonné 9 février 2017 00 h 49

    EAT or BE EATEN

    Et que dire du festival YUL EAT dans le Vieux-Port de Montréal?

    Les organisateurs - pince-sans-rire - présentent cette expérience culinaire "Le festival qui porte bien son nom: E pour expérience / A pour appétit / T pour terroir". Avec plein de "foodies".

    "Ça fait bien du sens". Non?

    "Une bonne main d'applaudissements" pour nos élus... On est si "open".

  • Martin Richard Mouvement Action Chômage Montréal - Abonné 9 février 2017 05 h 44

    Heu... Monsieur Cohen, il est né au Gabon ?

    • Bernard Dupuis - Abonné 9 février 2017 14 h 04

      Ce qui est le plus étonnant c’est que Mme Beaudoin semble ignorer les chansons de Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Claude Léveillé, J. P. Ferland, Robert Charlebois, Paul Piché, Karkois, etc., qui doivent être bien aussi bonne que celle de Leonard Cohen.

      Il est vrai que M. Cohen est né à Montréal, mais il a vécu la majeure partie de sa vie aux États-Unis à partir de 1966. Il est mort à Los Angeles en 2016. Quarante ans. Probablement que Mme Beaudoin l’ignore aussi.

    • André Joyal - Abonné 9 février 2017 20 h 54

      Martin! «Quand les hommes vivront d'amour» tu connais?

    • Jean-Charles Morin - Abonné 9 février 2017 21 h 15

      Depuis longtems je cherche le Québec dans les chansons de Leonard Cohen. Je cherche encore...

    • Bernard Dupuis - Abonné 9 février 2017 23 h 15

      Un peu comme dans les années cinquante, aussitôt qu'un anglophone arrivait dans les parages toute l'attention des francophones se tournait vers lui. Aujourd'hui, il suffit d'un seul chanteur anglophone pour en faire oublier vingt qui sont francophones.

      Le colonisé est-il de retour? Peut-être ...

  • Yves Côté - Abonné 9 février 2017 07 h 43

    L'affaire...

    L'affaire est claire et ici, clairement exprimée.
    Merci de l'avoir si bien fait, Madame Larivière !

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 9 février 2017 08 h 34

    Tséveudire

    L' écoute de plusieurs émissions radios de la SRC vous donne raison.

    De nombreux animateurs et chroniqueurs affichent leur culture de colonisé quand, à tout bout de champ, ils/elles nous garrochent des expressions anglaises pour souligner à gros traits ce qu'ils essayent de dire en français.

    Il y a quelque temps, dans ces pages, on parlait de ce même phénomène, mais en France où ce serait encore pire. Il paraît même que ce serait «ringard» là-bas de ne pas le faire.

  • Danièle Jeannotte - Abonnée 9 février 2017 08 h 53

    Combat perdu d'avance

    Je comprends votre agacement et je le partage en grande partie mais je me rends compte que les gens pour qui la qualité du français est une question importante constituent une très faible minorité. J'essaie donc de m'entraîner à ne pas réagir, non seulement aux anglicismes, mais aussi aux innombrables «çala», «quanquon», «bonjour bon matin» et autres horreurs proférées par nos soi-disant élites pour qui, visiblement, l'important est de s'exprimer même si on le fait dans un sabir ayant peu de rapport avec le français. Écoutez parler le maire Coderre, le ministre Lessard et surtout notre premier ministre fédéral, qui a au moins l'excuse de ne pas être francophone, et vous verrez pourquoi les films québécois projetés à l'étranger nécessitent un sous-titrage. Mais peu importe. À en croire les statistiques, l'accident historique qu'est le Québec francophone disparaîtra dans quelques générations.

    • Réal Ouellet - Inscrit 9 février 2017 15 h 26

      ..Et vous avez oubli "My God!"

    • André Joyal - Abonné 9 février 2017 21 h 00

      Un autre indice d'un combat que l'on est en train de perdre: les prénoms des enfants des «Y». Adieu les Pierre, Jean, Jacques et autres André et Robert .Et, c'est davantage vrai our les fiiles: cherchez les Marie, Louise, Françoise, et autres Lise et Nicole.