Le français en péril

M. André Pratte se permet de dire dans vos pages que le Québec est « solidement français » simplement en constatant que le taux de bilinguisme des francophones baissera de 10 % à 9 % au cours des prochaines années selon les récentes projections de Statistique Canada.

Pourtant, Statistique Canada rapportait dans le même rapport que la proportion des citoyens qui ont le français comme langue maternelle passera de 79 % à 70 % d’ici 2036, 60 % des nouveaux arrivants conserveront le français comme langue d’usage à la maison dans 20 ans plutôt que 54 % aujourd’hui, et finalement que la langue officielle parlée au Québec dans 20 ans baissera de 85 % à 82 % globalement. Rien de moins ! Et qu’en retient notre ami Pratte ? Et bien il s’inquiète du taux de bilinguisme !

Mon épouse et moi sommes bilingues et nos enfants bientôt trilingues. Cela ne nous empêche pas de comprendre que le français au Québec est à un tournant et plus en danger que jamais. Il nous faut agir maintenant avec vigueur et doigté pour d’abord préserver nos acquis. Nous aurons besoin de la contribution de tout le monde pour y arriver. Même de l’apport de M. Pratte qui aura d’abord à se défaire de sa puissante dissonance cognitive !


 
3 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 3 février 2017 09 h 05

    100 % d'accord

    Bravo !

  • Bernard Dupuis - Abonné 3 février 2017 10 h 09

    Pour en finir avec le bilinguisme comme identité des francophones

    Je suggère aux francophones de cesser de se définir par le vocable « bilingue ». En effet en se définissant comme « bilingue », les francophones perdent justement leur identité . Justin Trudeau en est le plus bel exemple. Tout le monde est frappé par la mauvaise qualité de son français qui est en fait un calque de l’anglais.

    Je suis moi-même bilingue, mais j’ai cessé de me définir comme tel. Je ne veux pas faire le jeu de ceux qui mettent en concurrence le fait d’être francophone et le fait d’être bilingue. Si l'on se fie à l’expérience du reste du Canada, l’étape suivante c’est de se dire anglophone.

    Pour éviter de se définir comme bilingue, voici ce que je suggère. Je me dis francophone, mais capable de parler, lire et écrire en anglais. Cela évite de me donner une identité « bilingual » en voie d’assimilation.

    Bernard Dupuis, 03/02/2017

    • Brigitte Garneau - Abonnée 3 février 2017 14 h 24

      «Je me dis francophone, mais capable de parler, lire et écrire en anglais. Cela évite de me donner une identité «bilingual» en voie d'assimilation.»

      Je crois que nous sommes très nombreux dans cette situation. Très bonne idée, Monsieur Bernard, que de s'identifier premièrement en tant que francophone, mais d'ajouter aussitôt que nous avons une bonne maîtrise de la langue anglaise. De toutes façons, il y a certainement beaucoup plus de francophones bilingues que d'anglophones bilingues...