Le psittacisme

Le 10 janvier dernier, le nouveau ministre fédéral du Commerce international, François-Philippe Champagne donnait une première entrevue « très langue de bois », où il disait qu’il allait oeuvrer pour le bien-être de la classe moyenne. Je dois dire que j’en ai ras le bol d’entendre tous ces politiciens parler en faveur de cette classe. Comme s’il n’y avait qu’elle d’importante dans la société. Je rêve du jour où un ministre, premier ou autre, prendra la parole dans un local de Moisson Montréal ou de la Maison du Père pour nous parler en faveur des classes moins moyennes et pauvres. Mais les ministres vont toujours faire leur lénifiant discours devant les chambres de commerce, car c’est toujours plus rassurant, semble-t-il, d’être entre confrères qui parlent la même langue. Cette langue, c’est celle du psittacisme, soit la langue du perroquet qui répète toujours les mêmes mots, soit, entre autres ici, ceux de classe moyenne. Cette langue est une disposition d’esprit ou trouble mental que décrit très bien le dramaturge de l’absurde Eugène Ionesco dans sa pièce La cantatrice chauve.

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1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 16 janvier 2017 09 h 36

    Amen !

    Que je suis tanné moi aussi de cette rengaine de la classe moyenne (dont je fais évidemment partie!)