Le «moment Régis» a assez duré

Dans une section de l’étude d’impact environnemental fournie par le Port de Québec pour son projet Beauport 2020, des ingénieurs affirment que l’essence et le méthanol sont des matières volatiles très dangereuses et que leur transbordement implique des risques d’explosion et de formation d’un nuage toxique dans un rayon de 1,25 km. Or, ces produits sont actuellement transbordés et stockés dans le secteur Beauport du port ; des maisons de Limoilou et le bassin Louise sont à l’intérieur de 1,25 km par rapport aux terminaux, tout comme la plage de la baie de Beauport. Les auteurs recommandent « par prudence d’appliquer un film de polymère sur les fenêtres des bâtiments situés à l’intérieur du périmètre pour éviter les bris de vitres à la suite du souffle de l’explosion ». Ça, c’est la situation actuelle pour les gens de Limoilou, de la plage et du Vieux-Port.

Si l’agrandissement portuaire Beauport 2020 se réalisait, de telles matières liquides se trouveraient à un jet de pierre des villégiateurs de la plage de Beauport. Les auteurs du rapport disent qu’« il est impératif de ne pas faire de déchargement de navires lorsque le parc de la baie de Beauport est occupé ».

Malgré tout, tel un porte-parole du petit Vatican qu’est le Port de Québec, le maire Régis Labeaume réitérait aujourd’hui son appui sans réserve au projet d’agrandissement Beauport 2020, disant qu’il s’agissait là « d’un beau legs qu’il pouvait laisser ». Des réservoirs de carburant et de produits inflammables sur les rives de la ville patrimoniale constituent un beau legs ? Scrapper encore davantage la façade maritime de Québec pour une quarantaine de jobs ? On croit rêver. Notre long « moment Régis » a vraiment assez duré.


 
2 commentaires
  • Pierre Fortin - Abonné 12 janvier 2017 13 h 07

    Le bon maire Régis ne sera jamais que lui-même


    Dans ce dossier du développement du Port de Québec, le bon maire ne regarde que l'aspect économique des choses en omettant que ce port est malheureusement implanté en pleine ville. Comme pour le déménagement du Marché du Vieux-Port vers le site d'ExpoCité, il ne mentionne jamais la considération qu'il porte à la dimension humaine de ce lieu public.

    Quelle importance accorde-t-il au tissu humain qui s'est développé autour du Marché du Vieux-Port depuis son déménagement précédent de la Pointe-aux-Lièvres ? Combien d'années et d'effort a-t-il fallu pour que la population locale et environnante s'approprie ce nouveau site ?

    Puisque le maire semble ne considérer dans son évaluation que les espèces sonnantes et trébuchantes, il devrait nous dire combien il en coûte de fonder une telle institution vivante et créatrice de communauté. Il devrait mesurer les chances que se développe à ExpoCité un milieu de vie qui ne soit pas qu'un simple comptoir commercial ainsi que la perte de vitalité que le quartier du Vieux-Port devra encaisser avec la disparition de son marché public.

    Il semble bien que le bon maire Régis a déjà donné ce qu'il pouvait et qu'on ne peut en attendre davantage. Dommage qu'il n'aiat pu s'inspirer de Jean-Paul L'Allier, son prédécesseur, qui a toujours su mettre la population de Québec au cœur de ses décisions, ce dont la revitalisation du Quartier St-Roch témoigne éloquemment.

  • Gilles Théberge - Abonné 12 janvier 2017 13 h 32

    C'est encore une patente fédérale, qui subrepticement, s'insère entre toutes les craques des murs...

    Que fait le ministre de l'environnement, l'indigne Heurtel pendant ce temps...?

    Rien. Comme d'habitude, il ne fait rien...!