Former de bons citoyens

Au-delà de la lecture, de l’écriture et de l’arithmétique, un des objectifs principaux de l’éducation est de former de bons citoyens. C’est vers cette optique que le ministère de l’Éducation devrait se pencher alors qu’il s’apprête à modifier le curriculum. Nous devrions encourager les élèves à développer une prise de conscience et une compréhension de leur responsabilité civique et de leur rôle dans le soutien et le renforcement de leur communauté. Le ministère de l’Instruction publique devrait peut-être envisager d’ajouter au curriculum un cours sur l’engagement communautaire afin de renforcer l’importance du bénévolat.

Récemment, Statistique Canada a révélé que les Québécois avaient encore une fois le taux de bénévolat le plus faible comparé aux autres provinces. En 2013, le Québec était la seule province affichant un nombre moyen d’heures de bénévolat plus faible que la moyenne nationale de 44 %. On ne sait pas vraiment quelle est la raison de ce phénomène. Toutefois, examinons quels sont les avantages du bénévolat. Le bénévolat permet aux élèves de s’impliquer dans de nouvelles activités et d’acquérir des capacités techniques, sociales et des connaissances qui ne peuvent s’apprendre en classe. Que le bénévolat consiste à aider à la bibliothèque de quartier ou à faire du tutorat auprès d’enfants défavorisés, les élèves vivront une expérience riche dans des situations et des milieux différents. Le fait d’aider d’autres personnes donne aux élèves l’occasion de rencontrer une grande diversité de gens provenant de diverses couches de la société. Peu importe l’âge, il est essentiel de nouer des relations avec les gens. Ce cours servirait d’introduction au réseautage. Le bénévolat est une porte d’accès au marché du travail, car il crée de nouvelles options professionnelles et reflète de nombreux traits de personnalité positifs que les employeurs éventuels recherchent. D’ailleurs, des recherches révèlent que les élèves qui font du bénévolat réussissent mieux dans leurs études. Ce bénéfice serait utile au Québec, car malheureusement cette province affiche le taux de décrochage le plus élevé au Canada. Finalement, des statistiques révèlent également que les adolescents qui font du bénévolat ont davantage tendance à en faire à l’âge adulte, ce qui est une bonne chose pour tous les Québécois.

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5 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 11 janvier 2017 01 h 32

    Il ne faut pas que le bénévolat déresponsabilise le gouvernement!

    Je suis tout à fait d'accord avec M. Eustace que la mission de l'école est "d'encourager les élèves à développer une prise de conscience et une compréhension de leur responsabilité civique et de leur rôle dans le soutien et le renforcement de leur communauté."
    Par contre, il ne faut pas soustraire la responsabilité de l'état en matière de services appropriés pour le bien-être des contribuables. C'est à dire, qu'il ne faut pas que les citoyens/citoyennes doivent attendre la charité du bénévolat pour subvenir à leurs besoins. Je pense qu'un cours de citoyenneté serait plus avantageux.

    • Jacques Patenaude - Abonné 11 janvier 2017 11 h 15

      "En 2013, le Québec était la seule province affichant un nombre moyen d’heures de bénévolat plus faible que la moyenne nationale de 44 %. On ne sait pas vraiment quelle est la raison de ce phénomène."

      Je crois qu'il faut faire attention à cette statistique. Tout dépend de la définition qu'on donne au mot bénévolat. Au Québec par exemple l'économie sociale qui est une prise en charge par les citoyens impliquant un engagement dans le milieu est beaucoup plus développée et ne correspond pas nécessairement à de la notion de bénévolat axé sur la charité, plus courante au Canada anglais. vous avez bien raison, mme Alexan, de souligner que le bénévolat ne doit pas déresponsabiliser l'État. Les Québécois attribuent un rôle plus important à l'État dans la lutte aux inégalités sociales que le Canadien anglais de tradition anglo-saxonne.

  • François Dugal - Inscrit 11 janvier 2017 07 h 39

    La mission

    La mission de l'école québécoise est de former des consommateurs obéissants aux diktats de la publicité afin de faire "tourner la roue" de l'économie. Les futurs citoyens doivent être des techniciens formés pour répondre aux besoins de l'industrie. Le bénévolat n'est qu'un moyen de travailler gratuitement pour le gouvernement.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 11 janvier 2017 17 h 54

      Et voilà! Tout est dit!

  • Gaston Bourdages - Abonné 11 janvier 2017 09 h 13

    Que j'aime, en particulier, monsieur Eustace...

    ...ce passage de votre lettre ouverte: «...développer une prise de conscience et une...»
    Fort, peut-être trop, souvent seule la souffrance offre l'occasion et permet à l'être humain de se laisser conscientiser. Héritage de notre imparfaite humanité ?
    Quant au fait de faire du bénévolat, je témoigne qu'il m'a été compagnon de survie dans ma responsabilité citoyenne.
    Mes respects,
    Gaston Bourdages,
    Écrivain.