Anniversaire controversé

Une étude californienne a démontré récemment que, lorsque ses opinions politiques sont remises en question, le cerveau déclenche une réaction de résistance, de défense, comme s’il s’agissait d’une croyance religieuse. Cette constatation nous aide à comprendre pourquoi les discussions politiques sont si souvent des dialogues de sourds. La décision récente du Parti québécois de s’attaquer aux Fêtes du 150e du Canada a de quoi laisser songeur dans cette perspective. De prime abord, cette attaque s’apparente à un père qui, pour souligner le diplôme universitaire de son fils, y irait d’un discours martelant le fait qu’il a pris de la drogue à 14 ans. Pas le bon sujet et pas le bon moment. Puis surtout, si on accepte le fait que tel discours n’ébranlera pas les convictions fédéralistes des uns, il pourrait refroidir certains souverainistes, qui y verront un discours négatif et clivant, bien plus près d’une religion de haine que du désir de pays. Les Québécois, en 2017, ont le goût de rêver, de donner le mieux à leurs enfants, ils n’ont vraiment pas le désir de donner des cauchemars aux autres. Le Parti québécois devrait ranger cette malheureuse idée avant que les derniers convaincus désertent le bateau.

10 commentaires
  • Pierre Deschênes - Inscrit 9 janvier 2017 06 h 13

    Antagonisme

    J'ai toujours trouvé que le talon d'Achille du mouvement indépendantiste était de ne trouver sa raison d'être que par antagonisme plutôt que de nourrir un projet de pays qui ne trouve sa valeur première que dans la richesse de son discours.

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 9 janvier 2017 10 h 41

      M. Deschênes

      l'idée du PQ est justement de ne pas soulever de contreverses mais de rétablir les faits véridiques de l'histoire qui a fait de nous un des peuples fondateurs du Canada, ce que nie ce même Canada.

      Ça vous sera sûrement utile aussi d'entendre les historiens chevronnés qui publieront ces capsules historiques. Ça vous convaincra peut-être aussi de l'urgence de remettre les cours d'histoire dans les écoles.

    • Benoit Toupin - Abonné 9 janvier 2017 16 h 53

      Ce qu'on peut être critique à l'égard des souverainistes et si permissifs pour la propagande fédérale payée à même nos taxes qu'on soit d'accord ou pas.

      L'action politique n'a pas un seul angle; elle se joue sur plusieurs tableaux; certains sont clairement positifs et d'autres plus réactifs. Toute action politique fédéraliste ou souverainiste, de gauche ou de droite est ainsi faite. Un peu d'objectivité et d'analyse, et je dirais que le PQ agit de façon correcte et judicieuse en s'assurant que l'histoire ne sert pas à la propagande en triturant ou omettant certains faits.

      Et il ne fait pas que celà; il met en place plein d'autres initiatives qui n'ont rien d'antagonistes avec quiconque. Un peu de recul s'il vous plait...

  • Raymond Vallée - Abonné 9 janvier 2017 09 h 02

    Gadbois,Deschênes....

    Colonisés de père en fils et fier de l'être.

    • Marc Therrien - Abonné 9 janvier 2017 12 h 06

      Et pourquoi pas?

      Est-il vraiment impossible d’être heureux comme colonisés? Peut-être ont-ils trouvé du bonheur dans l’«amor fati», cet amour de la destinée qui fait qu’on dit oui à la vie plutôt que non, qu’on accepte les choix qui ont été faits, qu’on se réconcilie avec le réel plutôt que de vivre continuellement dans le malheur de s’y sentir étranger. Si on pense que ce n’est pas possible, alors on est tenté de déclamer un jugement péremptoire du genre de ceux dont Nietzsche était avide : «Hélas ! combien peu vous connaissez le bonheur des hommes, êtres commodes et bonasses ! – car le bonheur et le malheur sont des frères jumeaux qui grandissent ensemble, ou bien qui, comme vous, restent petits ensemble !» (dans Le Gai Savoir).

      Marc Therrien

  • Raynald Rouette - Abonné 9 janvier 2017 09 h 10

    Libre à vous de détourner le regard


    Anniversaire pour les uns, propagande pour les autres.

    Faire la fête, le plus souvent possible, peu importe le prétexte fait parti de nos moeurs. Aveuglement volontaire, déni...

    Le Québec ne fait pas parti du Canada de P-E.Trudeau «1982».

    Pourquoi devrions-nous l'ignorer 35 années plus tard?

  • Michel Blondin - Abonné 9 janvier 2017 09 h 17

    Une révolution démocratique avec les moyens ordinaires serait vouée à l'échec!

    Le cerveau déclenche, selon ces dires, une réaction de résistance quand on remet en question les croyances politiques au même titre que les croyances religieuses.

    À ce compte, le PQ ne peut rien faire pour changer, dans cette ordre, les convictions politiques des électeurs, ce qui me semblent induire que de convaincre de la pertinence de la sécession les électeurs non déjà convaincu est peine perdu et contreproductif.

    Ce qui ferait conclure que les moyens de convaincre les non-convaincus pour faire du Québec un pays, ne peut l’être par des moyens ordinaires.

    Ce qui pourrait expliquer pourquoi les fédéralistes utilisent, comme Couillard, la peur comme moyen de convaincre, in extrémiste. Aurait-il la stratégie la plus efficace pour convaincre les indécis, conserver ses partisans et neutraliser les indépendantistes!

    Plus questionnable, encore, la politique du miel pour attirer les allophones aurait-elle moins d'impact que de contrer les arguments des séparatistes Anglos.

  • Bernard Dupuis - Abonné 9 janvier 2017 10 h 03

    Ne pas se gêner pour démasquer le mensonge

    Au lieu de s’en prendre de manière complètement disproportionnée et biaisée aux intentions du PQ de contrer l’entreprise de désinformation du fédéral lors de ces festivités du 150e , l’auteur de ce texte devrait prendre la résolution d’écouter très attentivement la réplique que donnera le PQ à cette entreprise de propagande post-factuelle canadianiste. En effet, nous savons que le Canada est un pays fondé sous plusieurs aspects sur la duplicité pour ne pas dire carrément le mensonge.

    Je suis très favorable à cette proposition du PQ de tenir un discours, non pas de haine et de clivage, mais un discours qui en ce temps de post-vérité devra vérifier les faits et rétablir la vérité historique de ce qui sera diffusé par la propagande du gouvernement du Canada. D’ailleurs, nous en avons un premier exemple dans cette campagne publicitaire fédérale pour annoncer les fêtes du 150e. Une jeune fille, visiblement inconsciente et niaise, annonce le plus sérieusement du monde que le pays fut fondé par Macdonald il y a 150 ans. Elle termine candidement en disant qu’on apprend cela en 6e année! Quelle sorte d’école a-t-elle fréquentée? Cette école tombe-t-elle des nues?

    Est-ce que rétablir les faits et dénoncer une interprétation de l’histoire fondée sur l’ignorance et la mauvaise foi est comparable au père de famille qui veut dénigrer son fils recevant son diplôme universitaire? Comment peut-on faire une telle fausse comparaison?

    Si rétablir le droit de la vérité historique donne des cauchemars aux Canadianistes, cela ne devrait pas nous empêcher de le faire au contraire. Cela ne pourra être qu’un enrichissement pour tout le monde.

    Bernard Dupuis, 09/01/2017