Les beaux souvenirs de la balle au mur

L’article de Jean-François Nadeau paru dans l’édition du 3 janvier dernier, « Petite histoire de la balle au mur », a réveillé chez-moi d’agréables souvenirs.

Il y avait un préau de balle au mur au collège dirigé par les clercs de Saint-Viateur à Sully, dans le comté de Témiscouata, au cours des années 1957-1958-1959, alors que j’y étais pensionnaire pour faire mes études secondaires.

Le jeu était populaire auprès des élèves de la fin du cycle. Il consistait à frapper une petite balle en caoutchouc durci pour qu’elle rebondisse sur le mur du fond de l’enceinte, et idéalement qu’elle ricoche sur un des murs latéraux avant que le joueur adverse tente de la retourner. Le point était marqué quand l’adversaire était incapable de retourner la balle. Nous la frappions à main nue, poing fermé ou main ouverte, et après quelques coups, nous avions les jointures et la paume de la main enflées et engourdies, de sorte que nous ne ressentions plus la douleur. Il n’était pas rare, comme l’écrit monsieur Nadeau, que de petites veines de la main éclatent au cours du jeu. Lorsque nous entrions en classe après avoir joué quelques parties, nous avions de la difficulté à écrire pendant un certain temps à cause de l’enflure et du tremblement de la main avec laquelle nous avions frappé la balle. Ce beau sport était valorisé par nos professeurs qui jouaient volontiers avec nous.

L’article m’a fait revivre de bien beaux moments et m’a remis en mémoire que les membres des communautés religieuses qui ont oeuvré à l’éducation d’un grand nombre de jeunes de ma génération n’étaient pas tous, loin de là, des agresseurs sexuels. Je voulais en témoigner.

Il se trouverait sûrement de nos jours des âmes fragiles qui militeraient pour l’interdiction de ce jeu pour cause de risques de blessures. Imaginez, nous ne portions ni gants matelassés ni lunettes protectrices.

1 commentaire
  • Christian Gagnon - Inscrit 5 janvier 2017 16 h 31

    À l'académie Querbes aussi

    À la fin des années 1930, il y avait aussi des terrains de balle au mur (deux, pour être précis) à l'académie Querbes (maintenant l'école alternative Nouvelle-Querbes) à Outremont. C'est ce que raconte André Girard, ancien élève de Querbes, dans le journal La Nouvelle Querbes (avril 2011, page 22). Il est à noter que cette école était aussi tenue par les Clercs de Saint-Viateur, comme le collège de Sully dont nous parle M. Langlois.