Éducation sans les données probantes: une perte de repères risquée

J’aimerais rassurer les auteurs Saussez et Lessard quant à leur inquiétude de voir les données probantes envahir nos salles de cours (Le Devoir, 22 décembre 2016). Au Québec, sachez que les grandes décisions en éducation se sont rarement appuyées sur les données probantes. Les réformes pédagogiques se sont avérées plus que souvent catastrophiques justement pour cette raison. Mais qu’à cela ne tienne, malgré les conséquences documentées, les lignes directrices ne bougent pas d’un iota.

L’enseignement de la lecture par la méthode globale ou par mots étiquettes est à ce titre un exemple patent. Cette méthode enseignée au primaire alors que les élèves acquièrent leur base sur le plan des compétences en littératie fait des ravages. Malgré le fait qu’une multitude d’études sur l’apprentissage le démontrent, cette méthode d’enseignement est toujours d’actualité.

Le domaine de l’éducation errera — comme il l’a déjà tant fait par le passé — tant qu’il souffrira d’une cécité délibérée quant aux données fondées. Sans leur considération, le flanc est prêté aux décisions basées sur l’idéologie plutôt que sur les faits. La lecture du texte « Les “données probantes”, un nouveau dogme ? » ne laisse présager en ce sens aucun changement. Et hop, une autre génération cobaye !

2 commentaires
  • Suzanne G. Chartrand - Abonné 31 décembre 2016 11 h 25

    Un peu de réflexion, moins de dogmatisme ne ferait pas de tort

    Madame, si vous aviez vraiment pris le temps de lire et de réfléchir au texte de M. Saussez, peut-être iriez-vous moins vite. Oui, la notion même de « données probantes » est idéologique et doit être critiquée. En éducation, « La » science n'existe pas, il s'agit d'un domaine de création et d'expertise humaines éminemment complexe aux variables trop nombreuses et instables pour donner lieu à vos certitudes et à ceux des vendeurs de solutions toutes faites.
    Ce n'est pas tant le manque de scientificité des assises des réformes scolaires qui est responsable de leurs errements, mais leur dogmatisme qui oppose sans cesse sans nuance : instruction directe et pédagogie de la découverte; méthode globale et méthode analytique, pour ne donner que ces deux exemples.
    Une culture épistémologique minimale : lire et relire au moins l'opuscule du grand Gaston Bachelard, « Le nouvel esprit scientifique » ne ferait pas de tort.
    Cordialement,

  • Roxane Bertrand - Abonnée 2 janvier 2017 17 h 46

    Éducation

    Je n'ai pas lu ces "données probantes", mais je connais le gros bon sens : sans rigueur et effort, il n'y a pas d'enseignement possible. Enseigner la rigueur et le sens de l'effort est le travail des parents, de l'enseignante, et de tout le personnel de soutient de l'école.

    Malheureusement, dans notre système d'éducation si l'enfant n'arrive pas à se conformer aux exigences du milieu scolaire, c'est la faute des parents, ou alors l'enfant est malade...et généralement, c'est les deux i.e. plan d'intervention et ritalin. En Finlande, c'est la faute de l'enseignant...autre pays autres mœurs!

    Enfin, peu importe la technique, les enfants ont besoin d'être encadré par des gens avec un peu plus de....d'obsession des détails.