Téo Taxi et le problème des quotas

Au cours de la récente vague de froid, de nombreux clients qui dépendaient des services de Téo Taxi pour retourner chez eux se sont retrouvés pris au centre-ville. Selon le porte-parole de Téo Taxi, la compagnie a été victime de son succès et n’arrivait plus à répondre à la demande. Que l’on aime la formule Téo ou non, cet épisode montre les craques de notre législation sur les taxis : le système de quotas nuit aux consommateurs.

Pour bien comprendre en quoi un système de quotas peut nuire, l’on doit d’abord saisir ce qu’est un quota. Ces derniers sont une façon de restreindre l’offre à un niveau maximal. Dans le cas des taxis, le plafond est fixé à un peu plus de 4657 véhicules pour la grande région de Montréal, incluant les taxis adaptés. Pour le bien de l’exemple, prétendons que ce plafond légal est respecté et qu’aucun covoiturage commercial (Uber) n’est effectué. Ce plafond signifie qu’à tout moment, il ne peut pas y avoir plus de 4657 courses individuelles réalisées. Alors que la demande en courses fluctue selon le moment de la journée et les événements, l’offre en taxi reste fixe et le client a ultimement de la difficulté à se trouver un transport lorsqu’il en a besoin.

L’autre inconvénient pour les consommateurs dans un système de quotas est qu’afin de tenter d’équilibrer la demande et le niveau d’offre fixe qui, afin d’avoir du mordant, se doit d’être plus bas que le niveau d’équilibre du marché, l’on augmente le prix afin de tenter de réduire la demande. La logique est simple. Un consommateur ayant besoin d’un moyen de transport fait un calcul en fonction de ses moyens et du temps épargné. Il ne fera pas nécessairement la même course si elle lui coûte 30 $ plutôt que 15 $, et optera pour d’autres modes de transport, soit le transport en commun ou la voiture.

Bien qu’Uber ne soit pas nécessairement la solution, l’entreprise offre des pistes intéressantes pour remédier à ces problèmes. La mise en place d’une politique de prix variables, sujets à approbation préalable du client bien sûr, permet d’augmenter l’offre en offrant des courses plus lucratives aux chauffeurs potentiels, tout en réduisant la demande alors que certains clients jugent les prix trop élevés. Une chose est certaine, sans les quotas, nous pourrions rétablir l’équilibre des gains entre les chauffeurs et les consommateurs.

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