Les climatosceptiques? Vraiment?

Les climatosceptiques, peu nombreux il y a une quinzaine d’années, prennent de plus en plus de place dans les médias même si leur position écologique ne repose sur rien de scientifique. Ils ne doutent pas des preuves scientifiques sur les changements climatiques, ils les nient. Ce ne sont pas des sceptiques, mais bien des négationnistes.

Chez les scientifiques, il n’y a pas de climatosceptiques, il n’y a que des sceptiques. Le scepticisme est une attitude de l’esprit humain qui traverse heureusement toute l’histoire des idées et du savoir ; le scepticisme est même une règle à respecter par la science pour assurer sa crédibilité et son progrès. Le scepticisme, à la limite, peut être vu comme une sagesse : « tout est incertain, y compris que tout soit incertain ». Les sceptiques cherchent la vérité comme tout philosophe ou scientifique, ce qui est loin d’être le cas des « climatosceptiques », qui cherchent plutôt à tromper. La désignation « climatosceptique » fait donc ombrage au sens du mot « sceptique ». Les climatosceptiques non seulement pervertissent-ils l’esprit de la population sur la vérité écologique, mais ils contaminent aussi le mot « sceptique ».

Je suggère donc aux médias d’utiliser une autre dénomination pour désigner les « climatosceptiques ». Puisqu’ils nient et trompent plutôt que de douter, et puisque le négationnisme est un déni des faits historiques et scientifiques, malgré la présence de preuves flagrantes rapportées par les études d’experts en climatologie et en écologie, je propose qu’on les appelle désormais les « éconégationnistes » ou les « climatonégationnistes ».

8 commentaires
  • Marc Therrien - Abonné 15 décembre 2016 08 h 33

    D'autres climatoattitudes

    Dans le continuum des attitudes possibles par rapport à la climatologie qui peut s’établir à partir des différents niveaux de conscience et d’engagement personnels et sociaux, j’ajoute d’abord à la proposition de monsieur Sénécal, le sceptique-soupçonneux qui à son doute ajoute un peu de soupçon en se demandant : « Qu’est-ce qu’on veut me faire croire ? Et dans quels intérêts ? Il y a aussi le « climatoignorant » qui ne sait pas qu’il ne sait pas et peut ainsi vivre confortablement dans son monde de rêve jusqu’à ce qu’une crise éclate et l’oblige à prendre conscience. Enfin, nous côtoyons aussi le « climatoinsouciant » qui se distingue du négationniste par le fait qu’il sait et ne nie pas, mais qu’il choisit de ne pas s’en préoccuper et de s’en foutre. C’est l’égocentrique égoïste qui ne veut pas développer sa conscience sociale, collective et politique parce que ça le ferait souffrir d’être parfois angoissé. C’est aussi l’être dit de « mauvaise foi ».

    Marc Therrien

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 15 décembre 2016 09 h 25

    Une nouvelle maladie : la seraphinite aigue

    Pourquoi ne pas tout simplement les appeler des capitalistes-affamés-de-profits à-tout-prix?

    Ou des narcissiques-obsédés-par-l'accumulation-égocentriques-de-richesses?

    Ou des psychotiques-privés-de-la-faculté-de-comprendre-les-conséquences-de-leurs-actions-sur-le-long-terme?

    Je laisse à d'autres le soin de poursuivre...

    • Pierre Robineault - Abonné 15 décembre 2016 11 h 07

      Ne vous fiez surtout pas à moi pour poursuivre dans la même direction!

  • Raynald Rouette - Abonné 15 décembre 2016 09 h 29

    Excellente suggestion!


    L'importance des mots!

    Le mot «climatosceptisisme» s'apparente-t'il à une nouvelle religion pour apparaître éventuellement dans les dictionnaires?

    Le mot «climatosceptique» est-il une Métaphore et un Trompe-L'oeil de l'Économie?

    Comme disait Pierre Bourgault: «L'objectivité absolue n'existe pas, seule une subjectivité honnête est possible».

    Il est à souhaiter que les médias, chroniqueurs et experts qui s'expriment sur le «climat» se feront un Devoir de la mettre en pratique.

  • Jean Richard - Abonné 15 décembre 2016 09 h 40

    La science et la croyance

    Avant de jouer à changer les étiquettes, il faudrait faire une distinction fondamentale entre la science et la croyance, car ce qui fait dérailler le débat, c'est que l'idéologie dominante, tant négationniste qu'affirmationniste, repose à plus de 95 % sur la croyance et bien peu sur la science.

    L'écologisme est une science. Comment a-t-elle pu se transformer en religion ? Parce qu'elle a remplacé la connaissance, une matière en perpétuelle transformation, en dogme, qui, en parfaite opposition à la connaissance, se caractérise par la fixité.

    L'écologie en tant que science n'a pas cessé d'exister, de même pour les écologistes. Sauf que tant l'écologie que les écologistes sont passés en arrière-plan, laissant l'avant-plan à la croyance et aux croyants, dans ce dernier cas une espèce très manipulable.

    Ce qui risque le plus de faire reculer le niveau de connaissance dans le domaine environnemental, ce ne sont pas les négationnistes, les sceptiques ou autres athées de l'écologisme religieux, mais les pseudo écologistes qui influencent l'opinion publique en répandant dogmes et croyances qu'on prétend fondés sur la science. La confessionalisation de l'écologie n'est pas toujours gratuite, bien au contraire. Il y a souvent des intérêts politiques et économiques qui ont les moyens d'orienter la croyance populaire. On n'a qu'à penser à l'errance du marketing vert.

    Manipuler l'opinion publique pour exploiter les gens, c'est jouer avec le feu. Tôt ou tard les gens finissent par se réveiller. Or, de la manipulation, il s'en fait des deux côtés de la clôture et le nier, c'est se bander les yeux.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 décembre 2016 12 h 39

      Les climatonégationnistes (j'adopte tout de go l'expression de l'auteur) affirment une chose: l'essentiel du réchauffement climatique actuel n'est pas causé par l'intervention humaine. Or, c'est franchement faux.

      Il est établi que le réchauffement climatique est attribuable essentiellement à l'intervention humaine.

      Près de mille scientifiques dont c'est le travail et réunis au sein du groupe international de recherches sont unanimes. Je sais, c'est un argument d'autorité, mais l'espace manque ici pour faire la démonstration. Invite les lecteurs à se référer à leurs rapports.

      Il a toutefois été révélé que ce groupe a d'âpres discussions à chaque rapport sur les prédictions à exposer. Ce qui se passe généralement, c'est que la majorité finit par s'entendre pour présenter les prédictions dans les moins catastrophistes possibles. Ils ont peur de livrer les conclusions les plus probables et d'ainsi passer pour des catastrophistes et de pas être crus.

      C'est pourquoi la réalité des changements dépasse de façon routinière les prédictions officielles de ce groupe. Oui, en ce sens, il y a manipulation.

      Ce qui ne veut pas dire que d'autres personnes, y compris des non-négationnistes, ne disent pas des insanités à ce sujet, j'en conviens.

    • Sylvain Auclair - Abonné 15 décembre 2016 16 h 48

      Est-ce vraiment pire que l'économisme libéral qui règne en politique?

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 15 décembre 2016 14 h 40

    Tout à fait d'accord

    Bravo !