Pas si fous, ces Gaulois!

Il fut un temps où l’homme commettait les pires atrocités au nom de Dieu. Les croisades, les bûchers, les sacrifices, etc. Aujourd’hui, dans nos sociétés occidentales, la présence du fanatisme religieux s’est dissipée. À présent, il semble que le fanatisme religieux ait été remplacé par un certain fanatisme économique, une volonté de capital qui surpasse les plus simples droits de la personne. Une volonté de capital qui a désormais derrière elle la machine gouvernementale.

Le premier ministre a donné feu vert à deux nouveaux projets d’oléoducs, dont Kinder Morgan. La volonté des villes, du peuple, des Premières Nations n’a pas été entendue. C’est l’attrait d’un capital nouveau gagné par les taxes que le gouvernement pourra imposer sur cette hausse de 40 % de production de pétrole canadien. Rappelons-le, ce pétrole bitumineux qui pollue à outrance l’air et les cours d’eau, qui nécessite presque autant d’énergie pour l’extraire qu’il en produit au final.

Il faut rendre à César ce qui appartient à César : le lobby pétrolier est efficace. Il est sacrément efficace. Incomparable à notre classe politique. Le lobby pétrolier, lui, sait faire ce qu’il doit faire, et il le fait très bien. Il peut faire passer tous les projets qu’il désire faire passer, même si le peuple s’y oppose.

À Standing Rock, on songe à couper les vivres aux autochtones et protestataires qui se sont installés sur le chantier de construction d’un autre oléoduc, le Dakota Access, qui menace leur principale source d’eau potable. On les a tabassés, gazés, insultés. On les a arrêtés, humiliés, arrosés. Ils résistent toujours, à l’image de ce village de vaillants Gaulois qui s’oppose à l’expansion empirique des Romains.

C’est donc au nom de ces projets qui contribuent à la destruction de nos écosystèmes et auquel le peuple s’oppose en grande partie qu’on sait, aujourd’hui, commettre les pires atrocités. Tout ça a bien le mérite de remettre les choses en perspectives : le gouvernement s’est détaché de sa population. Il valorise aujourd’hui des intérêts autres que ceux de la majorité.

Les Gaulois auront beau résister, la résilience à ses limites. Un jour, nous aurons des hommes aussi compétents que ces lobbyistes pétroliers pour défendre nos intérêts, ceux du peuple et du bien commun. C’est en attendant que ça fait mal.


 
9 commentaires
  • Yves Petit - Inscrit 2 décembre 2016 08 h 15

    Vraiment?

    "Aujourd’hui, dans nos sociétés occidentales, la présence du fanatisme religieux s’est dissipée", dites-vous M. Racine! J'aimerais savoir sur quelle planète vous vivez.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 2 décembre 2016 09 h 07

    Les Gaulois et leur potion magique


    Le gouvernement Harper a fait en sorte que toute opposition physique à la construction d’un pipeline (occupation des lieux, érection de barricades, protestation ayant pour effet de ralentir la construction) est considérée comme un acte terroriste.

    De son côté, les députés du PLQ et de la CAQ ont adopté récemment le principe du projet de loi 106. Cette loi accordera aux pétrolières un pouvoir d’extorsion sous la menace de l’expropriation (que leur accordera par cette loi).

    Bref, les jeux sont faits.

    Si les Gaulois du Québec veulent faire reculer cette formidable machine de guerre, il n’y a plus qu’une seule solution; le boycottage temporaire du financement populaire du PLQ et de la CAQ et ce, jusqu’au retrait du projet de loi 106.

    On n’a pas pris conscience de l’impact révolutionnaire de la loi sur le financement des partis politiques : celle-ci place les politiciens à la merci du peuple. Le peuple n’a plus le pouvoir qu’au moment du scrutin : il a ce pouvoir en tout temps. Donc nous avons ce pouvoir maintenant. Il s’agit de notre potion magique.

    Si le pipeline Énergie-Est se réalise, ce sera à cause de notre passivité et non la faute des autres.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 2 décembre 2016 17 h 54

      Et vous croyez que les p'tits namis du PLQ et de la CAQ ne sauront pas contourner, comme ils l'ont toujours fait, les lois et règlements sur le financement des partis politiques? autant les p'tits namis mafieux que ceux en chemise, jabot et col blanc ...

      Quant à "notre passivité" ...Serions-nous muets ou cois, comme des caillloux, notre passivité même serait une action.JPS

      Mais tout compte fait...les Gaulois que nous sommes, n'ont pas dit leur dernier mot...n'est-ce pas!

  • Louise Grégoire-Racicot - Abonnée 2 décembre 2016 10 h 35

    autant d’énergie pour l’extraire qu’il en produit au final..

    Cette affirmation est douteuse. Vous avez la source des données? Si c'étai vrai, alors toutes les énergies seraient à peu près dans la même situation.
    En effet la quantité de CO2 produits dans le cycle de vie du pétrole varie de 450 à 550 kg par baril, avec probablement une moyenne mondiale de 500, ce qui fait que les sables bitumineux ne pourraient en produire que 10% de plus que la moyenne, ou 20% de plus que les pétroles les moins gourmands en terme d'énergie requise pour la produire.
    Jacques Racicot, Sorel-Tracy

    • Samuel Racine - Abonné 2 décembre 2016 17 h 18

      Madame Grégoire-Racicot,

      C'est un ancien proffesseur de sciences qui nous avait fait parvenir l'article d'une revue scientifique qui calculait les couts en énergie de l'extraction (faite principalement au gas naturel) et qui comparait le tout à l'énergie que le pétrole extrait pouvait produire. Il faut comprendre que le pétrole est une matière plus facilement exportable (la demande est plus grande) et dont la valeur est plus élevée. Il est certain qu'il y a un gain d'énergie si l'on considère le procédé complet, mais ce gain n'est que minime en comparaison aux émissions de GES que l'extraction demande. Je n'ai pas su trouver l'article original, mais je vous offre ceci:

      https://insideclimatenews.org/news/20130219/oil-sands-mining-tar-sands-alberta-canada-energy-return-on-investment-eroi-natural-gas-in-situ-dilbit-bitumen

      Cordialement,
      S.R.

    • Louise Grégoire-Racicot - Abonnée 3 décembre 2016 11 h 34

      Merci de ce lien M. Racine. Toutefois, les deux auteurs scientifiques (Hughes et Brandt et al. de l'Université Stanford) qui présentent leurs études documentées indiquent bien que pour un baril de pétrole utilisé, cinq nouveaux barils sont produits! Et non pas presqu'un baril produit utilisé pour un baril produit comme votre lettre laissait entendre.
      Ce ratio de un pour un est une crainte exprimée par un M. Hall ("Hall, who wasn't involved in Hughes' study, thinks the EROI for oil sands would fall closer to 1:1 if ...) qui ne donne qu'une affirmation sans documentation.
      Les données des scientifiques sont valables pour les quelque 25 milliards de barils présentement en exploitation (environ 25 ans de production au rhytme actuel).
      Je crois que de baser les arguments contre l'exploitation des sables bitumineux sur des affirmations sans fondement mine cette position.

      Jacques Racicot

  • Gilles Théberge - Abonné 2 décembre 2016 16 h 34

    Non monsieur Racine

    Non, les gaulois résistent, et à la fin les romains paratent.

    Tout comme David a gagné contre Goliath.

    Et les lobbyistes du pétrole, et bien, nous en aurons raison monsieur Racine, nous en aurons raison!

  • Nadia Alexan - Abonnée 2 décembre 2016 21 h 05

    Nos dirigeants sont dans les poches des multinationales!

    Très bien dit, M. Racine. Il me semble que nos gouvernements ont cédé notre souveraineté aux multinationales. Je rêve d'un élu, comme notre René Levesque, qui a eu le courage de se tenir debout, face au chantage des grandes entreprises. Il n' a pas eu peur de nationaliser l'électricité qui nous a enrichis comme peuple.
    Bien que M. Trudeau a promis de ne pas imposer des pipelines sans acceptabilité sociale, il a cédé au pouvoir des pétrolières en dépits de l'opposition des communautés et au dépens de l'eau potable et des cibles de la conférence de Paris. Quelle honte!