Habiter la Terre

La condamnation unanime d’un projet de quartier musulman par des éditorialistes et des politiciens, dont le premier ministre du Québec, non accompagnée d’une remise en question de la séparation des habitants selon le revenu, dans des quartiers ou des villes distinctes, en dit long sur notre très grande docilité et notre soumission aux règles et aux valeurs du capitalisme.

Pourtant, quand on aborde le phénomène de « gentrification » ou d’embourgeoisement des quartiers centraux, qui déloge et rejette les pauvres, nos charmants éditorialistes chantent les vertus de la mixité. Il semble que la loi du plus riche soit toujours la meilleure.

Non, la séparation des habitants selon le revenu dans des quartiers ou des villes distinctes n’est pas plus justifiable que celle que ce promoteur immobilier projette d’établir selon la religion.

Devant les inégalités sociales qui s’accentuent et des problèmes environnementaux qui deviennent menaçants, une prise de conscience est nécessaire et pressante. Comment habitons-nous la Terre ? Nous ne pouvons plus laisser le marché être le principal déterminant de l’habitat.

Il faut planifier le développement immobilier d’une manière qui limite l’envahissement des milieux naturels et l’étalement urbain et qui permet l’accès de tous à des espaces verts et à la nature. Il faut aussi promouvoir la mixité sociale en bâtissant différents types d’immeubles au sein de chaque quartier.

1 commentaire
  • Martin Richard Mouvement Action Chômage Montréal - Abonné 21 novembre 2016 06 h 54

    Texte très juste. En fait, le capitalisme est un totalitarisme. "Soft" pour certains, implacable pour la majorité des habitants de la planète.