Une religion nommée argent

En réaction à la possibilité de voir se développer un quartier réservé exclusivement aux musulmans, à Brossard, des voix s’élèvent. Citoyens et politiciens s’offusquent de ce que l’on pourrait discriminer l’achat de ces propriétés aux seuls croyants (et pratiquants ?) musulmans. Certains vont jusqu’à dire que « la mixité crée des ponts entre les communautés. Il faut rassembler plutôt que diviser ».

Or, il y a bel et bien de nombreux quartiers au Québec où les communautés sont divisées et coupées au couteau. Dans certains quartiers, de Brossard notamment, ou Westmount, pour ne nommer que ceux-là, l’accès à la propriété est exclusif à ceux qui peuvent se payer une maison de plus d’un million de dollars. Ceux qui choisissent d’habiter ces petits châteaux ont certes les moyens de se payer une maison dans un quartier plus « mixte ». Mais n’est-il pas plus rassurant de côtoyer des voisins qui appartiennent au même clan, qui vouent le même culte au dieu Argent ? Je ne peux que conclure que nous avons à faire avec deux poids deux mesures. Un quartier exclusif aux musulmans, cela est inacceptable. Un quartier exclusif aux plus riches, voilà qui est tout à fait justifié et justifiable. Faut-il en débattre ?

2 commentaires
  • François Beaulé - Abonné 19 novembre 2016 10 h 46

    Soumission et réveil

    La condamnation unanime d'un projet de quartier musulman par des éditorialistes et des politiciens, dont le Premier ministre du Québec, non accompagnée d'une remise en question de la séparation des habitants selon le revenu, dans des quartiers ou des villes distinctes, en dit long sur notre très grande docilité et notre soumission aux règles et aux valeurs du capitalisme.

    Pourtant, quand on aborde le phénomène de « gentrification » ou d'embourgeoisement des quartiers centraux, qui déloge et rejette les pauvres, nos charmants éditorialistes vantent les vertus de la mixité. Il semble que la loi du plus riche soit toujours la meilleure.

    Non, la séparation des habitants selon le revenu dans des quartiers ou des villes séparées n'est pas plus justifiable que celle que ce promoteur immobilier projette d'établir selon la religion.

    Face aux inégalités sociales qui s'accentuent et des problèmes environnementaux qui deviennent menaçants, une prise de conscience est nécessaire et pressante. Comment habitons-nous la Terre ? Nous ne pouvons plus laisser le marché être le principal déterminant de l'habitat.

    Il faut planifier le développement immobilier d'une manière qui limite l'envahissement des milieux naturels et l'étalement urbain et qui permet l'accès de tous à des espaces verts et à la nature. Il faut aussi promouvoir la mixité sociale en bâtissant différents types d'immeubles au sein des quartiers.

  • Pierre Raymond - Abonné 19 novembre 2016 19 h 50

    Pas maintenant...

    « Un quartier exclusif aux plus riches, voilà qui est tout à fait justifié et justifiable. Faut-il en débattre ? »

    Pas maintenant car il y a tellement à faire au préalable.